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ma terre a deux lunes - politique


Dimanche 24 mai 2009

Salut. J’aimerai bien relater quelques évènements palpitants que je vis en ce moment, mais trop professionnels ou trop privés, il vaut mieux que je les taise.

Cependant, néanmoins, ceci-dit – Samyr, si tu me lis – j’ai assisté l’autre soir au festival Sirocco, à ce que j’appellerai une naissance : celle d'Aman. C’est une première scène et déjà quelque chose de magique s’est produit, quelque chose de sincère entre les musiciens et le public. Aman ira loin – je croise les doigts…

Sinon, en ce moment, c’est l’actualité qui me tanne. Elle me laisse la mauvaise impression que ma société et ses représentants font tout pour m’emprisonner dans mon chez-moi, entre mon micro-onde et ma télé (que je n'ai pas) et que ni wam ni mes congénères n’en sortirons plus jamais autrement que pour pieusement nous rendre à nos boulots déconsidérés et sous payés. Je me trompe ?

Pour faire court, je trouve :

Absurde – Ce prof de philo traîné en justice et passible de cent euros d’amende, pour avoir admonesté des représentants de la force publique, qui s’acquittaient de leur besogne avec le zèle qu’on leur connait depuis le résultat des dernières élections présidentielles, en leur répétant poliment « Sarkozy, je te vois » – tandis que le président en question ne se déplace plus à un meeting sans s’assurer qu’un cordon de sécurité de 10 km entoure sa petite personne et vire les préfets qui ont eu la faiblesse de laisser s’approcher des manifestants mécontents un peu trop près du cortège de ses aficionados, de moins en moins nombreux et de plus en plus agressifs vis-à-vis de ceux qui ne partagent pas leur vision de l’économie et du monde. Juste absurde. Quoi, traiter quelqu’un de Sarkozy serait devenu une insulte en droit français ? Une dicrimination ? Sarkozy ! Sarkozy ! etc…

Rigoliques – Ces députés grand teint qui croient qu’en apprenant la marseillaise à nos chères têtes blondes et en drapant tous nos lieux publics de chiffons bleu-blanc-rouge, on inculquera aux générations à venir le respect des règles d’une république dans laquelle leur propres parents ne se reconnaissent plus. Qu’ils ne seront plus les victimes des abondons d’un système de moins en moins équitable envers eux et leurs familles, qu’ils n’habiteront plus dans des banlieues bientôt dignes d’en remontrer aux favelas d’Amérique Latine, que leurs adresses et leurs origines ne seront plus des freins, sinon des obstacles insurmontables pour accéder à des cycles d’études valorisants et à des emplois corrects, qu’ils ne seront plus attirés par les sirènes de la délinquance organisée ou de la révolution. Si ça ne me rappelait pas les meilleurs passages des propagandes de la guerre froide, je pourrai trouver ces propositions sinon débiles, du moins rigolotes.

Inquiétant – ces enfants qu'un troupeau d'agents de police a ramassés à la sortie de l’école pour un présumé vol de vélo, comme n’importe quels criminels, et qui n'ont du subir que deux heures de garde à vue dans un sinistre commissariat, pendant que leurs parents n’étaient pas prévenus. Crotte, il y en avait un en maternelle et l’autre en primaire. Il paraît que la procédure a été strictement respectée. Strictement, c’est peut-être le problème. J’entends depuis quelques jours des gens autour de moi dire que c’est normal, qu’il en faut de l’autorité, pour que nos gamins arrêtent de tout casser, que de notre temps… De leur temps les chiards n’étaient pas élevés à renfort d’émissions populaires, cellulaire en main, à mater sur MTV des rappeurs du dimanche, dont les seules aspirations sont de niquer des « fesses bien dures » sur des banquettes de bagnoles de luxe après avoir sniffé de la coke, tué un flic et un juge et ramassé des énormes paquets de dollars. La fabrique des comportements, j’appelle ça. Vous avez écouté les derniers exploits  lyriques d’un Eliem ou d’un Ben Laden, icones des jeunes et des plus jeunes ? Moi si. Après ça, expliquer à un gamin que l’idole à laquelle il s’identifie lui raconte n’importe quoi, pourvu que ça plaise à une maison de production, à une chaîne de télé, et que ça rapporte un max de fric (ce qui, soit dit en passant, est l’objectif que tout bon citoyen des civilisations capitalistes est en devoir d’atteindre) lui faire entendre qu’il a le droit d’écouter, de regarder, d’acheter les clips, les disques, les magasines spécialisés, les posters, les places de concert, les sonneries de téléphone, etc… mais qu’il ne doit, sous peine d’être réprimandé par les adultes et par la loi, jamais reproduire même un centième de ce qu’on ce qu’on lui présente tous les jours et toutes les nuits comme un modèle de développement personnel… Je vous le donne en mille : c’est impossible (on frôle l’injonction paradoxale globale). Inquiétant d’écouter un ministre proposer, sans siller, de résoudre la violence à l’école en plaçant des portiques pour détecter les armes à feu et en transformant les directeurs d’établissement en officiers de police judiciaire, sans qu’aucun journaliste ne vienne souligner la dérive sociétaire fasciste que cette idéologie droitière sous-tend. Interviewant, au contraire, des profs qui plébiscitent ce genre de conneries totalitaires (je me demande franchement d’où ils les sortent, ces gogos de l’enseignement qui pensent remplacer les compétences en psychologie et /ou en éducation qu’ils ont oublié d’acquérir, par une paire de menottes et des barreaux aux fenêtres) – Inquiétant.

Dangereux – Cette manie omniprésidentielle de placer tous ses proches et amis d’obédience ultralibérale, déjà possesseurs de la plupart des richesses produites par les employés de ce pays, aux postes de direction des principales entreprises du CAC 40 et à la tête de tous les réseaux de communication et d’information publics et privés (Bouygues Lagardère et Bolloré, ses amis de 20 ans, tiennent déjà le pavé d’à peu près tout ce qui se publie dans les presses et dans les médias rentables. Si ça ne lui suffisait pas ? Il lui faut également France télé, France radio, France journaux, France net, France mon c…). Au passage, en votant pour ce précieux cadeau accordé aux artistes les plus hautains et les plus chiants du PAF (paysage audiovisuel français : traduisez la merde à Bigard, à Renaud et au reste de ces connards qui continuent de nous faire croire qu’ils aiment bien les pauvres et qu’en achetant leurs putains de disques et leurs spectacles à deux cent balles, on contribuera à sauver une soi-disant exception culturelle française, devant laquelle le monde entier se prosterne avec une intellectuelle condescendance, et qui remplissent hypocritement, mais hypermédiatiquement, les caisses de ces gentils enfoirés de bénévoles qui, eux, distribuent comme ils peuvent de la bouffe aux gens, chaque hiver plus gravement touchés par cette crise qui ne dit pas son nom, mais qui est aussi et surtout la leur, à ces « artristes  du show bisness » qui ont gommé depuis longtemps le mot partage de leur vocabulaire – Quoi ? Y a plus de sous pour mettre de l’essence dans la Ferrari ?) donc, en soutenant cet HADOPI (petit nom de cette grande loi liberticide sensée mettre un terme aux téléchargement illégal des œuvres – rien que d’écrire ce mot, je m’arrache les ongles) ces messsieurs et ces messsdames qui, à mes yeux, n’ont plus rien avoir avec ce que représente un artiste et encore moins avec ce que saurait produire (de bon) une culture, grassement payés par des boîtes de prodes dont le capital éléphantesque appartient aux patrons précités, vont imposer aux entreprises et aux foyers de ce brave pays de configurer un logiciel mouchard dans leurs ordinateurs, directement connecté aux serveurs d'une commission chargée d’éplucher les faits et gestes virtuels de chacun. Très populaire et très chinois comme procédé, je dis – Et je répète : Dangereux !

Obsolète – La politique de réformes, promise et imposée par la France qui bouge (ah !ah !ah !) de destruction du tissu social et de dérégulation économique, menée tambour battant par les ministres en place (pas pour longtemps...) qui conduit tous les corps de métiers de ce pays à s’exprimer comme ils le peuvent, dans la rue, dans les urnes, sur la toile, dans l’espoir que ce massacre s’arrête à temps. Et qu’on puisse restaurer les quelques meubles encore sains des institutions et des entreprises qui valent le coup qu’on les soutienne, voire qu’on les subventionne. Plutôt que de laisser dépenser l’impôt des moins riches (les riches, eux, en sont quasiment exonérés depuis le fameux « bouclier fiscal » autrement nommé « package Johnny Hallyday ») en des opérations de sauvetage de banques et de dirigeants irresponsables, en salaires présidentiels, en commissions aussi dispendieuses qu’inutiles. Les étudiants sont dans la rue. Les enseignants et les chercheurs sont dans la rue. Le social est dans la rue. La santé est dans la rue. La justice n’en peut – ni n’en veut plus. Les travailleurs et les chômeurs crient leur ras-le-bol. LA FRANCE VA EXPLOSER. Et ces ministres, dont certains de gauche, de nous marteler inlassablement que la populace attend leurs réformes avec impatience, qu’ils ne vont pas assez vite, que c’est la faute à l’Europe (mais quand même pas trop, parce qu’il faut aller voter pour leur assurer leurs super retraites communautaires – et les frais des restaurants à Bruxelles, à Strasbourg ou ailleurs). Obsolète, l’ultralibéralisme. En échec : la crise systémique que nous traversons le prouve.

Révoltant – Le sort des « sans papiers » que la France et ses polices traquent sans relâche, les rafles à six heures du matin, les suicides, la politique du chiffre à tous prix. Ils vont jusqu’à empêcher des touristes de rejoindre leurs pénates pour remplir les grilles de présence des camps de rétention. Entendez bien la nuance, en détention, vous avez été jugé ou vous êtes en passe de… vous avez des droits. En rétention, vous n’en avez aucun. Révoltant d’entendre, au détour d’une réunion, les représentants des associations de défense des parias du 21ièmesiècle ; réfugiés politiques, économiques, climatiques, tentés par les mirages du pays des droits de l’homme ; ces bénévoles vous dire qu’ils assistent presque quotidiennement à des scènes de maltraitance voire de torture (question d’éthique et d'interprétation) envers des êtres humains, des parents, des enfants. Révoltant le « délit de solidarité » dont sont accusées toutes les personnes qui ont approché de près ou de plus près des immigrés en situation de précarité extrême, et qui les ont aidés, nourris, et même – comble de la dégénérescence morale – que certains et certaines d’entre-nous ont aimés, allant jusqu’à commettre le sacrilège de se marier avec (en blanc comme de coutume) et qui sont redevables de leur humanisme devant la justice (j’ai, par le passé et il n'y a pas si longtemps, eu des contacts réitérés, hébergé et soutenu des amis et des amies dont les nationalités d’origines semblent plus que douteuses, aux vues des critères actuels de régularisation, certainement des terroristes en puissance, des profiteurs(euses) de la générosité publique : je ne m’en excuse pas, j’assume et je recommencerai). Révoltants ces français qui dénoncent leurs voisins à la préfecture. Révoltantes les manœuvres politiciennes pour cacher tout ça, les bavures à la pelle, les réminiscences d’une histoire pas si lointaine... REVOLTANT.

Ecœurant – Enfin, cette gauche qui se dit de gouvernement, qui perd notre temps dans des débats d’égos stériles. Ces syndicats qui nous jouent la temporisation, de peur d'abandonner leur précieux privilège de représentation des salariés. Affolés par la perspective d'une vraie grève générale. Comme aux pires heures de la collaboration entre Solidarnosc et le pouvoir communiste. Et cette « extrême gauche » de la désunion des votes qui veut nous faire passer des vessies trotskystes pour les lanternes éclairées des récents adhérents du parfait nouveau parti anticapitaliste, qui ne sont pas du tout des anciens de la ligue communiste révolutionnaire et qui n’ont, mais alors absolument pas, les mêmes réponses aux identiques lectures des pareils problèmes, ni les méthodes de ces derniers, dont ils n'ont jamais fait partie. Tout ce beau monde ferait bien de se sortir les doigts de l’anus (désolé) pour ces élections européennes qui pourraient éventuellement servir de contre-pouvoirs et qui, la faute à Voltaire, vont finir en fiasco. Je ne les porte pas forcément toujours dans mon cœur, mais heureusement que les verts José Bové et Daniel Cohn-Bendit relèvent le niveau, merci pour nous. Et là je dis : je suis carrément écœuré.

Voilà j’ai presque fini. Je poste un dessin et un truc sarcastique, histoire de me faire pardonner de n’avoir rien dit depuis des mois (mes études et mon stage en protection de l’enfance m’accaparent) +++ filou.


Dimanche 24 mai 2009

photo


Dimanche 24 mai 2009

Quelques réactions et citations glanées ci et là à propos de la loi sur le téléchargement illégal qui a été lâchement adoptée par nos artistes nationaux et nos députés UMP.

“HADOPI ; c’est pas une loi, c’est du pipi de chat.“ (Charles Baudelaire)

“HaaDooPii ? What’s this fucking bullshit ?“ (E.A.Poe)

“Oh oui! Oh oui! Protège mes droits, HAPOPIiii!!!... “ (Rocco Siffredi)

“HAADOOPI ? Kelle cholie Muzike.“ (P.J.Goebbels)

“Ha-Do-Pi. On n’y avait pas pensé !“ (Pol Pot et Mao Tsé Toung)

“Loin du cœur et loin des yeux…“ (Les Enfoirés)

 “Hadopi? Je suis contre ! “ (Coluche)

“HAAADOOOPIIi, HAAAADOOOOPIIIIi...“ (La castafiore)

“Pomme de reinette et pomme d’api…“ (un enfant)

“HADOPI, j’l’emm… cette loi à la c… Vas t’faire enc… J’config un proxy.“ (un ado)

“Surréaliste, non ? “ (Salvador Dali)

Hadopi  ? Ben mon trouffion, ça me troue le fion !“ (Napoléon Bonaparte)

“HADOPIs-aller.” (Alphonse.A)

“HAlDo-Pizza, 01-23-54-89-13.“ (10/24h, 7/7j, livraison gratuite)

 “HADOPI, YES HE CAN!“ (Georges W.Bush)

“ Hadopi. Enfin cette loi controversée mais  plébiscitée par la France entière, soucieuse de ses artistes et de son exception, a été courageusement adoptée par les députés de la majorité. Tout de suite un interview de Christian Clavier, ce grand acteur qui… “ (les J.T. du 20h)

“Hadopi ? Je m’en fous.“ (mon voisin)

“Prochainement dans vos écrans, HADOPI.“ (l’industrie du cinéma)

“On aurait pas osé, Sarkozy l’a fait.“ (l’industrie du disque)

“HADOPI? Vendeur comme titre.“ (l’industrie du livre)

“Je m’aime!“ (Nicolas S.)

À vous… +++ filou


Samedi 25 octobre 2008

 

Tel que vous me lisez, vous devez savoir qu'en général je parle de politique quand un sujet me concerne en tant qu’individu, ou qu'il concerne ma future profession d'éducateur spécialisé. Mais bon, là, y'a  sévèrement matière à s'interroger.

Personnellement, en ce moment, je côtoie des étudiants et des étudiantes en formation professionnelle, qui tirent absolument tous - et toutes - la langue, et qui arrivent très difficilement (surtout grâce à une bonne dose de solidarité) à subvenir simplement à leurs besoins primaires, du manger et du loger.

En plus, je bosse auprès de populations pas excessivement riches, voire carrément nécessiteuses, que je regarde s'appauvrir de jour en jour, sans que personne ne puisse rien y faire.

Aux premiers, quand ils réclament un semblant de "gratification" (c'était le sujet des manifestations des travailleurs sociaux en formation de l'an dernier, qui n’ont touché aucun de nos politiciens ni de gauche ni de droite) on répond : "désolé, on n'a plus d'argent, soyez déjà contents qu'on vous prenne en stage - signez une décharge".

Aux seconds, quand ils réclament le peu de solidarité publique qui leur permettrait de nourrir leurs familles, même pas décemment, on répond : "désolé, on n'a plus d'argent, démerdez-vous - faites un projet".

Et voilà pas, qu’après le mémorable bouclier fiscal de 15 MILLIARDS d’euros accordé par notre omniprésident aux classes les moins défavorisés de notre pays, pour ne pas dire les plus aisées, j’entends que l'Europe débloque 300 MILLIARDS d'euros pour combler les trous générés par les plus flambeurs et les plus inconscients d'entre tous: nos banquiers.

Pour mémoire, il s’agit de ces employés endimanchés qu’on n’aime pas trop rencontrer, qui ont quasiment le droit de vie et de mort sur des populations entières, qui ont le monopole de la gestion de notre petit-peu-de-fric, et qui nous martèlent de taxes et d'intérêts exorbitants à propos de nos découverts qui, eux, ne dépassent habituellement pas quelques centaines d'euros.

Et j’apprends aussi que nos supercopains américains tombent de leur manche 700 MILLIARDS de dollars pour rembourser les dettes des plus hautains et des plus irresponsables d'entre tous: leurs banquiers.

Si je compte correctement : 300 milliards plus 700 milliards égalent 1000 MILLIARDS de sous-sous dépensés à pure perte.

Lesdits sous-sous qui, en prime, loin de favoriser le crédit dont pourraient bénéficier « les petites gens » pour s’en sortir, sont réinvestis par ces voleurs à 3% d’intérêt, auprès des banques centrales - dont je me demande bien ce qu’elles ont de central, moi, ces banques ?

Alors, je me pose deux questions :

D'abord, d'où vient ce pognon qui manque partout ailleurs, et dont l’absence revendiquée sert d'excuse au désengagement des états de l’aide qu’ils sont sensés devoir à leurs citoyens ???

Ensuite, est-ce qu’on ne nous prendrait pas un peu pour des ânes ???

Si quelqu'un avait une réponse à m'apporter, elle ne compensera pas mon déficit bancaire chronique, ni mon découvert alimentaire présent, mais elle aura peut-être le mérite de me rassurer ; et de ne pas me conforter dans cette opinion que j’ai parfois de moi, d’être quelqu’un de mauvaise foi, qui ne considère que mon avis.

Merci d’avance, filou.


Dimanche 15 juin 2008

 

Voilà voilà qu’ça recommence… J’ai reçu ça, de la part d’un ami, sur ma boîte mail. C’EST EDIFIANT et ça se passe aujourd’hui dans l’école de la République.

 

Je vous transfère ce que ma directrice vient de nous envoyer. A lire et à faire suivre car vraiment vomitif... Transmis par la FCPE du 64, suite à une alerte des enseignants de l'école de Monein en direction des parents d'élèves, une expérimentation d'évaluations CM2 d'un type nauséabond (cf partie 4 du questionnaire). Le SNUipp 64 a questionné l'inspecteur d’académie sur les motivations et l'origine d'un tel questionnaire, celui-ci n'a pas souhaité répondre... Attention, 80 écoles en France étaient concernées par l'expérimentation... Ca interpelle sur le rôle qu'on veut faire jouer à l'école !!! Source :

 

http://www.fcpe64.org/spip.php?article493


Des enfants soumis « à la question » à l'insu de leurs parents ! Expérimentation à l'école primaire de l'évaluation CM2.

Jeudi 22 mai 2008.
Pire que BASE ELEVE, une nouvelle opération de fichage ose utiliser les enfants dans le cadre même de l'école. À l'école primaire sont arrivées, dans un gros carton, les évaluations dites expérimentales, concernant les CM2.

Rien que de très normal direz- vous. Sauf que, premier point surprenant, les dits documents, une fois complétés par les élèves devaient être retournés directement au ministère SANS QUE LES INSTITUTEURS LES AIENT CORRIGÉS. En outre, contrairement aux autres évaluations les parents n'avaient pas à prendre connaissance des évaluations de leur enfant....et pour cause ! Si les 3 premières parties sont somme toute assez anodines, la partie 4 révèle bien des surprises ! Elle s'intitule : PARTIE 4 QUESTIONNAIRE. On précise bien au bambin, qui a déjà fait auparavant 3 séries d'évaluations que « ici toutes tes réponses sont bonnes, il n'y a pas de mauvaises réponses ».

 

Et ça commence très fort avec des questions du type :


« Es-tu né en France ? »
« Ta mère est née en France ? »
« Ton père est né en France ? »
« Quelle langue parles- tu à la maison ? »
« D'habitude qui vit avec toi à la maison ?
a.. a) ta mère
b.. b) une autre femme tenant le rôle de ta mère
c.. a) ton père
d.. b) un autre homme tenant le rôle de ton père'

 

La ressemblance avec les questions qui figuraient sur la première mouture de BASE ÉLÈVES n'est certainement pas fortuite. Viennent ensuite des questionnaires concernant  « Ce que je pense des devoirs à la maison » morceaux choisis :  « A la maison j'ai vraiment l'impression de perdre mon temps » ou alors « je fais mes devoirs à la maison parce que j'aurais une mauvaise image de moi si je ne travaillais pas »

Également la rubrique « Ce que je pense de ce que je fais à l'école » avec des réponses comme « en classe je travaille parce que je n'ai pas envie que mon enseignant(e) me crie dessus ». Le questionnaire comporte 11 pages avec des questions QUI N'ONT RIEN À VOIR AVEC L'ÉVALUATION PÉDAGOGIQUE des petits CM2. De plus ces questions sont pernicieuses, retorses.

Quel est le but de ce questionnaire ? De quel droit le ministère de l'éducation fait-il remplir ces fiches qui interrogent sur la nationalité, les conditions de vie à la maison, sous prétexte d'évaluation pédagogique ? Les parents ne sont pas informés de ce que l'on demande aux enfants. Sans l'attitude courageuse et civique des enseignants de l'école de Monein qui ont alerté les parents, cette opération dite « expérimentale » se serait déroulée dans le plus grand secret. L'utilisation, fourbe, de l'ingénuité des enfants qui n'ont pas d'autre choix que de répondre dans ce contexte scolaire, la volonté délibérée de ne pas informer les parents et de maintenir cette opération dans l'opacité, rappelle des pratiques totalitaires en cours dans d'autres lieux et dignes d'autres temps. Sans parler de la culpabilité que pourraient ressentir les enfants face à un tel interrogatoire. Cette « expérimentation » touche ou va toucher certainement d'autres écoles mais elle se déroule dans la plus grande opacité. Il est de notre devoir à tous d'alerter parents, professionnels, élus et de dénoncer un scandaleux fichage des enfants.

Interrogé par le secrétaire départemental du SNUIPP 64 (syndicat majoritaire dans le premier degré), l'Inspecteur d'académie n'a pas souhaité répondre.... Vous pouvez consulter ce questionnaire CM2 à cette adresse

http://www.everyoneweb.fr/lec/

… Moi qui pensais être parano… Je n’en reviens pas… Réagissons !!!!!!!!!!!!!!!! Filou.


Samedi 24 mai 2008

 Bref, j'suis un peu mal, et j'suis surtout très bourré ce soir. Je suis dégoûté parce ce qu'on a tout fait pour être médiatisés depuis deux mois, et que malgrè qu'on était plus de 3000 à Paname de départements unis et différents, des Pyrénées jusqu'à la Sorbonne (ces cons de CRS nous ont gazés, comme il faut, en réponse à des gens, pas racaille ni  travailleurs sociaux en formation, que personne d'entre-nous ne connaît ni d'Eve ni d'Adam - ce qui est inconcevable quand on vient d'écoles où s'qu'on se connaît personnellement tous - qui les ont, soit-disant, "agressé" - ce qui a leur a donné raison de répondre violemment aux pacifistes patentés que nous représentons) aucun média ou presque, n'a voulu parler de nous, ni de notre problème de formation, bientôt lettres mortes, du moins très bientôt caduques : système à la con. C'est un peu comme si les journaleux oubliaient qu'il y a de l'information en France à exprimer aux citoyens. Fascisme? Propagande? Sarkosisma? Beaucoup de questions que je ne me pose plus. C'est mort. Enfin, pour redevenir ou rester humains, si vous avez des airs à partager avec moi, je vous offre ces modestes paroles. Pensez simplement à m'envoyer les morceaux, si vous en faites avec, qu'on s'amuse un peu... S'il vous plaît... merci... D'avance et en retard. Simples révoltes!!! Grands pas sur la Lune!!! Merci encore et encore et encore et encore, de les partager avec moi. On est copains ou quoi ? Du texte d'avant voici la suite, que Julien.M. a commencé de balancer en musique. Envoyez -  si vous voulez - vos courriels, vos commentaires - pour écouter l'originale - ou please, encore mieux composez...

- entendez-vous, c'est arrivé / ce coup là nous sommes énervés

ils ont renvoyé les immigrés / ils emprisonnent le progrès

- entendez-vous quand ils mugissent / soldats et féroces CRS

quand ils s'en prennent aux filles, aux fils / à nos anciens - à nos promesses

- allons enfants de la fratrie / à la santé de nos victoires

à la mémoire d'un jour de gloire / allons enfants de la partie

- alors voyons, cet étendard / qui fut sanglant, qui fut un dard

pourquoi maintenant nous sépare / pour une poignée de dollars

- alors voyons, cet étendard / qui fut bleu-blanc-rouge d'espoir

peut-on le rendre un peu plus noir / contre-nous racisme et remparts

- réveille-toi, rebelle-toi Paris / rebellons-nous îles et villes

soyons les indiens, les kabyles / de notre faim soyons le cri

- réveille-toi, rebelle-toi Paris / soyons nos musiques et nos contes

soyons nos liens et nos rencontres / soyons la terre, soyons nos maîtres

N'ayez pas peur, exprimez votre symptôme, dites, compilons, changeons le monde, laissez des commentaires.. D'avance merci. A tantôt. Filou.


Dimanche 11 mai 2008

Coup de gueule !!!

Voilà, encore des jours à ne plus trouver le temps de m'occuper de moi ni de mes proches. Pas plus du blogue d'ailleurs. Retour sur la situation qui me préoccupe : depuis deux lunes, rien n'a véritablement changé. Le gouvernement renvoie la balle aux conseils généraux, les conseils généraux renvoient la balle au gouvernement : l'impasse. Les futurs travailleurs sociaux sont au centre du dilemme, même pas en position d'arbitres. Leurs stages s'évaporent comme neige au soleil, faute de financements, quand on ne leur signifie pas simplement qu'étant gratifiés (par quelques associations "compatissantes") ils interviennent en remplacement de professionnels (des galériens à 398,13 euros le mois, légalement - c'est-y pas bon ça?). Qui ne voit pas le recul de notre société, le retour à l'exploitation éhontée (dire "libérale") des femmes, des hommes et des richesses, qu'on nous impose à tous, branche de travail par branche de travail (accords d'entreprises, éducation nationale, éducation spécialisée, aide sociale à l'enfance, hôpitaux, justice, prisons, retraites, j'en passe et des meilleures...) en catimini, avec des sourires mieileux, des "vous en faites pas, c'est un peu raide à avaler mais ça va passer, comme d'habitude, par derrière..." ? C'est la MERDE !!! Excusez du peu. Ce n'est pas la vision que j'ai de mon avenir ni de celui des usagers (quand on ne se trouve pas dans l'obligation, depuis la loi de prévention de la délinquance, de dénoncer les familles à la "Stasi Sarkoziste" - ce que certains refusent, se mettant justement hors la loi, passibles de peines, d'amendes, et de ne plus pouvoir exercer leur métier). C'est GRAVE. Je ne peux pas personnellement cautionner les dérives d'un état dont les élus ne représentent que leurs comptes en banque. L'idéologie de ces gens est dangereuse. Je n'appelle plus ces façons de faire des "errements de nouveaux riches" venus au pouvoir, mais bel et bien du  FASCISME !!! Bref, je laisse les liens des collectifs jusqu'à la fin de la mobilisation et je me rends à Paris, direction La Sorbonne, le 13 Mai, manifester avec les collègues de toute la France qui sont pas contents, mais alors pas du tout. Pour lecture, je publie un poème qui me vient du coeur, que Marianne M. a déjà mis en musique (je vous envoie le mp3 sur votre courriel, si vous laissez un commentaire). Merci à celles et à ceux qui suivent de près ou de loin nos aventures, merci à celles et à ceux qui nous soutiennent, en riant un peu svp (ce qui, j'en conviens, n'est pas mon fort en ce moment). Pour préserver cette façon un peu  "passéiste" et solidaire de vivre ensemble, que nous sommes, je crois, nombreux à vouloir partager. N'en déplaise à nos élus, que je ne salue plus, mais alors décidément plus.

Abreuvant nos sillons

Nos bourgs et nos campagnes

l'Alsace et la Bretagne

Lille et le Roussillon

Paris, d'Est en Ouest

Nos fils et nos compagnes

Toutes les gens modestes

A vos pavés, Mariannes !

A bientôt, à Paris, en Province, pour dire que Non, mesdames et messieurs les politiques, vous ne pouvez pas tout le temps faire ce qu'il vous plaît de nous, en vous sucrant perpétuellement sur notre dos. Comme disait l'autre "il faut chercher l'argent où il se trouve, chez les pauvres : d'accord ils n'en n'ont pas beaucoup chacun, mais ils sont très nombreux" A plus.

PS : à voir et écouter absolument Desert Rebel, les rockers oubliés du désert. Une histoire de résistance portée par des musiciens réunissant Tryo, Mano Negra, Gnawa Diffusion et rebelles touaregs. Trop de la balle...


Jeudi 17 avril 2008

 Tous n'est pas là, suivez les liens, renseignez-vous, exprimez-vous, merci, Filou.


Dimanche 13 avril 2008

 

 Cette lettre n’est que le reflet de mon point de vue de citoyen. Même si je sais mon avis partagé par nombre de collègues, je n’implique en aucun cas la parole des collectifs qui s’organisent sur tout le territoire pour sauver leur profession.

Aujourd’hui dimanche, j’aurai aimé me lever tard le matin, profiter du soleil radieux de la journée, admirer les Pyrénées enneigées, faire des gazous à ma petite nièce, m’occuper de moi, écrire une chanson, aller voir les copains jouer au rugby, faire un peu la fête après, me détendre, comme tout étudiant d’une formation en alternance normalement constitué. J’aurai aimé faire tout ça mais, à vrai dire, le problème, c’est que la situation dans laquelle ma profession se trouve aujourd’hui m’en a enlevé le goût et le temps. Je n’aime pas faire de politique, et d’une façon générale, je n’aime pas parler au nom des autres. Mais là, je me permets de vous entretenir un peu des inepties que nos députés peuvent parfois voter pour nous, sans jamais nous demander notre avis.

Rappelez-vous des stagiaires en grève que nous voyions il n’y a pas si longtemps dans nos rues, drapés de noir, masqués de blanc, et qui, pour palier à la grande précarité de nos étudiants, osaient réclamer une rémunération minime de leurs lieux de stage, en l’échange du travail qu’ils y effectuaient jusqu’alors gratuitement. Beaucoup d’entre-nous s’en sont émus. Je travaillais à l’époque (dans l’espoir de pouvoir, moi aussi, bénéficier plus tard d’une formation qualifiante) et je les ai soutenus. Souvenez-vous de la forme qu’a prise la réponse donnée par nos politiques, aux instigateurs de ce mouvement, et à la société française : elle s’appelait, s’appelle encore, LA LOI SUR L’EGALITE DES CHANCES, vaste programme… Sitôt votée, elle commençait à faire des bébés, dont les aînés se nommaient Contrat Nouvelle Embauche et Contrat Première Embauche, CPE et CNE (bien difficiles à expliquer à la population méfiante qui peuple nos universités, et qui s’interroge de l’avenir qu’on veut lui dessiner). Vous avez encore en mémoire la mobilisation étendue qui se joua dans nos villes, et qui sut dépasser le clivage étudiants/travailleurs, pour les réunir autour des mêmes revendications. Je travaillais de nuit, à l’époque, et je les ai soutenus en manifestant à leurs côtés chaque jour. Et bien, cette gentille loi vient de pondre un décret, suivi d’une circulaire, qui se propose (ou s’impose, c’est selon) de changer radicalement le modèle de la formation professionnelle en alternance des travailleurs sociaux de niveau III (post bac). Je m’explique, car sur le papier, tout est beau, un peu trop... En effet, depuis le premier février de cette année, chaque stagiaire effectuant une alternance de plus de trois mois au sein d’une entreprise ou d’une association se trouve en droit de réclamer une GRATIFICATION (l’intitulé m’insulte déjà : « gratification » qu’est ce que ça veut dire ???) de 398,13 euros mensuels qui, quand elle n’est pas versée à l’étudiant par son site qualifiant, est opposable devant un tribunal, et peut entraîner la condamnation de l'établissement. Jusque là tout va bien… C’est malheureusement sans compter sur la particularité du rôle et des enjeux de la formation professionnelle des futurs TRAVAILLEURS SOCIAUX, et c’est surtout méconnaître parfaitement les besoins des étudiants, des centres de formation, et des associations de ce domaine un peu à part, que les gens connaissent mal, et qui par sa « modestie » (nous sommes peu nombreux) est très peu représenté en dehors de ses « institutions ».

Ici, je m’aperçois qu’il me faut définir un peu mieux ce qu’on entend par travailleurs sociaux, titulaires d’un DIPLOME D’ETAT DE NIVEAU III : nous sommes, mes collègues et moi, respectivement en étude après avoir été reçus aux concours d’entrée des instituts de formation d’ASSISTANTS DE SERVICES SOCIAUX, d’EDUCATEURS DE JEUNES ENFANTS, d’EDUCATEURS SPECIALISES (dire « ASS, EJE et ES »). Les premiers, les ASS, vous les rencontrerez dans les mairies, les conseils généraux, les lycées - j’en passe, lors des multiples démarches que vous effectuerez, si un jour votre vie bascule pour quelque raison que ce soit (conjoint violent, chômage, accident, perte d’autonomie…). Ils vous orienteront grâce à la connaissance qu’ils ont apprise des schémas qui articulent les différentes administrations entre elles (le fonctionnement des villes, des départements et des régions où vous vivez) et ce, grâce à leur compétences d’écoute et de compréhension. Les seconds, vous les verrez s’occuper, dans des crèches et dans des hôpitaux - par exemple, des enfants en bas âge qui peuvent vivre, ou avoir vécu, des situations difficiles, des drames, des choses qu’on souhaite à personne. Ils et elles, les EJE, réalisent également un travail de prévention indispensable à la marche de notre société. Les derniers, les ES (j’en serai, si tout ce passe bien, dans presque trois ans) vous les retrouverez dans toutes les institutions qui proposent un accompagnement aux personnes en précarité ou en difficulté : leur mot d’ordre est l’autonomie des « USAGERS », quelle que soit leur problématique : handicap mental, physique ou psychique, pauvreté, exclusion, violence… Leur éthique les engage à se remettre continuellement en question, pour répondre aux besoins d’êtres  humains en difficulté, à se concerter et à évaluer constamment leurs pratiques, et les besoins qu’ont les populations qu’ils accueillent. Ils s’expriment dans un langage parfois peu compréhensible, mais ô combien réfléchi. Ils et elles, les TRAVAILLEURS SOCIAUX, travaillent auprès D’HOMMES, DE FEMMES ET D’ENFANTS, que nous sommes tous, vous qui lisez ce papier et moi, avec nos ressemblances et avec nos différences. Ils et elles font le lien, en quelque sorte, entre les politiques qui légifèrent, financent et supervisent l’action sociale en France, et la réalité de plus en plus précaire des terrains. Certes, leurs résultats paraissent parfois maigre, ils les expliquent parfois mal, dans leur vocabulaire « hermétique ». Et on se demande souvent ce qu’ils font de leurs journées (ou de leurs nuits : la souffrance des gens ne s’endort pas au coucher du soleil). L’étendue du champ d’application de leurs compétences professionnelles incite certains à les taxer d’utopistes rêveurs, ou de revendicateurs insatiables, comme je l’ai souvent entendu au détour de conversations avec ceux et celles que le débat d’opinion intéresse plus que la vie d’individus - qui n’ont pas toujours toutes les chances de réussite et de bonheur que d’autres peuvent avoir. Je pourrai m’étendre indéfiniment sur ce sujet, mais il me semble vous avoir permis de mieux situer les rôles et les devoirs dont les travailleurs sociaux sont investis, dans notre pays. Et je veux vous expliquer la suite.

Je dois maintenant préciser l’importance primordiale de l’alternance dans la formation des futurs professionnels de ce domaine d’intervention. Nos études sont faites pour moitié de contenus théoriques (économie, sociologie, psychologie, ethnologie, communication, droit…) qui sont évalués au travers de devoirs, de partiels, d’entretiens, par nos instituts de formation, tout au long de notre parcours - Et pour l’autre moitié de mises en situations professionnelles, d’abord en position d’observateurs et d’apprenants (auprès de nos référents chargés de nous accompagner dans l’élaboration de nos pratiques et, depuis cette année, de nous noter selon des domaines de compétences précis et communs) puis en position de responsabilité. Formellement, cela veut dire que nous ne pouvons soutenir nos mémoires, présenter nos diplôme d’état, sans avoir validé ces deux pôles en temps (nous travaillons ou étudions pendant trois ans, 35 heures par semaine, selon le code du travail applicable à tous) et en niveau (la moyenne est requise dans tous nos domaines d’apprentissage théorique). Je l’ai dit plus haut, nous intervenons dans un domaine qui touche directement à l’autonomie d’êtres humains, ce qui nous impose de mettre à jour nos méthodes d’intervention et nos savoirs de façon permanente (c’est d’ailleurs une obligation légale depuis la loi du 02 janvier 2002 qui instaure l’usager au centre de sa démarche de soin et d’accompagnement). C’est un préalable indispensable, compris par l’ensemble des acteurs du travail social en France, que de satisfaire à ces deux obligations, théoriques et pratiques, pour acquérir la légitimité humaine et professionnelle, qui nous permet d’intervenir auprès de publics qui mettent, pour faire court, tout ou partie leurs vies entre nos mains. Nos sites qualifiants tissent des liens privilégiés avec nos instituts de formation, qui s’étendent au-delà du simple accueil de stagiaires. L’apport théorique, et le regard, que nous, stagiaires, leur apportons, est fondamental dans l’élaboration de leur réflexion, dont découle l’action éducative qu’ils entreprennent. Voilà pour l’alternance.

Donc, ce décret, découlant de la loi sur l’égalité des chances, applicable depuis le 1ier février 2008, à tous les stages de toutes les branches de la formation professionnelle en alternance (commerciaux, soignants, pédagogues…) l’est aussi dans le champ de l’intervention sociale. C’est là qu’il pose problèmeS - je mets un « S » car il en existe plusieurs. Le premier problème, pour nous, qui travaillons principalement  dans  des établissements créés et gérés par des ASSOCIATIONS LOI 1901 (parents et amis d’enfants handicapés, accueil de personnes sans domiciliation fixe, réinsertion sociale…) concerne le financement des coûts liés à la « gratification » des étudiants, qui non seulement n’a pas été budgétisé par les associations en amont (les comptes sont généralement clos entre novembre et décembre, et leurs fonds sont déjà insuffisants pour réaliser pleinement la mission dont ils sont investis) ni par l’état qui à ce jour n’a pas versé un centime aux organismes financeurs, malgré la promesse faite du déblocage d’une enveloppe de 10 millions d’euros (largement insuffisante selon les estimations des professionnels : il faudrait au-moins le double pour rémunérer tous les stagiaires qui sont dans l’obligation de l’être, cette année). Première conséquence de ce décret, la majorité des établissements ne peuvent plus accueillir les étudiants dont le temps de stage dépasse trois mois. Ce qui cause un embarras énorme aux étudiants qui ne pourront pas présenter leurs diplômes d’état, n’ayant pas validé leur stage en position de responsabilité, qui peut durer jusqu’à neuf mois dans certains cas. La présidence DU GROUPEMENT des instituts de formation a d’ores et déjà gelé, jusqu’au 13 mai, la signature des conventions, sans lesquelles nous ne pouvons intégrer nos lieux de stage. Le second problème que ce décret soulève, concerne la distinction faite entre les sites qualifiants relevant d’une gestion associative, et ceux relevant d’une direction publique. Je parle ici, principalement, des Conseils Généraux où de nombreux étudiants, particulièrement les ASS, effectuent une grande partie de leurs stages. Ceux-ci ne sont pas soumis à l’obligation de « gratifier » quiconque. Outre l’inégalité de traitement que cela établit entre les stagiaires, qui seront rémunérés, ou non, en fonction de la nature des établissements qui les accueilleront, cela remet en question la diversité des spécialisations que peuvent acquérir les étudiants durant leur formation, en fonction de leurs projets professionnels - diversité qui, à l’image de notre société moderne, est essentielle, si l’on veut continuer d’agir face à des problématiques de plus en plus complexes (quant à leurs origines et leurs manifestations particulières) qui nous sont posés par des usagers en souffrance. Le troisième problème soulevé par ce décret, et non des moindres, concerne la remise en question du statut du stagiaire apprenant, qui constitue un des fondements de notre culture professionnelle. Obliger les associations à rémunérer les étudiants sur leurs fonds propres les incite fortement à considérer ce dernier comme un travailleur (au prorata des 398,13 euros qui lui seront versé) et à ne plus le positionner, comme c’est le cas actuellement, en binôme avec son référent. Ce qui diminue considérablement la qualité de la formation dont il peut bénéficier. La liste des questions que l’application de ce décret soulève serait fastidieuse à énumérer ici.

Un ami, à qui j’ai fait le résumé de cette situation m’a répondu - pas si naïvement que ça : « alors, on remplace les fonctionnaires en retraite par des stagiaires gratuits et on officialise le travail pour un tiers du SMIC ailleurs ? ». C’est une opinion que j’ai pu également lire dans ma presse locale (celle qui s’est investie de ce problème). C'est caricatural, mais je ne suis pas loin de croire la même chose.

A ce jour, des collectifs de réflexion et d’actions se sont spontanément mis en place au travers de toute la France. Des actions ont été menées, et continueront de l’être, aux quatre coins du territoire. Des rendez-vous sont pris par les étudiants, les professionnels, les instituts de formation, auprès des Conseils Généraux, des DASS, des DRASS, de la DGAS, des CAF, des mairies, des députés, et des ministres concernés,  afin de débloquer la situation au plus vite - et au mieux. Une rencontre, réunissant les acteurs de l’intervention sociale se tiendra le 13 mai 2008 à la Sorbonne. Des jours de manifestation nationale sont déjà prévus. Une coordination nationale des mouvements s’est tenue vendredi à Montrouge, réunissant les délégués de plus de 70 écoles. Présents sur les forums du net, on peut les contacter pour de plus amples informations.

J’ai personnellement l’impression de me retrouver pris dans l’étau d’un jeu politique qui me dépasse, et qui se sert de moi. Avec d’un côté un gouvernement de droite qui fabrique des réformes comme on fait ses courses, et de l’autre côté des Conseils Généraux majoritairement de gauche qui voudraient bien en découdre. Je sens que ce dialogue de sourd va perdurer longtemps. Actuellement, je suis en grève depuis lundi, je laisse en plan des projets qui me tiennent clairement à cœur, auprès d’usagers dont la situation est sensible (je suis normalement en stage, ma convention ayant été signée avant le 1ier février, dans un ATO, accompagnant un public handicapé mental avec lequel j’ai tissé des liens, et qui ne comprend pas mon absence). Je me mets en situation de redoubler une année scolaire qui, jusqu’alors (par les notes que j’ai reçues lors de mes évaluations) se passait bien, vu l’investissement personnel que j’y mets - et que tous mes collègues de promotion mettent également - et de ne plus pouvoir, pour des raisons financières, supporter le coût du reste de ma formation. J’aime cette formation, je veux exercer ce métier. Et je suis loin d’être le seul. Les étudiants en travail social - de part le parcours du combattant qu’ils mènent pour intégrer un institut de formation (les concours sont difficiles, onéreux, beaucoup sont laissés sur le carreau à l’issue des examens d’entrée) de part les responsabilités qu’ils ont auprès des usagers, n’ont pas une culture de la grève à tous prix, comme pourraient, à tort, le penser certains idéologues.

Si vous découvrez ce sujet en lisant ceci, et que vous y êtes sensibles, vous pouvez vous renseigner en copiant-collant les liens suivants dans votre navigateur, signer la pétition qui s’y trouve, vous renseigner sur les actions en cours. Et si vous côtoyez des journalistes, des femmes et des hommes politiques, les interpeller à ce sujet. Dans l’espoir d’aboutir au plus vite dans nos revendications, et pour une reconnaissance de la place du travail social en France.

http://lasocialeweb.free.fr/   

http://gratification0stages.unblog.fr/   

http://tsfactifs.forumpro.fr/   

Sincèrement. Filou.

 A Perpignan, le 13/04/2008.

PS : Au fait, les poteaux du rugby ont malheureusement perdu leur demi-finale 6 à 3. Bravo quand même, les gars, vous avez réussi à nous faire vivre une saison comme on n’en avait pas vécu depuis longtemps. Vive le Stade Villeneuvois !!!

Je reviendrai à l’écriture plus poétique de ce blogue, quand la situation me le permettra. A tantôt.


Jeudi 28 février 2008

 

Comme vous l’avez constaté, j’ai récemment publié deux nouvelles sur ma terre a deux lunes, qui m’ont pris, entre leur rédaction et leur correction, l’essentiel du temps libre que j’arrive à dégager en marge de ma formation. Les statistiques de monblogue m’informent que vous êtes de plus en plus nombreux à visiter ma page, je vous en remercie. N’hésitez pas à me faire part de vos remarques,  tant sur le fond que sur la forme, ou sur tout autre sujet qui vous tiendrait à cœur. J’y répondrais (avec le retard qui me caractérise parfois). Si je peux vous inciter, quand j’écris ce genre de récits, à revenir les lire une quinzaine de jours après, c’est à peu près le temps qu’il me faut, de lectures en relectures,  pour les finaliser. J’ai enfin résolu mon problème de calligraphie, en utilisant Word, taille 8, verdana, noir 50%, puis copier-coller. Ca marche plutôt bien. J’ai bien voulu suivre les nouveaux conseils de Mouette, pour me rendre sur Kaléidoplume, mais, ne me demandez pas pourquoi, je n’arrive à rien cliquer sur la page de garde du site, comme si elle m’était transparente. Si quelqu’un pouvait m’en dire plus…

 

Autrement, ma petite nièce grandit de jour en jour, et je reste émerveillé à chaque fois que je la vois, et que je vois ma sœur, épanouie. C’est cool.

 

J’espère que vous irez voter pour les municipales et les cantonales. En tout cas, moi, j’irai. Parce qu’il me semble important de faire barrage aux « rois du pétrole » de l’ump, qui ne souffrent aucune contradiction et ne respectent personne, en dehors de leur « clan », ce qui va à l’encontre des principes les plus élémentaires du savoir vivre en démocratie (comme celui, par exemple, qui réclame de nos femmes et de nos hommes politiques, d’entendre l’avis des citoyens qu'ils représentent). Je sais que le PS est mort, écroulé sous le poids des éléphants, mais il faut bien voter pour quelqu’un, et, sans faire de prosélytisme, mon choix est fait.

 

Je vous laisse, car j’ai un rendez-vous studieux en ville. A bientôt. Filou.


Lundi 4 décembre 2006

Entre la "rupture tranquille" de Nicolas et la "révolution démocratique" de Ségolène, leurs concurrents ne savent plus où donner de la langue...de bois.

Petite illustration, en chantant. (mais pas en me rasant...)

Un partout

Hier, Nicolas, en Amérique, / causait popote à Deubeul-iou,

Ségolène lui a fait la nique, / prônant la révolte des sioux.

Aujourd'hui, Ségo, au Liban, / ç’a quelque chose de pathétique,

promet l'amour en politique, / le p’tit Nico fait ses choux blancs.

- Et Jean Marie, qui se tapit, / qui veut rejouer France-Algérie.

- Et Olivier, ça va saigner, / des rudes larmes d'ouvriers.

- Et le François, qui se débat, / le claquet d’Arlette, il rabat.

- Et le José, fumant sa pipe, / histoire d’emboucaner Philippe.

Alors, j’en oublie quelques uns, / y’en a tellement qui sont nombreux,

à nous sortir le baratin, / censé nous faire voter pour eux.

Et je m’en remets aux élites, / qui demain iront en province,

pour dire aux gens qu’ils sont des princes, / ou des princesses, satisfecit.

- Et Dominique, quelle excentrique, / elle croit la gauche écologique.

- Et longues vies , mes sucres d’orges, / aux rouges-gorges - à Marie-Georges.

Avec tout ça, on n'a pas dîné...

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