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Dimanche 2 novembre 2008
Avant que les étangs ne gisent gelés, je vous poste un truc que j’avais écrit près d’un fleuve tranquille, du côté de Baie Saint Paul, et qui donne une suite au précédent machin intitulé l’île d’Orléans que j’ai publié plus bas (... à ne pas lire au premier degré, quoique...) +++ filou
Le balcon vert
les fleurs ont échoué leurs pétales
démontées de leur piédestal
les polissonnes automnales
sur le pavé sont très banales
les vignes ont perdu leurs sarments
leurs feuilles et tout leur équipage
ont déserté au firmament
du vent délivrant les nuages
les oies sauvages volent en criant
les cormorans vont à la nage
y’a t’il vraiment un océan
au bout des lèvres de la plage ?
les corbeaux ont le souffle court
depuis qu’le champ s’est fait la malle
leurs légions n’ont aucun recours
sauf la basse cour, mon caporal !
sur les flots ronquent les bateaux
ancrés le temps d’une accalmie
ils reprendront la mer tantôt
les marées hautes l’ont promis
les bateliers parlent d’argent
la gloire des quais les fait mentir
les établissements piégeant
leurs derniers sous - ils vont partir
les bars font les portes ouvertes
comme des offertes entrejambes
l’amène bière est toujours prête
à être aimée, pourvu qu’on flambe
la ville engraisse ses agneaux
passant en paix – les pieds dans l’plat
les gouttières emprisonnent l’eau
dans les bras des toits des villas
les maisons ont des briques rondes
cachant à peine leurs formes nues
dans les salons - que du beau monde
autant de charmantes inconnues
les femmes ! les femmes ont le parfum
de l’aventure et la peau fine
des soies de Chine, le sein indien
ces dames ont la larme câline
ces dames ont la larme coquine
le tourbillon qui les étreint
ressemble à la brise saline
qui caressa nos mains
et moi, c’est décidé
j’arrête le L.S.D
j’deviens végétarien
enfin, j’en sais trop rien
Au fait : décidément mes problèmes de sous ne font qu’empirer (et j’ai encore un an et demi à tenir ce rythme) si quelqu’un avait un plan pour taffer au noir, le week-end à Perpignan, et s’il pouvait me le dire ici, ou m’envoyer un courriel, ce serait sympa… filou
Mercredi 22 octobre 2008
dans la grisaille
un poème naît
un grincement de rail
le fruit de mes entrailles
sous la mitraille
une fleur fanée
un pétale émaillé
un oiseau blessé
que tu t’en ailles
je le relirai
ce poème imparfait
que je voulais brûler
fétu de paille
je le jetterai
du haut d’une muraille
pour ne pas le froisser
dans la grisaille
un poème naît
un éclat de métal
le fruit d’une bataille
que tu t’en ailles
et je t’aimerai
comme on aime le mal
et les oiseaux blessés
vaille que vaille
je continuerai
des fois que tu reviennes
me réveiller
viennent que viennent
les joies et les peines
où sombreront les tiennes
je coulerai les miennes
Vendredi 17 octobre 2008
J’ai rajouté quelques liens que j'ai à cœur de partager, il suffit de cliquer sur les liens z’amis de "materrea2lunes" un peu à gauche, voilà, comme ça. .. Sinon j’ai scanné en deux fois un dessin que j’avais fait en début d’été, mais je n’arrive pas bien à faire ressortir les couleurs, dommage -et du coup je m'apperçois que monblogue ne les affiche pas (une prochaine fois...) et j’ai extrait de ma malle un vieux truc, que je poste, parce que ça fait du bien de s’envoyer des fleurs quelquefois (non, sérieux, je n’écris plus comme ça, c’était une période où je me relisais beaucoup trop, j’étais jeune). A tantôt, Filou.
légendes
(je dit que des adultes ont perdu la raison
qu’en voulant la bâtir il ont fait leur prison
je dit que leurs dents dures sont comme leur cœurs, usés
à force de creuser, qu’ils font face à un mur
je dit que les enfants dans les glaces infinies
de leur space opéra tutoient les éléments
je dis que carrément, et c’est très important
de traverser les rêves - au fond les interdits…)
je dis que les chanteurs sont comme les enfants
‘faudrait toujours en chœur, qu’on leur donne le La
je dis que les auteurs sont comme les oiseaux
et qu’ils crèvent de peur quand on s’approche trop
et qu’ils crèvent le sens quand on a plus de mot
qu’on a brûlé l’essence et qu’on a plein le dos
je dis qu’ils coagulent où saigne la beauté
que leurs pavots se frottent aux herbes des sentiers
qu’ils défrichent un terrain qu’on a pulvérisé
dans leurs cerveaux : l’amour, aux genoux cabossés
je dis que les poètes habitent la banquise
des ours affamés, des tigres sibériens
des trophées légendaires qu’on nomme avec estime
impressionnants et rares, aussi, qu’on assassine
qu’ils finissent empaillés dans les bibliothèques
ahurissants captifs de cirques littéraires
je dis que leur désir éternel est mortel
et qu’il va embraser l’horizon suffoquant
les livres consacrés, les lèvres des squelettes
les regards occultés à contempler le gel
je dis que leurs visions s’entrechoquant provoquent
la chute imprévisible de corps errants, célestes
et parfois le vertige, et parfois le déluge
sous des bordées de sable et des cordes de sel
je dis que ces enfants sont comme les comètes
qui font tourner la tête aux mathématiciens
je dis qu’ils ont raison de pleurer leur Eden
peuplé de musiciens, de trapèzes et de clowns
’faudrait qu’on applaudisse à leurs tours de magie
et qu’on les remercie pour leurs invocations
‘faudrait que les adultes aient vent de leur folie
que nos passions se hissent, et que nos vies résonnent
(nous resterons enfants et plus rien ni personne
ne saura nous blâmer d’être comme nous sommes)
Mardi 14 octobre 2008
Je me permets de publier, dans sa forme première, le poème que Tenebrum Draco a sympathiquement mis sur son blogue, car finalement, il date un peu, mais je l’aime bien Et il reflète assez mon état d’esprit de l’époque. Si des chums de Saint Jean passent ici par hasard, qu’ils me laissent un message avec un courriel, j’aimerai vous revoir. Mille fois merci. Bonne nuit. Filou.
L'île d'Orléans
Voiles sur le Saint Laurent Déjà minent de partir Au soleil d'été mourant Les érables vont rougir
Dans les herbes les grillons Qui tantôt vont s'endormir Aux sons d'humbles carillons Semblent vouloir retenir
Quelques gouttes d'élixir Quelques délicieux zéphyrs Et les rayons qui s'étirent Et les vagues de frémir
Sous la brise d'automne Emportées par la houle Aux flots du fleuve donnent Comme la chair de poule
Voiles sur le Saint Laurent Déjà minent de partir Au soleil d'été mourant Les érables vont rougir ...
Avec mes yeux plissés qui continuent de voir Sous le soleil, ce lion, qui domine l'azur Avec l'esprit géant, brûlé de désespoir Qui transcrit en pensées songes et larmes pures
Et vos saines joies blondes, et vos doigts de velours Avec, ma chère, votre amour jusqu'au bout du monde ...
A sept heures, le ciel se penche sur le fleuve Quand l'eau se laisse aller, dans ses bras sans nuage Le ciel, dans son reflet respire, ses effluves Ivres, sensiblement, embrasent le rivage
Le vent, devenu frais, s'étire en effleurant Les rouges amants doux, bientôt pourpres et oranges L'astre, qui tout le jour, comme s'évaporant Parsemait les flots saouls de libellules étranges
Récite maintenant, faiblement, en douceur En s'évanouissant, quelques vers en couleur
Puis, les cloches brûlantes, criantes, alarmées Séparent virulentes, leur étreinte brillante Les romances indolentes et les soupirs charmés Sonnent les insolentes, la lune concurrente
Le soleil, rugissant, s'incline sous l'éther Reprend nonchalamment ses rayons, et la terre
Immense, refroidie, dans les ténèbres noires Tremble d'abandonner son amoureux céleste Plus tard, la nuit experte en matière de loirs L'écoutera dormir, sans demander son reste
Un ferry égaré, aux machines bruyantes Aux cales débordées d'exotiques féeries Imprimera au fleuve une vague effrayante Qui n'indiffèrera que les chauves-souris
En haut la lune luit, boule de feu, bougie Survole éblouie, la côte d'Haïti
Samedi 20 septembre 2008
le temps, le vent portent les feuilles
de mes dix sept ans révolus
l’amour, la joie, le bruit, les filles
Marie Christine, que je salue
mon cœur est noir et volatil
par effraction, le monde est neuf
je veux m’encanailler des villes
avec la nuit, avec la teuf
y’a Greg qui m’invite à clamser
à minuit pile sur sa bécane
si ça marche pas, c’est juré
on ira s’exposer le crâne
qu’est-ce qu’on a fait de nos symboles
quand on ne va plus à l’école
qu’est-ce qu’on a fait de pas sensé
quand on a quitté le lycée
le temps, les plaies portent les croûtes
de mes dix sept ans dissolus
je me revois près d’une route
j’aimerai crever dans la rue
les punks ont le droit de cité
chez Mamy, le bistrot s’emplit
de désordre et d’âcre fumée
de nos désirs, de nos envies
on prend des cuites dans les parcs
et on se fout de bien parler
on a des allures de monarques
désenchantés, désopilés
qu’est-ce qu’on a fait de nos amours
quand on ne va plus dans la cour
qu’est-ce qu’on a fait de nos excès
quand on a quitté le lycée
le temps, la vie portent le mal
de mes dix sept ans désœuvrés
de l’allégresse, du métal
des cicatrices pour de vrai
les théorèmes sous les grands chênes
la poésie pour mettre en scène
la débâcle, mon général
le corps et l’âme en diagonale
personne n’a jamais gagné
mais c’est au combat qu’on grandit
qu’est-ce qu’on en fait, de nos cahiers
mon vieil ami, qu’est-ce qu’on en dit
qu’est-ce qu’on a fait de nos idoles
quand on ne va plus à l’école
qu’est-ce qu’on a fait de nos idées
quand on a quitté le lycée
Mardi 24 juin 2008
Ça mérite peut-être une explication de contexte : D’abord, j’arrivais pas à dormir. Ensuite je revenais de la fête de la musique où j’en avais pris plein les oreilles, pour le plus grand bien de mes typans. Puis comme je m’étais attardé au spectacle du rappeur R-Can, dont les z’icos étaient excellents, et qui a réussi une impro de fou sur son dernier morceau, suivi d'un pur régal de funk, je me suis mis en tête de faire rimer des « angues » et des « ingues ». Mais comme j’étais quand même un peu ramasse en rentrant, j’ai laissé mon ordi choisir sa musique, et il est tombé sur Léonard Cohen, puis sur Neil Young. Pour accorder le tout, je me suis attaché à y mêler une sorte de sens sentencieux, qui n’avait rien à voir avec celui du premier jet. Et ça a donné ça :
ce qui est populaire ne se vend pas, se donne
ce qui est populaire n’appartient à personne
c’est le ping et le pong
des pales d’un vieux zinc
un hymne à la déglingue
de Cohen, un folk-song
c’est un disque qui tangue
comme au rythme des jours
comme une vie de zone
au sommet d’une tour
c’est une nuit d’ozone
quartier des amazones
un magasin de fringues
un cow-boy en santiags
- sans Dieu ni Gang
une main sur un flingue
et l’autre dans un string
- c’est une route longue
le continent autour
jouant du métronome
comme un magnétophone
qui crache du Neil Young
refrain ? c’est le big-bang
comme un cri de King Kong
un big-band qui fait bling
c’est le ying et le yang
comme au sortir d’un ring
un frisson qui secoue
qui rend ivres les fous
et délivre les langues
et libère les hommes
et libère les femmes
ce qui est populaire ne se vend pas, se donne
ce qui est populaire n’appartient à personne.
PS: j'ai enfin pris un moment pour foncer l'écriture du blogue, vos yeux m'en seront sûrement reconnaissants, et les miens pèleront moins. A + Filou
Mercredi 18 juin 2008
J’avais du temps devant moi aujourd’hui alors j’en ai profité pour fabriquer ces petits jeux de mots. J’ai aussi glané quelques graffitis dans mes cahiers de cours. Merci à Ténébrum Draco de passer les infos à tes lecteurs, c’est important. Je me pose la question de créer une veille informative, mais je ne sais pas encore auprès de quels sites me renseigner. Je verrai cet été. A tantôt, Filou.
ça a combien de pattes, un psychopathe ? / et ça a combien de tics, un narcoleptique ? / c’est sous quel récif, qu’on devient dépressif ? / boit-on du rosé, quand on est névrosé ? / ça a combien de couches, un français de souche ? / combien de ratures en littérature ? / c’est sous quelle emprise, que tu lâchais prise ? / comment tu manies ta mythomanie ? / ça a combien d’ailes, une ribambelle ? / et ça a combien d’œil, un écureuil ? / est-ce que les rapaces ont des carapaces ? / est-ce que les présidents ont tous des longues dents / il faut combien d’hommes, pour faire un symptôme ? / et combien de volts, pour qu’on se révolte ? / que devient la ouate, quand on met les watts ? / est-ce qu’on a bien rit des mutineries ? / pourquoi tant de zèle, chez les demoiselles ? / et de noms d’oiseaux, chez les damoiseaux ? / il a trop de listes, pour les socialistes . / et il y a trop de kystes, de l’avis des trotskystes . / on est pas adroit, quand on est à droite . / et on n’est pas manche, quand on est à gauche . / est-ce qu’on y était, dans la société ? / comment tu vois le ciel, quand tout est démentiel ? / ça a combien de tics, un psychotique ? / et ça a combien de pattes, un sociopathe ? / y’a combien de sphères dans un contre-transfert ? / combien de versions de la perversion ? / est-ce que ça se coke, un staphylocoque ? / est-ce que Astérix a des idées fixes ? / est-ce que Hölderlin était borderline ? / est-ce que ça se freine, un schizophrène ? / pourquoi ça se perd autant, les repères ? / est-ce que ça s’opère, un coopérant ? / est-ce que ça dialogue, un radiologue ? / est-ce qu’on y sera, quand ça fissurera ? / il n’y a pas de terre dans les ministères . / peuplerons-nous les îles, ou les asiles ? / elles ne sont pas niaises, les bolognaises . / il n’y a pas de voix off, chez les philosophes . / il n’y a pas de barbe, autour des rhubarbes . / ça n’a pas de prix, un trait d’esprit . / ça n’a pas de nez, la fausse monnaie . / combien faut-il d’anneaux, pour être parano ? / ça a combien de pattes, un patibulaire ? / et ça a combien de tics, un romantique ? - / - y'a combien de pattes, chez ceux qui nous épatent ? / et y'a combien de tics, dans nos cœurs en plastique ?
Dimanche 8 juin 2008
Ouaouh !!! J’ai relu le texte que j’ai « commis » l’autre soir d’ivresse, et j’ai bien voulu l’effacer, mais ma pote amie copine Marianne M. m’en a dissuadé. Je crois que j’étais un peu énervé, et même si c’est à peu près exactement ce que je voulais dire, il y a des moyens plus élégants de le faire. M’enfin ! Je demande encore ce qui peut se passer de si grave en France pour que les rues de ma ville soient à ce point quadrillées de forces de l’ordre en tous genres. Depuis 15 jours j’ai dénombré au moins 10 cars différents de CRS, des voitures de police nationale, de municipale, de gendarmerie, de douanes, des officiers à pieds, en civils, qui sillonnent les chemins jour et nuit. Aucune presse locale n’en parle, et j’aimerai savoir comment ça se passe ailleurs ? Je regarde peu la TV mais j’ai vu hier, dans le journal du soir, un spot de quelques secondes qui semblait dire que les CRS ont chargé la foule à Quimper - foule qui manifestait, pour ce que j’ai pu en comprendre (en si peu de temps - et en fin de journal) pour sauver son hôpital public. Ici, tous les pharmaciens mettent en garde contre la privatisation de la santé, en affichant des slogans assez clairs sur leurs vitres, comme « tombez malades aujourd’hui, demain il sera trop tard ». Autre sujet, de presse écrite cette fois, j’ai lu ces dernières semaines, y compris dans l’hebdo Marianne (que j’apprécie d’ailleurs) plusieurs attaques dirigées contre le NPA (nouveau parti anticapitaliste) initié par la LCR. Moi, qui ne suis encarté nulle part, et plusieurs de mes collègues, avons pourtant été invités à des débats et des forums d’information, où nous n’avons absolument pas ressenti le sectarisme ni la volonté de récupération, dont les journalistes semblent accuser la LCR. Les débats ont été riches, didactiques, et notre parole a été écoutée, sinon entendue. De mon côté, il me paraît possible de créer quelque chose de nouveau, avec le NPA, qui dépasse les clivages idéologiques de chacun. Et c’est peut-être urgent. Quand à la mobilisation des travailleurs sociaux en formation de l’IRTS de Perpignan, elle s’est essoufflée face à la contrainte de travail institutionnelle à laquelle nous devons répondre dans le temps imparti (plus personne ne dort, en tous cas pas moi, pour rendre la somme astronomique d’écrits qu’on nous impose de pondre à propos de tout et de rien). Pour ceux qui s’y intéressent, et vu qu’aucune avancée notable n’est en vue dans ce domaine (le directeur de cabinet de Xavier Bertrand nous a encore pris pour des Bisounours), je vais momentanément effacer les liens amis pour ne garder que celui de Perpignan, où ils sont de toute façon répertoriés. La mobilisation reprendra sans doute en septembre, quand une classe entière de collègues devra signer ses conventions de stage, et lorsque, évidemment, faute de sous et d’intérêt porté par nos décisionnaires, cela leur sera refusé. Je les remplacerai, dés que je peux, par des liens de potes (plus artistiques). Pour continuer sur le même sujet que les textes précédents, mais de façon plus légère, voici « le vent en pop » :
elles ont le vent en poupe
mauvaises gens
elles aiment Betty Boop
et Tarzan
elles regardent à la loupe
notre temps
elles ont les yeux soucoupes
détergents
elles ont le vent en pop
mauvaises gens
elles aiment le trip hop
et Rahan
elles se taillent des coupes
de mutants
elles se méfient des scoops
qu’on leur vend
elles mènent large au cap
des vivants
quand elles se sentent cap’
sans argent
elles se fument en clopes
émouvants
gracieuses escalopes
s'enivrant
elles ont le vent en poupe
chaud devant
elles aiment Betty Boop
et Jean Valjean
C’est certes un peu naïf, mais ça me plait. Au fait, je vois que vous êtes nombreux à visiter le blogue, pensez à laisser des comments, qu’on puisse partager quelques bouts d’idées, merci. Filou. Ps : à Ténébrum Draco, je reprendrais contact cet été, à plus, continue le combat.
Samedi 24 mai 2008
Bref, j'suis un peu mal, et j'suis surtout très bourré ce soir. Je suis dégoûté parce ce qu'on a tout fait pour être médiatisés depuis deux mois, et que malgrè qu'on était plus de 3000 à Paname de départements unis et différents, des Pyrénées jusqu'à la Sorbonne (ces cons de CRS nous ont gazés, comme il faut, en réponse à des gens, pas racaille ni travailleurs sociaux en formation, que personne d'entre-nous ne connaît ni d'Eve ni d'Adam - ce qui est inconcevable quand on vient d'écoles où s'qu'on se connaît personnellement tous - qui les ont, soit-disant, "agressé" - ce qui a leur a donné raison de répondre violemment aux pacifistes patentés que nous représentons) aucun média ou presque, n'a voulu parler de nous, ni de notre problème de formation, bientôt lettres mortes, du moins très bientôt caduques : système à la con. C'est un peu comme si les journaleux oubliaient qu'il y a de l'information en France à exprimer aux citoyens. Fascisme? Propagande? Sarkosisma? Beaucoup de questions que je ne me pose plus. C'est mort. Enfin, pour redevenir ou rester humains, si vous avez des airs à partager avec moi, je vous offre ces modestes paroles. Pensez simplement à m'envoyer les morceaux, si vous en faites avec, qu'on s'amuse un peu... S'il vous plaît... merci... D'avance et en retard. Simples révoltes!!! Grands pas sur la Lune!!! Merci encore et encore et encore et encore, de les partager avec moi. On est copains ou quoi ? Du texte d'avant voici la suite, que Julien.M. a commencé de balancer en musique. Envoyez - si vous voulez - vos courriels, vos commentaires - pour écouter l'originale - ou please, encore mieux composez...
- entendez-vous, c'est arrivé / ce coup là nous sommes énervés
ils ont renvoyé les immigrés / ils emprisonnent le progrès
- entendez-vous quand ils mugissent / soldats et féroces CRS
quand ils s'en prennent aux filles, aux fils / à nos anciens - à nos promesses
- allons enfants de la fratrie / à la santé de nos victoires
à la mémoire d'un jour de gloire / allons enfants de la partie
- alors voyons, cet étendard / qui fut sanglant, qui fut un dard
pourquoi maintenant nous sépare / pour une poignée de dollars
- alors voyons, cet étendard / qui fut bleu-blanc-rouge d'espoir
peut-on le rendre un peu plus noir / contre-nous racisme et remparts
- réveille-toi, rebelle-toi Paris / rebellons-nous îles et villes
soyons les indiens, les kabyles / de notre faim soyons le cri
- réveille-toi, rebelle-toi Paris / soyons nos musiques et nos contes
soyons nos liens et nos rencontres / soyons la terre, soyons nos maîtres
N'ayez pas peur, exprimez votre symptôme, dites, compilons, changeons le monde, laissez des commentaires.. D'avance merci. A tantôt. Filou.
Dimanche 11 mai 2008
Coup de gueule !!!
Voilà, encore des jours à ne plus trouver le temps de m'occuper de moi ni de mes proches. Pas plus du blogue d'ailleurs. Retour sur la situation qui me préoccupe : depuis deux lunes, rien n'a véritablement changé. Le gouvernement renvoie la balle aux conseils généraux, les conseils généraux renvoient la balle au gouvernement : l'impasse. Les futurs travailleurs sociaux sont au centre du dilemme, même pas en position d'arbitres. Leurs stages s'évaporent comme neige au soleil, faute de financements, quand on ne leur signifie pas simplement qu'étant gratifiés (par quelques associations "compatissantes") ils interviennent en remplacement de professionnels (des galériens à 398,13 euros le mois, légalement - c'est-y pas bon ça?). Qui ne voit pas le recul de notre société, le retour à l'exploitation éhontée (dire "libérale") des femmes, des hommes et des richesses, qu'on nous impose à tous, branche de travail par branche de travail (accords d'entreprises, éducation nationale, éducation spécialisée, aide sociale à l'enfance, hôpitaux, justice, prisons, retraites, j'en passe et des meilleures...) en catimini, avec des sourires mieileux, des "vous en faites pas, c'est un peu raide à avaler mais ça va passer, comme d'habitude, par derrière..." ? C'est la MERDE !!! Excusez du peu. Ce n'est pas la vision que j'ai de mon avenir ni de celui des usagers (quand on ne se trouve pas dans l'obligation, depuis la loi de prévention de la délinquance, de dénoncer les familles à la "Stasi Sarkoziste" - ce que certains refusent, se mettant justement hors la loi, passibles de peines, d'amendes, et de ne plus pouvoir exercer leur métier). C'est GRAVE. Je ne peux pas personnellement cautionner les dérives d'un état dont les élus ne représentent que leurs comptes en banque. L'idéologie de ces gens est dangereuse. Je n'appelle plus ces façons de faire des "errements de nouveaux riches" venus au pouvoir, mais bel et bien du FASCISME !!! Bref, je laisse les liens des collectifs jusqu'à la fin de la mobilisation et je me rends à Paris, direction La Sorbonne, le 13 Mai, manifester avec les collègues de toute la France qui sont pas contents, mais alors pas du tout. Pour lecture, je publie un poème qui me vient du coeur, que Marianne M. a déjà mis en musique (je vous envoie le mp3 sur votre courriel, si vous laissez un commentaire). Merci à celles et à ceux qui suivent de près ou de loin nos aventures, merci à celles et à ceux qui nous soutiennent, en riant un peu svp (ce qui, j'en conviens, n'est pas mon fort en ce moment). Pour préserver cette façon un peu "passéiste" et solidaire de vivre ensemble, que nous sommes, je crois, nombreux à vouloir partager. N'en déplaise à nos élus, que je ne salue plus, mais alors décidément plus.
Abreuvant nos sillons
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