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ma terre a deux lunes - chanson


Lundi 18 janvier 2010

 

Un petit mot pour publier et saluer une chanson que mon frangin vient d'écrire et que je trouve top - et pour tomber le masque de mon second blogue (et oui, je n'ai pas vraiment l'occasion d'écrire en ce temps de labeur dur). Donc, la face sombre (mais parfois éclairée) du filoup : du givre au bord des livres et la poésie du tit'frérot :

J'trace la route sur des chemins,
que le destin juge être miens,
habillé le jour en troubadour,
je m'joue de l'ame ou redoute des larmes,
la nuit je file droit vers la lune,
je part en vrille et fume ma brune,
et quand je l'hume je tousse la brume.

Quand l'ennui m'guette les matins de fête,
je jette des mots sur les salauds,
qui nous expliquent avec leurs triques,
que défiler c'est la santé,
que l'art médit maudit l'armée,
l'arme est ton premier bouclier,
et que tuer c'est pas si grave,
que c'est normal voir même vital.

J'trace la route sur des chemins,
que le destin juge être miens,
habillé le jour en troubadour,
je m'joue de l'ame ou redoute des larmes,
la nuit je file droit vers la lune,
je part en vrille et fume ma brune,
et quand je l'hume je tousse la brume.

Quand l'espoir brille sous les étoiles,
je baisse les yeux et souffre un peu,
en pensant a nos dirigeants,
dans leur bureaux qui font leur temps,
qui nous montrent du bleu et du blanc,
moi je vois rouge je sert les dents,
je souris avec émotion,
quand j'pense a la révolution.

J'trace la route sur des chemins,
que le destin juge être miens,
habillé le jour en troubadour,
je m'joue de l'ame ou redoute des larmes,
la nuit je file droit vers la lune,
je part en vrille et fume ma brune,
et quand je l'hume je tousse la brume.

Quand l'ennui m'guette les matins de fête,
je jette des mots sur les salauds,
qui nous expliquent avec leurs triques,
que défiler c'est la santé,
que l'art médit maudit l'armée,
l'arme est ton premier bouclier,
et que tuer c'est pas si grave,
que c'est normal voir même vital.

Quand l'espoir brille sous les étoiles,
je baisse les yeux et souffre un peu,
en pensant a nos dirigeants,
dans leur bureaux qui font leur temps,
qui nous montrent du bleu et du blanc,
moi je vois rouge je sert les dents,
je souris avec émotion,
quand j'pense a la révolution.

Et quand l'odeur de liberté,
que l'homme moderne a oublié,
viens flatter le bout de mon nez,
je sens qu'la joie viens me bercer,
et avançant avec entrain,
j'éléve la voie plus ou moins bien,
j'éléve la voie je lève le poing,
et je peux voir la biche d'arain. --> j'vois la bas leur régne qui prends fin.

J'trace la route sur des chemins,
que le destin juge être miens,
habillé le jour en troubadour,
je m'joue de l'ame ou redoute des larmes,
la nuit je file droit vers la lune,
je part en vrille et fume ma brune...
je part en vrille et fume ma brune,
et quand je l'hume je tousse la brume.

Ps : lisez absolument "La conjuration des imbéciles" de John Kennedy Toole. Le genre de littérature que devrait rembourser la sécurité sociale (si j'ai le temps, je vous ferais un résumé, prochainement)

+++ filoup


Samedi 14 novembre 2009


Bonjour, votre serviteur, qui, pressé par le tic-tac de l'urgente horloge de sa vie, est en train d'exhumer quelques vieilleries oubliées, dont celle-ci +++ filou

Banlieue grise

le soleil craque sur l’escalier
palier du 22ième étage
ici la ville est à nos pieds
une vague étendue de nuages

le ciel d’équerre à l’horizon
tourne précaire, vire à l’orage
on dirait presque un pavillon
malgré l’aspect qui décourage

l’asphalte flambant dans l’ozone
les reflets frimant sur les chromes
l’ennui, toujours, qui tue les mômes
le quotidien, les autochtones

entre hall d’entrée et parking
le soleil stone, le vice racole
la rue s’éveille au son du King
d’un autoradio rock’n roll

ici c’est plutôt black métal
faut s’habituer au bitume
avoir un mental impartial
pour saisir la joie dans ces turnes

ici c’est pas Costa Del Sol
ni les nuits chaudes à Ibiza
c’est Cali, Kingstown, Liverpool
quartier de la bérézina

c’est le Far West sans les cactus
le désert du Mexique en moins
dernier arrêt du dernier bus
les bandits tapis dans les coins

ici c’est la désolation
culturellement Smith et Weston
la Sergio Léone Connexion
M.J.C Ennio Morricone

c’est Chicago, c’est la mafia
les triades et le Hells Angel
personne ne souhaite habiter là
personne ne veut du mauvais rôle

tu peux te bourrer de calmants
t’arracher au rhum ou au gin
quand t’as jamais vu l’océan
t’échappes pas à tes origines

ma géographie c’est la zone
mon économie : la défonce
ma politique est autonome
stratégie de l’autodéfense

toujours du shit dans mes Marteens
du shit dans mes rêves de gosse
du shit pour fumer mon spleen
défier les lions dans la fosse

je suis black out, bientôt knock out
lascar qui peut sauver sa peau
ninja en fraction sur la route
entre Beyrouth et Soweto

chacun essaie de s’en sortir
j’ai eu mon bac du premier coup
j’ai pas eu la chance de partir
y’a pas d’embauche pour les voyous

y’a pas d’école pour délinquant
tu pourrais sortir d’H.E.C
t’as vraiment pas l’air innocent
t’as le tampon de ta cité

brodé sur ton curriculum
j’ai plus envie de travailler
j’ai plus du tout confiance en l’homme
je grille les tiges du condamné

je deale du plaisir synthétique
je brasse des savons dans les caves
ma clientèle est atypique
junkies pathétiques et esclaves

triquars et bourgeois apathiques
prêts à dénoncer père et mère
si ça peut rapporter du fric
pour se payer mes somnifères

les extas sont abrutissants
le tosh coupé 200%
la coke sent même le détergeant
mais le business est incessant

j’attends impatiemment mon tour
d’abandonner ce trou à rats
où tu peux pas crier au secours
sans finir au commissariat

ma vie est une capoeira
qui tomberai-je au prochain round ?
je prends des cours de close combat
je sens la rage en moi qui gronde

quand je sors claquer des lovés
tilt à ma face de loup garou
embrouilles, vigiles, contrôles, papiers
pas d’extra ball pour les zoulous

vision paranoïaque
schizophrène et sans loi
d’un monde en cul de sac
où le pitbull est roi

je ne sais pas combien s’entassent
d’assassins dans ces corridors ?
890 palaces
dans 10 bâtiments - c’est la mort !

22 étages : ça prend de la place !
on dirait pas, mais ça fait de l’ombre
une ombre crûe comme une menace
un vautour autour de décombres

combien de furieux dans ces cages
s’enferment avec leurs carabines ?
prêts à risquer la prise d’otages
au moindre bruit, même en sourdine

combien de miss monnaient l’hymen ?
combien de rapace et de hyènes ?
pour un fix, un casse, une peine
qui franchira la ligne ?

la mairie construit un terrain
aggloméré, rectangulaire
une aire de jeu pour les gamins
tout en ciment, le reste en fer

les derniers travaux de surface
nous font marrer, tu les verrais
crois-tu que le béton remplace
des jardins, des champs, des forêts ?

le maire, élu depuis 15 ans
je l’ai jamais vu en personne
je capte vraiment pas ces gens
qui vont voter pour un fantôme

quand TF1 tire à la Une
le parfait portrait du posse
je me demande combien de tunes
gagnent sur nos dos ces nazis ?

paraît qu’on est sur assistés
qu’on peut oualou pour les cités
qu’on va quadriller les quartiers
assurer la sécurité

paraît qu’on est pire que sauvages
juste bons à tourner des cailles
le cauchemar du voisinage
qu’on désintègre à la mitraille

la vue d’un schmitt ou d’un corsage
ça nous rend barges et criminels
le jeune au pays du chômage
ça fait longtemps qu’on l’a à l’œil

paraît qu’on a tort de se plaindre
on a des allées, des platanes
mais y’a pas Matisse pour les peindre
dans ma banlieue : y’a pas Cézanne !

faudrait qu’un peintre soit dément
triste à chialer plus que tu penses
pour venir croquer nos tourments
et pour partager nos errances


Mercredi 11 novembre 2009


nonchalamment, elle a forcé sa porte
délicatement, il a grillé ses rêves
elle a tourné la tête aux liqueurs fortes

âme, homme ou amant, que lui importe
hier elle dansait, dansait -olé ! la fièvre
et les latins lover au corps accorte

Darling, il est fort, il est dingue, tu flingues
Darling, te désire, sur le ring, bang bang

sur la piste, froissé, point de suture
qui ne peut plus cacher comme il crève
une fleur amochée par l’écriture

elle a laissé sa porte entrouverte
à l’aventure, elle a joué ses lèvres
un halo de sa peau découverte

Darling, il est mûr, il est dingue, tu flingues
Darling, te désire, se déglingue, bang bang

âme, femme ou maligne, féline
hier elle dansait, dansait - o les signes !
son déhanché, branché, j’imagine

Darling, il est pur, il est dingue, tu flingues
Darling, te désire, le dézingue, bang bang

Bon d'accord, je tourne un peu autour du même thème, mais je l'aime, celle là.

PS : allez sur le myspace de Narine et Léonie (en lien) c’est de la balle +++


Vendredi 6 novembre 2009

 

J’ai encore perdu mon cœur.

Où j’ai bien pu le mettre ? Oh, dans ton immeuble ! Je l’ai laissé seul !

Tu me jures de garder un secret ?

Mon cœur et moi sommes ninja. Nous avons l’art d’être des chats. Nous ronronnons, langoureusement, durant des heures. Dessous tes draps. Nous t’accordons notre pelage, pour te dire notre joie. Nous baillons de bonheur. De reconnaissance. Passionnés par tes yeux. Tes cils. Te griffant, toujours un peu. Quand la nuit sombre. Nous nous levons pour dîner, à la bougie.

Notre iris s’illumine.

Notre instinct nous rappelle à nos devoirs félins.

Courir les toits ! Battre campagne ! Prendre la vie ! Convier la lune à nos festins ! Notre destin ? Renaître, chaque fois, de nos virés terribles. Nos escapades à perdre haleine. Retrouver le sentier.

Dans nos rires, que tu n’entends pas, des regrets parfois. Pleurer tes doigts.

Épris d’indépendance. Et suppliant ta beauté. Il arrive que nous nous séparions. Lui, demeurant chez toi, silencieux. Tapis sous un meuble. T’observant te dévêtir. A moi. Le goût du sang. Prédateur des étoiles. Ennemi des lumières. Ruant. Croquant. Tuant. Sans bruit. Défiant ton bon sens. D’une ruelle à l’autre, invoquant la mort, dans un brouillard nacré.  Auprès d’un cimetière. Respirant ton dernier souffle, aux pâles rayons du crépuscule.

C’est l’aube.

Loin de ta fontaine d’eau de pluie. Et de son réverbère. Tu te réveilles. J’ai perdu ma route. Je te devine t’étirer, te toiletter, partir. Vaquer à ton ennui. Humaine. Je ressens tes doutes.

Où est le chat ? Est-ce que tu le connais ? Me croiras-tu ? Le vin trompe. Miaulant, je parcours les trottoirs. Je veux retrouver ton lit, ton âtre doux. Le bord de ta fenêtre. Malgré mes moustaches, alertes - et mes bonds, agiles, je chancelle.

Et ces bras qu’on me tend. On m’attrape. Je ne me défends pas. Elle est si belle. Paraît fragile. Sur le pas de sa porte, elle veut me pendre au cou de son âme en mal de vivre. J’effleure sa poitrine. Elle sent la rosée. Son sein me caresse. Son geste va et vient, entre mes deux oreilles. Sensibles. Ses ongles se crispent sur mon poil gris.

Un instant, je m’apaise. Sitôt qu’elle a finit, je repars à la chasse.

Car j’ai perdu mon cœur. Sur le chemin de tes sens.

Quand vais-je te revoir ? S'il te plaisait de me garder. Dans ta cage d’oiseau. Pour m’écouter chanter. Je t’imagine m’apprivoiser.

Lui, hérissé de crainte et de désir.

Moi, à mesure que le jour flambe, le soleil me dardant d’épines. Zigzagant entre les gens. Me méfiant des voitures. Égaré, dans la cohue des femmes. Et des ombres.

Je devrais me cacher ! Je voudrais t’appeler ! Je ne sais pas rugir ! Je ne peux pas dormir !

Où as-tu mis mon cœur ?

+++ filou


Dimanche 1 novembre 2009

La poésie traverse la réalité. Elle est mensonge, qui conte une vérité. Pareille à la fièvre, elle m'appelle à vivre. Comme si mourir après... Quelques réécritures:

à la Salamandre
samedi matin
corset de satin
femme au fond de teint

jeune cœur à prendre
promesse d’esclandre
piments et coriandre

à la Salamandre
murs à moitié peints
après-midi plein
de tout et de rien

de nos assauts tendres
jolies peines à pendre
baisers sertis d’ambre

à la Salamandre
troquet libertin
entre le destin
comme le soir vient

sans se faire attendre
boire et se détendre
nos braises répandre


à la Salamandre
ta chute de reins
tes lèvres tes seins
si je comprends bien

émeraudes à vendre
plantureux méandres
gracieux corps à rendre

à la Salamandre
dimanche matin
décuve le vin
oubli opportun

je dois me méprendre
et toi de me fendre
le cœur de prétendre

qu’à la Salamandre
troquet reptilien
c’est pour ça qu’on vient
pour ça qu’on revient

de mars à décembre
se prendre où se cambrent
les culs et les membres


Dimanche 1 novembre 2009
[ Ulysse ]


y’a pas de lové sans complice
ni sang ni peine sans sacrifice
Ulysse s’est cassé sur lui glisse
le chant des sirènes de police

y’a pas de lové sans complice
Ulysse a tracé in extremis
la malle s’est fait, la valise
deux balles a laissées dans l’pare brise

le plan a marché jusqu’ici
on œuvrait chez de vrais bandits
le coffre a flashé, d’agonie
un cri a lâché, on s’est enfui

d’odeur de poudre s’est remplie
la rue, de foudres assorties
pour nous absoudre, les képis
viennent en découdre, petit, petit…

ils ont des flingues, des fusils
qu’ils ont brandis sans préambule
on est des dingues inassouvis
comme on dit des têtes de mules

il est nom d’chien pas né celui
qui nous f’ra cracher la pilule
il est nom d’chien pas né celui
qui f’ra un crochet en cellule

y’a pas de lové sans complice
pas de coup mauvais sans justice
pas de cerveau sans entreprise
pas de liberté sans devise

y’a pas de lové sans complice
pas de héros sans couardise
pas de magot qu’on n’dévalise
ni de gâteau sans sa cerise

la courroie hurle, le volant geint
la nuit, la pluie, font des émules
les keufs reculent, bravo l’engin
comme il vrombit, le véhicule

Ulysse me signe le chemin
d’instinct je suis chaque virgule
nous sommes unis telles les deux mains
d’un même destin de funambule

le traître feinte, je reste dupe
les flammes encerclent la partie
la tension moite, monte, décuple
l’infâme a bâclé sa sortie

poker menteur sur fond d’arnaque
bluff et patchaque sont de la passe
la rue se tord en cul de sac
les flics nous piègent dans l’impasse

Ulysse s’expulse de la voiture
le rythme tape dans mes tempes
il se retourne, et d’une injure
vide son gun, puis il décampe !

y’a pas de lové sans complice
peu de complices qu’on ne trahisse
faudrait toujours douter, Janis
avant d’sauter dans le précipice

y’a pas de lové sans complice
nulle malice qui ne tarisse
ils t’ont coincé, pauvre Janis
par surprise s’est cassé Ulysse

le moteur claque et j’ai des crampes
mon pactole vole vers d’autres azurs
brusque, je braque – et de la trempe !
la bagnole file à folle allure

tremblant sous toutes mes coutures
la caisse, comme dans un polar
boule d’acier dans les ordures
finit sa course dans un bar

-coma-

y’a pas de lové sans complice
si un jour vous croisez Ulysse
au nom du père, au nom du fils
faites-lui la bise au nom du vice

y’a pas de lové sans complice
si un jour vous plantez Ulysse
faites-lui la nique et que lui pisse
le sang par tous les orifices


Dimanche 1 novembre 2009

y’aura toujours décembre / pour succéder novembre / et toujours février / qui survivra janvier

dans un square enneigé / un soir, jolie frimousse / tu viendra abréger  / ma repentance douce / tu viendra m’ériger / à six pieds sous les arbres / sous les stèles de marbre/ un abri, pour songer

à ce mois de décembre / qui succède à novembre / qui précède janvier / qui crève en février

peut-être qu’un lundi / en fin d’après midi / dans tes bras de Cassandre /quelqu’un qui sait s’y prendre / quelqu’un qui veut s’étendre / au ciel, par trop tenté / viendra se laisser pendre / à ton décolleté

un vieil ombre flambeur / qui, jadis encensé / par tes lèvres en cœur / reviendrait t’enlacer / un compadre sans peur/ que t’as pas oublié / ce souvenir, ma sœur / d’amour particulier

y’aura toujours décembre / pour dessouder novembre / et toujours février / pour ambiancer janvier

quand fermeront mes yeux / d’une fenêtre grande / ouverte sur ton lit / au jardin interdit / le poème maudit / désignera le feu / ton corps comme une offrande / une orange en décembre

y’aura toujours janvier / pour rappeler décembre / y’aura toujours novembre / pour remuer les cendres

et puis viendra l’été / et puis viendra l’été / et sa légèreté...

au courant du mois d’août / les messes seront dites / les preuves seront cuites / à tes joues de cajou /

et tes amours sans sweat / dont on voit pas le bout / tes cils, sans point de fuite / vacants entre deux moues

reviendront m’effleurer / et tes seins mordorés / et tes fluides salés / ta salive au bon goût / viendront s’évaporer / de mon torse andalou

pour combien de jaloux / surinés sans tabou / me vaudra le bonheur / de te revoir ma sœur ?


Dimanche 25 octobre 2009

Je voulais les poster hier, car ils vont avec le poème précédent (qui devrait être le premier) mais ils ne sont pas passés. Donc, les voilà. Ne me demandez pas pourquoi, écrire urge, en ce moment. D'autres (du même tonneau) à suivre, la semaine prochaine +++ filou

je suis un gentilhomme

j’ai pas volé mon homme

sur le fil du rasoir

du bar je vais m’assoir

 

je suis un gentilhomme

ne dois rien a personne

mais quand y’a la bagarre

je ne suis pas en retard

 

je suis un gentilhomme

je parle et je raisonne

mais quand je sens venir

dans un éclat de rire

 

je suis un gentilhomme

de l’école autonome

j’ai pas peur du trottoir

j’fais mêm’ peur aux anars

 

je suis un gentilhomme

avec un chapeau noir

et un cœur métronome

et un corps de guitare

 

je suis un gentilhomme

dans ma ligne de mire

les canons qui résonnent

les beautés qui s’étirent

 

je suis un gentilhomme

personne de me dire

ce que c’est qu’être un homme

je suis un être à part

  

je suis un gentilhomme

tristesse de savoir

ce que mon cœur accroire

de ton amour, à boire

Patron

patron, c’est la dernière

j’vais finir à l’envers

 

patron, c’est la dernière

dans la rue on m’veut plus

 

patron, c’est la dernière

mon amour, ma misère

 

patron, c’est la dernière

mon ami, mon frère

 

patron, c’est la dernière

elle est partie, je l’envie

 

patron, c’est la dernière

elle s’est enfuie, ma vie

 

patron, c’est la dernière

je m’en vais, je pleure

 

patron, c’est la dernière

du mauvais payeur

 

patron, c’est la dernière

au cimetière, mon père

 

au cimetière, mon frère

ma sœur, et ma mère

 

sur ma tombe de gangster

pleurèrent, pleurèrent

(bis)


Samedi 24 octobre 2009

Is a broken heart. Jean Leloup... J'adore cette toune.

j’arrive plus à dormir

j’arrive plus à manger

j’arrive plus à sourire

je ne sais plus pleurer

 

j’arrive pas à mourir

ni à vivre ou changer

j’ai besoin de te dire

je ne peux plus bouger

 

je ne veux plus maudire

et ne mendie l’ave

je ne sais plus écrire

que ton nom à crever

 

je ne veux que désir

ne souhaite que plaisir

à ton cœur assouvir

je veux t’entendre jouir

 

peut être que tu crois

aux chimères d’un jour

ou peut-être est-ce moi

qui doit passer mon tour ?

 

peut être que tu veux

juste vivre, après tout

est-ce facile ou mieux

que d’être amoureux fou ?

 

j’arrive plus à rêver

je suis pas vraiment drôle

je ne peux te prouver

je ne tiens plus mon rôle

 

je joue pas des épaules

les ailes, je les ai

je connais les étoiles

Lune m’a consolé

 

toi, tu crois un ailleurs

où le mot serait rire

je pâlis, comme j’ai peur

j’ai ton âme en délire

 

je ne cherche que d’or

et ne verbe qu’aimer

ne chéris que ton corps

moi, qui n’aime jamais

 

lors, je sombre à mon encre

comme dans les années folles

je redeviens le cancre

du banc de mon école

 

je m’abîme à ton ancre

et je nage à l’envers

je redeviens mon autre

je redeviens la guerre

 

je ne veux que désir

ne souhaite que plaisir

à ton cœur assouvir

je veux t’entendre jouir

 

je veux t’entendre vivre

je veux te revenir

te tenir comme un livre

ne plus te voir partir

 

mais peut être que deux

diamants, sur un bijou

c’en est trop pour les yeux

ça ne vaut pas le coup

 

mais peut être que je

tomberai à genou

ou peut être est-ce mieux

que d’être amoureux fou ?


Dimanche 4 octobre 2009

 

casser mon cœur

à l’intérieur

je l’ai cassé tout seul

 

toujours l’amour

qui joue des tours

aux gamins pleins d’orgueil

 

je n’ai pas vu

lorsque tu m’as élu

chevalier de ta vertu

 

je n’ai pas vu

lorsque je t’ai déplu

je n’ai rien senti non plus

 

casser mon cœur

à l’intérieur

étouffer la douleur

 

toujours l’amour

qui fait la cour

aux oiseaux de malheur

 

je n’ai pas su

modérer mes remords

et je t’en ai trop voulue

 

je n’ai pas su

rattraper mes erreurs

je t’avais déjà perdue

 

casser mon cœur

au mauvais sort

j’ai sauté les pieds nus

 

toujours l’amour

crie au-secours

jamais de retenue

 

je n’ai pas pu

quand ton désir s’est tu

j’étais un vrai vampire

 

je n’ai pas pu

à ton âme j’ai bu

tu ne m’as pas vu venir

 

casser ton cœur

comme un accord

à ma corde pendu

 

casser ton cœur

et ton amour

contre mes idées reçues

 

tu n’as pas ri

quand tu m’as dit salut

j’avais du mal à croire

 

tu n’as pas ri

o - j’espère que tu

verra le bout du couloir


Dimanche 4 octobre 2009

Al

Alors, comme ça, ça va ?

j't'avais pas oubliée

ça fait longtemps, déjà

j’t’avais un peu pliée

dans un coin d’ma mémoire

qui ressort que le soir

la nuit, quand j’suis dans l’noir

enclin au désespoir.

 

Alors comme ça, tu r’viens ?

j’t’ai déjà pardonnée

tu vois, ça sert à rien

de remuer la plaie

j’dis ça, sans trop y croire

l’pardon, c’est qu’un moyen

d’éviter les histoires

d’épancher mon chagrin.

 

Alors comme ça, tu peins ?

t’es devenue artiste

tu vois, moi j’fais du pain

puis j’ai quitté la piste

toi, du soir au matin

tu manie les couleurs

moi, j’chéris mon levain

j’lui trouve un goût de fleurs.

 

Comme ça tu dis, comme ça !

qu’le bonheur est partout

j’réponds couci-couça

qu’il va me rendre fou

dés fois, dans ma p’tite chambre

un fantôme, dans l’ombre

m’envoie des regards sombres

c’est fou c’qu’il te ressemble.

 

Il parait qu’tu vas bien !

qu’ta vie c’est du sirop

qu’ton mec est plein d’entrain

j’suis toujours à zéro

les filles devront attendre

que j’renaisse de mes cendres

j’ai vraiment pas d’quoi m’plaindre

encore un an, il m’semble.

 

Je me souviens, guerrière !

quand je t’ai rencontrée

t’avais pas d’partenaire

tu voulais plus t’montrer

un punk t’avait fait souffrir

j’voulais t’en libérer

tu vois, c’est bien d’le dire

c’est dur à assumer

 

J’nous r’vois, mélancoliques !

comme si c’était hier

nos défauts et nos tics

nos mauvaises manières

tes qualités magiques

tes paroles engagées

tes caprices exotiques

ne m’ont jamais quitté.

 

Tu t’rappelles les chemins ?

toutes ces routes qui défilent

ensemble, main dans la main

nos baisers juvéniles

l’innocence d’une idylle

nos rêves de gamins

les stops de ville en ville

du jour au lendemain.

 

Tu t’rappelles de mon chat ?

qu’aimait trop la campagne

qui vit comme un pacha

la -haut dans la montagne

de notre caravane

où on n’avait pas d’douche

de nos voisins les ânes

et leurs amies les mouches.

 

Tu t’rappelle des hivers ?

et des printemps superbes

quand on se souciait guère

de nos mines en herbes

je sais : y’a beaucoup de bières

qui m’ont collées aux lèvres

tu sais, j’en suis pas fier

j’en ai encore la fièvre.

 

Pour sûr, j'ai déconné !

quand tu t’faisais la belle

mais durant ces années

j’te suis resté fidèle

et fidèle à moi-même

même si c’est le contraire

je ne suis pas la crème

de c’qu’on fait d’mieux sur terre.

 

Allez : t’éternise pas !

les souvenirs font mal

fais-moi la bise et vas

j’veux pas t’briser l’moral

vas t’en rejoindre ton graal

j’espère qu’il t’aime, au moins

si tu te fais la malle

n’hésite pas : j’suis dans l’coin.

 

C’est vrai qu’on s’est tout dit !

tu f’rais mieux d’repartir

comment va mercredi 

samedi va s’repentir

et dimanche a raison

la vérité : je tremble

j’ai vingt-six ans-maison

qu’est-ce qu’on est, fin décembre ?

 

N’oublie pas ton manteau !

j’voudrais pas qu’t’attrapes froid

dehors c’est plein d’cristaux

de neige, enfin je crois

j’crois qu’il y a ton héros

qui t’attend dans la rue

salue-le comme il faut

désolé moi j’sors plus

 

Vas t’en, ma terre est p’tite !

mon monde n’ est pas géant

si jamais on est quitte

reviens m’voir en passant

au cas ou ton grand cœur

aurait besoin d’un gîte

cherche pas quatorze heures

n’oublie pas ou j’habite !

 

C'est clair, j'suis casanier !

je voyage plus souvent

les galères m’ont saigné

les veines aux quatre vents

ici, j’ai du travail

t’es libre de tes pas

avance, vaille que vaille

ne te retourne pas.

 

Je savais qu’le passé,

c’est pas bon à r’ssasser

j’en à peine assez

que tu dois te casser

écoute, juste un instant

ça fait vraiment plaisir

de causer du bon temps

et de te voir sourire.

 

allez casse-toi, p’tite sœur !

t’as raison d’être heureuse

de croire en ton bonheur,

moi, j’ai les idées creuses

j’ai l’humeur ténébreuse

la pensée vénéneuse

casse-toi, c’est déjà l’heure

et pense à moi, sister.

 

Comme ça, on s’sert la main ?

faut pas trop tenter l’diable

j’te souhaite que des câlins

que des choses agréables

moi, je reste dans mon antre

le pain vient de cramer

et puis, j’ai mal au ventre

c’est pas grave, j’m’en r’mettrai.

 

Comme ça, j’te laisse partir !

j’regarde par la fenêtre

j’aurais tant voulu t’dire

que j’t’aime, plus que peut-être

qu’ça sert à rien d’courir

autour de la planète

quand l’amour te désire

juste au pas de ma porte.

 

Alors comme ça, ça va ?

j’t’avais pas oubliée

ça fait longtemps, déjà

j’t’avais un peu pliée

dans un coin d’ma mémoire

qui me protège, le soir

du chaos et du noir

aussi, du désespoir.


Dimanche 4 octobre 2009

 

ma belle je t’écris

pardon si je te blesse

ma belle je t’écris

une lettre que je laisse

ma belle je t’écris

et je pars sans rien dire

ma belle je t’écris

ce que j’aurais dû te dire

 

plus jamais mon cœur

prisonnier ne sera

non jamais mon cœur

de prisonnier ne fera

 

nous étions unis

pour le meilleur et le pire

nous étions unis

par les larmes et les rires

nous étions unis

par la force du désir

nous étions unis

pour les tempêtes avenirs

 

plus jamais mon cœur

prisonnier ne sera

non jamais mon cœur

de prisonnier ne fera

 

ma femme je t’aimais

chaque jour le prouvait

ma femme je t’aimais

tendrement désirée

ma femme je t’aimais

par ton être attiré

ma femme je t’aimais

t’aurais-je trop rêvé ?

 

plus jamais mon cœur

prisonnier ne sera

non jamais mon cœur

de prisonnier ne fera

 

où sont les années

jolie poupée de cire ?

où sont les années

de tes joyeux sourires ?

où sont les années

qui égaillaient ma lyre ?

où sont les années

perdues dans tes soupirs ?

 

plus jamais mon cœur

prisonnier ne sera

non jamais mon cœur

de prisonnier ne fera

 

ma reine je t’aimais

comme un précieux trésor

ma reine je t’aimais

je chérissais ton corps

ma reine je t’aimais

mais ton amour est mort

ma reine je t’aimais

je t’aimerai encore

 

plus jamais mon cœur

prisonnier ne sera

non jamais mon cœur

de prisonnier ne fera

 

ma fleur je me trompais

par ton cœur ébahi

ma fleur je me trompais

j’étais au paradis

ma fleur je me trompais

souvent femme varie

ma fleur tu me trompais

avec mon ami

 

plus jamais mon cœur

prisonnier ne sera

non jamais mon cœur

de prisonnier ne fera

 

ma belle je t’écris

face au soleil levant

ma belle je t’écris

mes cheveux dans le vent

ma belle je t’écris

pleureront tes amants

ma belle je t’écris

que je t’aimais vraiment

 

plus jamais mon cœur

prisonnier ne sera

non jamais mon cœur

de prisonnier ne fera


Dimanche 1 février 2009
[ 25000 ]

 

On était vingt cinq mille, jeudi à Perpignan, pas très bruyants mais nombreux (comme une colère sourde) deux millions cinq dans toute la France, onze mille en Guadeloupe. Certes les revendications divergeaient, mais elles se rencontraient quand même en un point : salariés, chercheurs, étudiants, usagers, tous n’en peuvent plus de la politique dirigée par ce président qui n’écoute que lui.

 

Je suis content de ne pas avoir la télé.

 

Au fait, je n’ai plus de ligne internet chez moi, et je m’ennuie de ne plus vous écrire souvent. Je débute mon stage long lundi à sept heures (à sept heure vingt / à cette heure vaine / mange mon pain / mange ma peine) en protection de l’enfance. Ce mois d’IRTS m’a de nouveau crevé, j’espère que je retrouverai vite un semblant de forme. En attendant, j’ai commencé à trier mes liens z’amis, dans le but de refaire leur mise en page et d’en ajouter, mais c’est fastidieux et ça prendra du temps…(le tiers du boulot est fait)

 

Tiens, je crois que c’est le truc le plus triste que j’ai écrit depuis des lunes : je suis incapable de juger si c’est bon mais je l’avais sur le cœur - à vous de dire…

 

Le secret

 

le soir est pas sûr

le soleil est trop fort

j’range la voiture

auprès d’un arbre mort

un tas de factures

sur le tableau de bord

je les rature

d’un trait qui vaut de l’or

 

j’ouvre la porte

pour aérer un peu

les mouches sortent

dans l’odeur de mes pneus

comme une alarme

je fonds en larmes

comme une alerte

brûle tes lettres

 

pourquoi la vie

n’a plus goût d’interdit ?

pourquoi ma vie

goûte l’ennui ?

 

tombe la nuit

je rentre à la maison

tombe la pluie

la ligne d’horizon

j’ouvre la porte

les années mortes

l’heure des aveux

le pot au feu

 

tu as compris

mais tu ne m’as rien dit

tu as prédit

la fin de nos envies

tu m’as dessoulé

tu m’as consolé

je t’ai oubliée

je t’ai oubliée

 

pourquoi la vie

n’a plus goût d’interdit ?

pourquoi ma vie

goûte l’ennui ?

 

pourquoi l’usine

a renvoyé ses hommes ?

pourquoi Martine

as-tu viré ton homme ?

est-tu tombée

dans mes bras par dépit ?

est-tu tombée

comme la pluie

 

pourquoi la vie

n’a plus goût d’interdit ?

pourquoi ma vie

goûte l’ennui ?

 

minuit résonne

je vais sur le balcon

les cloches sonnent

j’ai fait le con

les gosses ont grandi

ils sont partis

c’est la folie

qui m’a conduit

 

pourquoi la vie

n’a plus goût d’interdit ?

pourquoi ma vie

goûte l’ennui ?

 

pourquoi la mort

qui me traine dehors

se joue de mon sort ?

ne frappe pas mon corps ?

 

vient le matin

je n’ai pas dormi

comme le train

la vie fait du bruit

je prend les factures

je prends la voiture

je m’en vais c’est sûr

jusqu’à ce soir

 

viendra midi

et son soleil maudit

viendront sept heures

fermer mon cœur

le ciel plombera

le soleil patatras

je brûlerai mon or

comme un trait du sort

 

et je rentrerai

et je te dirais

je t’aime encore

je t’aime encore

 

à +++filou


Dimanche 2 novembre 2008

 

Avant que les étangs ne gisent gelés, je vous poste un truc que j’avais écrit près d’un fleuve tranquille, du côté de Baie Saint Paul, et qui donne une suite au précédent machin intitulé l’île d’Orléans que j’ai publié plus bas (... à ne pas lire au premier degré, quoique...) +++ filou

 

Le balcon vert

 

les fleurs ont échoué leurs pétales

démontées de leur piédestal

les polissonnes automnales

sur le pavé sont très banales

 

les vignes ont perdu leurs sarments

leurs feuilles et tout leur équipage

ont déserté au firmament

du vent délivrant les nuages

 

les oies sauvages volent en criant

les cormorans vont à la nage

y’a t’il vraiment un océan

au bout des lèvres de la plage ?

 

les corbeaux ont le souffle court

depuis qu’le champ s’est fait la malle

leurs légions n’ont aucun recours

sauf la basse cour, mon caporal !

 

sur les flots ronquent les bateaux

ancrés le temps d’une accalmie

ils reprendront la mer tantôt

les marées hautes l’ont promis

 

les bateliers parlent d’argent

la gloire des quais les fait mentir

les établissements piégeant

leurs derniers sous - ils vont partir

 

les bars font les portes ouvertes

comme des offertes entrejambes

l’amène bière est toujours prête

à être aimée, pourvu qu’on flambe

 

la ville engraisse ses agneaux

passant en paix – les pieds dans l’plat

les gouttières emprisonnent l’eau

dans les bras des toits des villas

 

les maisons ont des briques rondes

cachant à peine leurs formes nues

dans les salons - que du beau monde

autant de charmantes inconnues

 

les femmes ! les femmes ont le parfum

de l’aventure et la peau fine

des soies de Chine, le sein indien

ces dames ont la larme câline

 

ces dames ont la larme coquine

le tourbillon qui les étreint

ressemble à la brise saline

qui caressa nos mains

 

et moi, c’est décidé

j’arrête le L.S.D

j’deviens végétarien

enfin, j’en sais trop rien

 

 

Au fait : décidément mes problèmes de sous ne font qu’empirer (et j’ai encore un an et demi à tenir ce rythme) si quelqu’un avait un plan pour taffer au noir, le week-end à Perpignan, et s’il pouvait me le dire ici, ou m’envoyer un courriel, ce serait sympa… filou

 


Mercredi 22 octobre 2008

 

dans la grisaille

un poème naît

un grincement de rail

le fruit de mes entrailles

sous la mitraille

une fleur fanée

un pétale émaillé

un oiseau blessé

que tu t’en ailles

je le relirai

ce poème imparfait

que je voulais brûler

fétu de paille

je le jetterai

du haut d’une muraille

pour ne pas le froisser

 

dans la grisaille

un poème naît

un éclat de métal

le fruit d’une bataille

que tu t’en ailles

et je t’aimerai

comme on aime le mal

et les oiseaux blessés

vaille que vaille

je continuerai

des fois que tu reviennes

me réveiller

viennent que viennent

les joies et les peines

où sombreront les tiennes

je coulerai les miennes

 


Vendredi 17 octobre 2008

 

J’ai rajouté quelques liens que j'ai à cœur de partager, il suffit de cliquer sur les liens z’amis de "materrea2lunes" un peu à gauche, voilà, comme ça. .. Sinon j’ai scanné en deux fois un dessin que j’avais fait en début d’été, mais je n’arrive pas bien à faire ressortir les couleurs, dommage -et du coup je m'apperçois que monblogue ne les affiche pas (une prochaine fois...) et j’ai extrait de ma malle un vieux truc, que je poste, parce que ça fait du bien de s’envoyer des fleurs quelquefois (non, sérieux, je n’écris plus comme ça, c’était une période où je me relisais beaucoup trop, j’étais jeune). A tantôt, Filou.

 

légendes

 

(je dit que des adultes ont perdu la raison

qu’en voulant la bâtir il ont fait leur prison

je dit que leurs dents dures sont comme leur cœurs, usés

à force de creuser, qu’ils font face à un mur

 

je dit que les enfants dans les glaces infinies

de leur space opéra tutoient les éléments

je dis que carrément, et c’est très important

de traverser les rêves - au fond les interdits…)

 

je dis que les chanteurs sont comme les enfants

‘faudrait toujours en chœur, qu’on leur donne le La

 

je dis que les auteurs sont comme les oiseaux

et qu’ils crèvent de peur quand on s’approche trop

et qu’ils crèvent le sens quand on a plus de mot

qu’on a brûlé l’essence et qu’on a plein le dos

 

je dis qu’ils coagulent où saigne la beauté

que leurs pavots se frottent aux herbes des sentiers

qu’ils défrichent un terrain qu’on a pulvérisé

dans leurs cerveaux : l’amour, aux genoux cabossés

 

je dis que les poètes habitent la banquise

des ours affamés, des tigres sibériens

des trophées légendaires qu’on nomme avec estime

impressionnants et rares, aussi, qu’on assassine

 

qu’ils finissent empaillés dans les bibliothèques

ahurissants captifs de cirques littéraires

 

je dis que leur désir éternel est mortel

et qu’il va embraser l’horizon suffoquant

les livres consacrés, les lèvres des squelettes

les regards occultés à contempler le gel

 

je dis que leurs visions s’entrechoquant provoquent

la chute imprévisible de corps errants, célestes

et parfois le vertige, et parfois le déluge

sous des bordées de sable et des cordes de sel

 

je dis que ces enfants sont comme les comètes

qui font tourner la tête aux mathématiciens

je dis qu’ils ont raison de pleurer leur Eden

peuplé de musiciens, de trapèzes et de clowns

 

’faudrait qu’on applaudisse à leurs tours de magie

et qu’on les remercie pour leurs invocations

‘faudrait que les adultes aient vent de leur folie

que nos passions se hissent, et que nos vies résonnent

 

(nous resterons enfants et plus rien ni personne

ne saura nous blâmer d’être comme nous sommes)

 


Mardi 14 octobre 2008

 

Je me permets de publier, dans sa forme première, le poème que Tenebrum Draco a sympathiquement mis sur son blogue, car finalement, il date un peu, mais je l’aime bien Et il reflète assez mon état d’esprit de l’époque. Si des chums de Saint Jean passent ici par hasard, qu’ils me laissent un message avec un courriel, j’aimerai vous revoir. Mille fois merci. Bonne nuit. Filou.

L'île d'Orléans

Voiles sur le Saint Laurent
Déjà minent de partir
Au soleil d'été mourant
Les érables vont rougir

Dans les herbes les grillons
Qui tantôt vont s'endormir
Aux sons d'humbles carillons
Semblent vouloir retenir

Quelques gouttes d'élixir
Quelques délicieux zéphyrs
Et les rayons qui s'étirent
Et les vagues de frémir

Sous la brise d'automne
Emportées par la houle
Aux flots du fleuve donnent
Comme la chair de poule

Voiles sur le Saint Laurent
Déjà minent de partir
Au soleil d'été mourant
Les érables vont rougir
...

Avec mes yeux plissés qui continuent de voir
Sous le soleil, ce lion, qui domine l'azur
Avec l'esprit géant, brûlé de désespoir
Qui transcrit en pensées songes et larmes pures

Et vos saines joies blondes, et vos doigts de velours
Avec, ma chère, votre amour jusqu'au bout du monde
...

A sept heures, le ciel se penche sur le fleuve
Quand l'eau se laisse aller, dans ses bras sans nuage
Le ciel, dans son reflet respire, ses effluves
Ivres, sensiblement, embrasent le rivage

Le vent, devenu frais, s'étire en effleurant
Les rouges amants doux, bientôt pourpres et oranges
L'astre, qui tout le jour, comme s'évaporant
Parsemait les flots saouls de libellules étranges

Récite maintenant, faiblement, en douceur
En s'évanouissant, quelques vers en couleur

Puis, les cloches brûlantes, criantes, alarmées
Séparent virulentes, leur étreinte brillante
Les romances indolentes et les soupirs charmés
Sonnent les insolentes, la lune concurrente

Le soleil, rugissant, s'incline sous l'éther
Reprend nonchalamment ses rayons, et la terre

Immense, refroidie, dans les ténèbres noires
Tremble d'abandonner son amoureux céleste
Plus tard, la nuit experte en matière de loirs
L'écoutera dormir, sans demander son reste

Un ferry égaré, aux machines bruyantes
Aux cales débordées d'exotiques féeries
Imprimera au fleuve une vague effrayante
Qui n'indiffèrera que les chauves-souris

En haut la lune luit, boule de feu, bougie
Survole éblouie, la côte d'Haïti


Samedi 20 septembre 2008

 

le temps, le vent portent les feuilles

de mes dix sept ans révolus

l’amour, la joie, le bruit, les filles

Marie Christine, que je salue

 

mon cœur est noir et volatil

par effraction, le monde est neuf

je veux m’encanailler des villes

avec la nuit, avec la teuf

 

y’a Greg qui m’invite à clamser

à minuit pile sur sa bécane

si ça marche pas, c’est juré

on ira s’exposer le crâne

 

qu’est-ce qu’on a fait de nos symboles

quand on ne va plus à l’école

qu’est-ce qu’on a fait de pas sensé

quand on a quitté le lycée

 

le temps, les plaies portent les croûtes

de mes dix sept ans résolus

je me revois près d’une route

j’aimerai crever dans la rue

 

les punks ont le droit de cité

chez Mamy, le bistrot s’emplit

de désordre et d’âcre fumée

de nos désirs, de nos envies

 

on prend des cuites dans les parcs

et on se fout de bien parler

on a des allures de monarques

désenchantés, désopilés

 

qu’est-ce qu’on a fait de nos amours

quand on ne va plus dans la cour

qu’est-ce qu’on a fait de nos excès

quand on a quitté le lycée

 

le temps, la vie portent le mal

de mes dix sept ans désœuvrés

de l’allégresse, du métal

des cicatrices pour de vrai

 

les théorèmes sous les grands chênes

la poésie pour mettre en scène

la débâcle, mon général

le corps et l’âme en diagonale

 

personne n’a jamais gagné

mais c’est au combat qu’on grandit

qu’est-ce qu’on en fait, de nos cahiers

mon vieil ami, qu’est-ce qu’on en dit

 

qu’est-ce qu’on a fait de nos idoles

quand on ne va plus à l’école

qu’est-ce qu’on a fait de nos idées

quand on a quitté le lycée


Mardi 24 juin 2008

 

Ça mérite peut-être une explication de contexte : D’abord, j’arrivais pas à dormir. Ensuite je revenais de la fête de la musique où j’en avais pris plein les oreilles, pour le plus grand bien de mes typans. Puis comme je m’étais attardé au spectacle du rappeur R-Can, dont les z’icos étaient excellents, et qui a réussi une impro de fou sur son dernier morceau, suivi d'un pur régal de funk, je me suis mis en tête de faire rimer des « angues » et des « ingues ». Mais comme j’étais quand même un peu ramasse en rentrant, j’ai laissé mon ordi choisir sa musique, et il est tombé sur Léonard Cohen, puis sur Neil Young. Pour accorder le tout, je me suis attaché à y mêler une sorte de sens sentencieux, qui n’avait rien à voir avec celui du premier jet. Et ça a donné ça :

 

ce qui est populaire ne se vend pas, se donne

ce qui est populaire n’appartient à personne

 

c’est le ping et le pong

des pales d’un vieux zinc

un hymne à la déglingue

de Cohen, un folk-song

 

c’est un disque qui tangue

comme au rythme des jours

comme une vie de zone

au sommet d’une tour

 

c’est une nuit d’ozone

quartier des amazones

un magasin de fringues

un cow-boy en santiags

 

- sans Dieu ni Gang

une main sur un flingue

et l’autre dans un string

- c’est une route longue

 

le continent autour

jouant du métronome

comme un magnétophone

qui crache du Neil Young

 

refrain ? c’est le big-bang

comme un cri de King Kong

un big-band qui fait bling

c’est le ying et le yang

 

comme au sortir d’un ring

un frisson qui secoue

qui rend ivres les fous

et délivre les langues

 

et libère les hommes

et libère les femmes

 

ce qui est populaire ne se vend pas, se donne

ce qui est populaire n’appartient à personne.

 

PS: j'ai enfin pris un moment pour foncer l'écriture du blogue, vos yeux m'en seront sûrement reconnaissants, et les miens pèleront moins. A + Filou

 


Mercredi 18 juin 2008

 

J’avais du temps devant moi aujourd’hui alors j’en ai profité pour fabriquer ces petits jeux de mots. J’ai aussi glané quelques graffitis dans mes cahiers de cours. Merci à Ténébrum Draco de passer les infos à tes lecteurs, c’est important. Je me pose la question de créer une veille informative, mais je ne sais pas encore auprès de quels sites me renseigner. Je verrai cet été. A tantôt, Filou.

ça a combien de pattes, un psychopathe ? / et ça a combien de tics, un narcoleptique ? / c’est sous quel récif, qu’on devient dépressif ? / boit-on du rosé, quand on est névrosé ? / ça a combien de couches, un français de souche ? / combien de ratures en littérature ? / c’est sous quelle emprise, que tu lâchais prise ? / comment tu manies ta mythomanie ? / ça a combien d’ailes, une ribambelle ? / et ça a combien d’œil, un écureuil ? / est-ce que les rapaces ont des carapaces ? / est-ce que les présidents ont tous des longues dents / il faut combien d’hommes, pour faire un symptôme ? / et combien de volts, pour qu’on se révolte ? / que devient la ouate, quand on met les watts ? / est-ce qu’on a bien rit des mutineries ? / pourquoi tant de zèle, chez les demoiselles ? / et de noms d’oiseaux, chez les damoiseaux ? / il a trop de listes, pour les socialistes . / et il y a trop de kystes, de l’avis des trotskystes . / on est pas adroit, quand on est à droite . / et on n’est pas manche, quand on est à gauche . / est-ce qu’on y était, dans la société ? / comment tu vois le ciel, quand tout est démentiel ? / ça a combien de tics, un psychotique ? / et ça a combien de pattes, un sociopathe ? / y’a combien de sphères dans un contre-transfert ? / combien de versions de la perversion ? / est-ce que ça se coke, un staphylocoque ? / est-ce que Astérix a des idées fixes ? / est-ce que Hölderlin était borderline ? / est-ce que ça se freine, un schizophrène ? / pourquoi ça se perd autant, les repères ? / est-ce que ça s’opère, un coopérant ? / est-ce que ça dialogue, un radiologue ? / est-ce qu’on y sera, quand ça fissurera ? / il n’y a pas de terre dans les ministères . / peuplerons-nous les îles, ou les asiles ? / elles ne sont pas niaises, les bolognaises . / il n’y a pas de voix off, chez les philosophes . / il n’y a pas de barbe, autour des rhubarbes . / ça n’a pas de prix, un trait d’esprit . / ça n’a pas de nez, la fausse monnaie . / combien faut-il d’anneaux, pour être parano ? / ça a combien de pattes, un patibulaire ? / et ça a combien de tics, un romantique ? - / - y'a   combien de pattes, chez ceux qui nous épatent ? / et y'a combien de tics, dans nos cœurs en plastique ?


Dimanche 8 juin 2008

 

Ouaouh !!! J’ai relu le texte que j’ai « commis » l’autre soir d’ivresse, et j’ai bien voulu l’effacer, mais ma pote amie copine Marianne M. m’en a dissuadé. Je crois que j’étais un peu énervé, et même si c’est à peu près exactement ce que je voulais dire, il y a des moyens plus élégants de le faire. M’enfin ! Je demande encore ce qui peut se passer de si grave en France pour que les rues de ma ville soient à ce point quadrillées de forces de l’ordre en tous genres. Depuis 15 jours j’ai dénombré au moins 10 cars différents de CRS, des voitures de police nationale, de municipale, de gendarmerie, de douanes, des officiers à pieds, en civils, qui sillonnent les chemins jour et nuit. Aucune presse locale n’en parle, et j’aimerai savoir comment ça se passe ailleurs ? Je regarde peu la TV mais j’ai vu hier, dans le journal du soir, un spot de quelques secondes qui semblait dire que les CRS ont chargé la foule à Quimper - foule qui manifestait, pour ce que j’ai pu en comprendre (en si peu de temps - et en fin de journal) pour sauver son hôpital public. Ici, tous les pharmaciens mettent en garde contre la privatisation de la santé, en affichant des slogans assez clairs sur leurs vitres, comme « tombez malades aujourd’hui, demain il sera trop tard ». Autre sujet, de presse écrite cette fois, j’ai lu ces dernières semaines, y compris dans l’hebdo Marianne (que j’apprécie d’ailleurs) plusieurs attaques dirigées contre le NPA (nouveau parti anticapitaliste) initié par la LCR. Moi, qui ne suis encarté nulle part, et plusieurs de mes collègues, avons pourtant été invités à des débats et des forums d’information, où nous n’avons absolument pas ressenti le sectarisme ni la volonté de récupération, dont les journalistes semblent accuser la LCR. Les débats ont été riches, didactiques, et notre parole a été écoutée, sinon entendue. De mon côté, il me paraît possible de créer quelque chose de nouveau, avec le NPA, qui dépasse les clivages idéologiques de chacun. Et c’est peut-être urgent. Quand à la mobilisation des travailleurs sociaux en formation de l’IRTS de Perpignan, elle s’est essoufflée face à la contrainte de travail institutionnelle à laquelle nous devons répondre dans le temps imparti (plus personne ne dort, en tous cas pas moi, pour rendre la somme astronomique d’écrits qu’on nous impose de pondre à propos de tout et de rien). Pour ceux qui s’y intéressent, et vu qu’aucune avancée notable n’est en vue dans ce domaine (le directeur de cabinet de Xavier Bertrand nous a encore pris pour des Bisounours), je vais momentanément effacer les liens amis pour ne garder que celui de Perpignan, où ils sont de toute façon répertoriés. La mobilisation reprendra sans doute en septembre, quand une classe entière de collègues devra signer ses conventions de stage, et lorsque, évidemment, faute de sous et d’intérêt porté par nos décisionnaires, cela leur sera refusé. Je les remplacerai, dés que je peux, par des liens de potes (plus artistiques). Pour continuer sur le même sujet que les textes précédents, mais de façon plus légère, voici « le vent en pop » :

elles ont le vent en poupe

mauvaises gens

elles aiment Betty Boop

et Tarzan

 

elles regardent à la loupe

notre temps

elles ont les yeux soucoupes

détergents

 

elles ont le vent en pop

mauvaises gens

elles aiment le trip hop

et Rahan

 

elles se taillent des coupes

de mutants

elles se méfient des scoops

qu’on leur vend

 

elles mènent large au cap

des vivants

quand elles se sentent cap’

sans argent

 

elles se fument en clopes

émouvants

gracieuses escalopes

s'enivrant

 

elles ont le vent en poupe

chaud devant

elles aiment Betty Boop

et Jean Valjean

 

C’est certes un peu naïf, mais ça me plait. Au fait, je vois que vous êtes nombreux à visiter le blogue, pensez à laisser des comments, qu’on puisse partager quelques bouts d’idées, merci. Filou. Ps : à Ténébrum Draco, je reprendrais contact cet été, à plus, continue le combat.


Samedi 24 mai 2008

 Bref, j'suis un peu mal, et j'suis surtout très bourré ce soir. Je suis dégoûté parce ce qu'on a tout fait pour être médiatisés depuis deux mois, et que malgrè qu'on était plus de 3000 à Paname de départements unis et différents, des Pyrénées jusqu'à la Sorbonne (ces cons de CRS nous ont gazés, comme il faut, en réponse à des gens, pas racaille ni  travailleurs sociaux en formation, que personne d'entre-nous ne connaît ni d'Eve ni d'Adam - ce qui est inconcevable quand on vient d'écoles où s'qu'on se connaît personnellement tous - qui les ont, soit-disant, "agressé" - ce qui a leur a donné raison de répondre violemment aux pacifistes patentés que nous représentons) aucun média ou presque, n'a voulu parler de nous, ni de notre problème de formation, bientôt lettres mortes, du moins très bientôt caduques : système à la con. C'est un peu comme si les journaleux oubliaient qu'il y a de l'information en France à exprimer aux citoyens. Fascisme? Propagande? Sarkosisma? Beaucoup de questions que je ne me pose plus. C'est mort. Enfin, pour redevenir ou rester humains, si vous avez des airs à partager avec moi, je vous offre ces modestes paroles. Pensez simplement à m'envoyer les morceaux, si vous en faites avec, qu'on s'amuse un peu... S'il vous plaît... merci... D'avance et en retard. Simples révoltes!!! Grands pas sur la Lune!!! Merci encore et encore et encore et encore, de les partager avec moi. On est copains ou quoi ? Du texte d'avant voici la suite, que Julien.M. a commencé de balancer en musique. Envoyez -  si vous voulez - vos courriels, vos commentaires - pour écouter l'originale - ou please, encore mieux composez...

- entendez-vous, c'est arrivé / ce coup là nous sommes énervés

ils ont renvoyé les immigrés / ils emprisonnent le progrès

- entendez-vous quand ils mugissent / soldats et féroces CRS

quand ils s'en prennent aux filles, aux fils / à nos anciens - à nos promesses

- allons enfants de la fratrie / à la santé de nos victoires

à la mémoire d'un jour de gloire / allons enfants de la partie

- alors voyons, cet étendard / qui fut sanglant, qui fut un dard

pourquoi maintenant nous sépare / pour une poignée de dollars

- alors voyons, cet étendard / qui fut bleu-blanc-rouge d'espoir

peut-on le rendre un peu plus noir / contre-nous racisme et remparts

- réveille-toi, rebelle-toi Paris / rebellons-nous îles et villes

soyons les indiens, les kabyles / de notre faim soyons le cri

- réveille-toi, rebelle-toi Paris / soyons nos musiques et nos contes

soyons nos liens et nos rencontres / soyons la terre, soyons nos maîtres

N'ayez pas peur, exprimez votre symptôme, dites, compilons, changeons le monde, laissez des commentaires.. D'avance merci. A tantôt. Filou.


Dimanche 11 mai 2008

Coup de gueule !!!

Voilà, encore des jours à ne plus trouver le temps de m'occuper de moi ni de mes proches. Pas plus du blogue d'ailleurs. Retour sur la situation qui me préoccupe : depuis deux lunes, rien n'a véritablement changé. Le gouvernement renvoie la balle aux conseils généraux, les conseils généraux renvoient la balle au gouvernement : l'impasse. Les futurs travailleurs sociaux sont au centre du dilemme, même pas en position d'arbitres. Leurs stages s'évaporent comme neige au soleil, faute de financements, quand on ne leur signifie pas simplement qu'étant gratifiés (par quelques associations "compatissantes") ils interviennent en remplacement de professionnels (des galériens à 398,13 euros le mois, légalement - c'est-y pas bon ça?). Qui ne voit pas le recul de notre société, le retour à l'exploitation éhontée (dire "libérale") des femmes, des hommes et des richesses, qu'on nous impose à tous, branche de travail par branche de travail (accords d'entreprises, éducation nationale, éducation spécialisée, aide sociale à l'enfance, hôpitaux, justice, prisons, retraites, j'en passe et des meilleures...) en catimini, avec des sourires mieileux, des "vous en faites pas, c'est un peu raide à avaler mais ça va passer, comme d'habitude, par derrière..." ? C'est la MERDE !!! Excusez du peu. Ce n'est pas la vision que j'ai de mon avenir ni de celui des usagers (quand on ne se trouve pas dans l'obligation, depuis la loi de prévention de la délinquance, de dénoncer les familles à la "Stasi Sarkoziste" - ce que certains refusent, se mettant justement hors la loi, passibles de peines, d'amendes, et de ne plus pouvoir exercer leur métier). C'est GRAVE. Je ne peux pas personnellement cautionner les dérives d'un état dont les élus ne représentent que leurs comptes en banque. L'idéologie de ces gens est dangereuse. Je n'appelle plus ces façons de faire des "errements de nouveaux riches" venus au pouvoir, mais bel et bien du  FASCISME !!! Bref, je laisse les liens des collectifs jusqu'à la fin de la mobilisation et je me rends à Paris, direction La Sorbonne, le 13 Mai, manifester avec les collègues de toute la France qui sont pas contents, mais alors pas du tout. Pour lecture, je publie un poème qui me vient du coeur, que Marianne M. a déjà mis en musique (je vous envoie le mp3 sur votre courriel, si vous laissez un commentaire). Merci à celles et à ceux qui suivent de près ou de loin nos aventures, merci à celles et à ceux qui nous soutiennent, en riant un peu svp (ce qui, j'en conviens, n'est pas mon fort en ce moment). Pour préserver cette façon un peu  "passéiste" et solidaire de vivre ensemble, que nous sommes, je crois, nombreux à vouloir partager. N'en déplaise à nos élus, que je ne salue plus, mais alors décidément plus.

Abreuvant nos sillons

Nos bourgs et nos campagnes

l'Alsace et la Bretagne

Lille et le Roussillon

Paris, d'Est en Ouest

Nos fils et nos compagnes

Toutes les gens modestes

A vos pavés, Mariannes !

A bientôt, à Paris, en Province, pour dire que Non, mesdames et messieurs les politiques, vous ne pouvez pas tout le temps faire ce qu'il vous plaît de nous, en vous sucrant perpétuellement sur notre dos. Comme disait l'autre "il faut chercher l'argent où il se trouve, chez les pauvres : d'accord ils n'en n'ont pas beaucoup chacun, mais ils sont très nombreux" A plus.

PS : à voir et écouter absolument Desert Rebel, les rockers oubliés du désert. Une histoire de résistance portée par des musiciens réunissant Tryo, Mano Negra, Gnawa Diffusion et rebelles touaregs. Trop de la balle...


Mercredi 19 mars 2008

 

je voulais parler d’un sujet un peu léger

écrire un conte, sans acompte, sans projet

chanter je sais pas, le mystère

la liberté, la bagatelle

je ne voulais pas parler d’elle ni me taire

 

je ne voulais pas parler d’elle, mais je l’ai fait

parce que la belle était rebelle, voire décoiffée

parce que son cœur était en pleur

parce que mon cœur était plusieurs

et qu’à plusieurs on est toujours un peu meilleur

 

ne voyez dans cette sentence aucune ruse

aucune prouesse de langue, aucune harangue

pas de mélancolie diffuse

pas même un bateau saoul qui tangue

un alexandrin ça vaut bien dix mots d’excuses

 

je voulais parler d’un sujet un peu léger

sans strapontin, faire un refrain, sans préjuger

mais à vrai dire, le pot au rose

à découvrir le fond des choses

je ne voulais pas parler d’elle mais j’en cause

 

pardonnez-moi, mais quand ma mie me magnétise

quand elle joue, avec ses moues, qui m’hypnotisent

quand elle maudit ma raison d’être

quand je dois fuir par la fenêtre

en essayant de m’agripper à ma valise

 

je voudrai lui parler de moi, tout bonnement

sans m’évader, sans la braquer, sans boniment

de mon avenir avec elle

faire une jolie ritournelle

mais elle m’emmêle avec ses maux qui m’ensorcellent

 

alors désolé si mes mains sont implorantes

si vous trouvez ma prosodie un peu navrante

consentez-moi de la dédier à mon amante

permettez-moi de l’offrir à ma ravissante

les mots d’amour ne charment que ceux qui les chantent

 

ne voyez dans cette sentence aucune ruse

aucune prouesse de langue, aucune harangue

pas de mélancolie diffuse

pas même un bateau saoul qui tangue

un alexandrin ça vaut bien dix mots d’excuses


Mardi 4 mars 2008

 

si tu as la connerie

si tu ris quand tu t’endors

bois de la soupe au curry

de la sauce au roquefort

si, idiot, tu restes, encore

(malgré ce régime là)

mets du piment très, très, fort

dans tes crêpes au chocolat

et si tu as la folie

comme un grain de cardamome

mets des fleurs de pissenlit

dans ton yaourt à la pomme

si tu as le rire au bord

des lèvres, et la cochonnerie

fais des folies de ton corps

mets du jambon dans ton lit

mets du vivre dans ta vie

si tu as le métissage

si tu as un peu l’envie

c’est aujourd’hui mon message


Samedi 1 mars 2008

 

non, maintenant, rien d’impossible

même l’amour qui nous sembla

à tous, un jour, inaccessible,

rien d’impossible dans tes bras

 

mon pauvre cœur qui, malmené

par tant de revers, et meurtri,

jurait de ne jamais t’aimer,

en sacrilège s’est épris

 

me voici pendu à tes lèvres

-ta douce, blanche, tendre peau

agite en moi, comme la fièvre

-et n’espérant plus le repos

 

me voici tendu comme un lièvre

l’oreille à l’affût d’un écho

au moindre sursaut de tes lèvres

me voici pendu à tes mots

 

non, maintenant, rien d’important

que ta voix douce et tes yeux clairs

assurément, rien que le vent

contre les frimas de ta chair


Jeudi 28 février 2008

 

quand le génie s’empare

léger comme l’air

de la guitare

 

laisser couler le blues

dans un verre de gin

 

quand le tempo s’enivre

la passion délivre

la fièvre de vivre

 

laisser couler le blues

dans un verre de gin

 

quand le pianiste joue

des purs bijoux

la corde au cou

 

laisser couler le blues

dans un verre de gin

 

quand la voix se déchaîne

les larmes dégainent

le diable sur scène

 

laisser couler le blues

dans un verre de gin

 

quand le charme ensorcelle

vos sexes rebelles

déesses cruelles

 

laisser couler le blues

dans un verre de gin

 

quand s’impactent les âmes

flambent les gammes

sur le macadam

 

laisser couler le blues

dans un verre de gin

 

quand distorsion sublime

de ruse et de crime

le son s’envenime

 

laisser couler le blues

dans un verre de gin

 

et quand les revolvers

font leur affaire

dans le désert

 

laisser couler le blues

dans un verre de gin


Dimanche 10 février 2008

 

t’as fait ton choix, allez, j’m’en vais

allez j’me gliss’ j’me cass’ j’me tais

hors de ta vue, je trace, je fraie

 

t’as fait ton choix, c’plus fort que toi

plus fort que tout mon cinéma

plus fort que nous, plus fort que moi

 

t’as fait ton choix, j’regrette rien

sauf tes grands yeux, ton nez, tes seins

sauf ton respect, j’me sens pas bien

 

t’as fait ton choix, t’as réfléchi

j’suis trop naïf, j’suis trop gentil

trop pas compris

 

t’as fait ton choix, t’as p’t’êt’ raison

j’ai pas la trempe d’un vrai héros

j’fais ma valise comme un cabot

 

pour tout dire, j’suis presqu’un peu d’acc’

presque pressé qu’on soit demain

presque gêné d’être encore là

 

entre ciel clair et mer opaque

moitié cahan - moitié Caïn

mi figue mi raisin de toi

 

t’as fait ton choix, allez, j’comprends

prends ton envol et librement

pars camper dans les draps du vent

 

t’as fait ton choix, allez, salut

salut ma colle, ma farfelue

salut à toi ma « détenue »

 

t’as fait ton choix - j’suis pas jaloux

j’suis plus menteur, plus rien du tout

j’suis plus d’humeur à être un loup

 

t’as fait ton choix, tranché dans l’vif

tu t’es même fait’ couper les tifs

tu sors de toi, tu sors tes griffes

 

t’as fait ton choix, tiré un trait

t’as fait une croix sur mon portrait

tu t’es jurée, promis-craché

 

t’as fait ton choix, bah, tu bouges pas !

tu restes assise, ainsi, sans voix

qu’est ce que tu vois ?

 

t’as fait ton choix, qu’est c’qui va pas ?

pourquoi tu pleures ? j’te manque déjà ?

tu restes là… t’as peur de quoi ?

 

t’as fait ton choix, t’es folle ou quoi ?

c’est moi qui t’mets dans cet état ?

… j’suis pas comm’ ça !

 

dis donc ? t’en f’rais pas un peu trop ?

t’as peur que j’reste pour l’apéro ?

t’as p’t’êt’ encor’ des sensations ?

 

t’as fait ton choix, sois pas idiote 

‘fais-en pas tant  – ça va passer

te force pas à m’embrasser

 

 

‘fais pas semblant d’me remplacer

oublie-moi vite, en quelque sorte

y’a pas d’amour sans pots cassés


Mardi 29 janvier 2008

 

 OK mea culpa. Je suis en formation d'éduc spé, et c'est du boulot à plus finir. Je n'ai donc absolument, mais absolument, pas le temps de correspondre. La super bonne nouvelle, c'est que je suis tonton d'une nouvelle née, Maëlle (avec un grand M et un grAnd ELLE) qui a très bientôt un mois, et à qui je souhaite tout ce qu'un tonton attentif peut souhaiter, et apporter. J'ai beaucoup lu le blog de mouette, que j'adore (elle a une conception de la vie et de son ressenti qui, comme on dit "me parle") et que je conseille : S'ti ça fait du bien de lire ce genre de vérités. J'ai bien reçu l'invitation à me rendre sur kaléidoscope, mais le site est compliqué et j'aurai besoin de l'aide de quelqu'un qui sait comment s'y prendre pour communiquer avec (je suis vraiment nul en multimédia, laissez-moi un commentaire, s'il vous plaît, pour m'expliquer). Bref, le temps me manque, car je suis évalué après demain (beaucoup de stress), donc je vous donne à lire un texte un peu ancien, mais que j'aime bien...

les fabuleuses aventures de rideau et verveine

si j’étais Rimbaud, j’aurai des mâts vermeils, tatoués sur la peau

tels des blancs rideaux, des lambeaux du ciel, en boucles d’oreilles

maniant la querelle, très peu le stylo, je rêverai haut

si j’étais Rimbaud, devenu cruel, haïssant pareil

j’irai en enfer, jouer ma légende, et dans les déserts

au toucher, au flair, aux moindres esclandres - je resterai de marbre

dans les corps, chairs macabres, sables tendres - je planterai mon sabre

sans tenir un vers, je saisirai l’ombre, découvrirai l’ambre

je saluerai l’eau, sourcier d’oasis, prince des aurores

je serai plus beau, que soleil qui hisse, son zénith maure

au glorieux drapeau, si j’étais Rimbaud, méprisant mes chaînes

 

si j’étais Verlaine, chantre de bohême, musicien des mots

 

si j’étais Verlaine, où mes pieds me mènent, j’irai en traîneau

j’aurai de la peine, un cœur fou qui saigne, et ma coupe pleine

d’insolubles gênes, verserait sa vigne, en bas ma bedaine

ainsi chaque scène, verrai dans mes lignes, l’agonie d’un chêne

amoureux d’un cygne, résolument digne, mauvais comme la teigne

je rirai du destin, moquerai les catins, de cet humour malsain

de petit butin, mon regard lointain, plein de vilains desseins plutôt vains

au rocher bourreau, j’aurai mon supplice, dévalant la mort

je serai Sisyphe, toujours à zéro, mes tripes dehors

je peindrai ma colère sur des tourteaux de cendres

Ah ! J’insulterai la Terre qui ne veut rien comprendre

 

si j’étais Verlaine j’aurai de la flemme

si j’étais Rimbaud j’aurai de l’écho

si j’étais Verlaine j’en prendrai d’la graine

si j’étais Rimbaud j’aurai du boulot

 

Je ne promets pas de revenir bientôt à l'écriture de ce blog, qui me tient quand même à cœur, alors à tantôt.


Dimanche 9 décembre 2007

Exercice de conciliation entre un grand sentiment et un vent phénoménal :

l'amour est grand quand il essaime autant de fragments de lui même

que peuvent en disperser les vents par delà les sables mouvants

par delà les immenses crêtes et vers les nouvelles planètes

où convolent les goélands sous leur manteau de givre blanc

l'amour est grand quand il essaime autant de fragments de lui-même

que peuvent en disperser les vents sur la planète en se levant...


Mardi 23 janvier 2007

Traduction du refrain en kabyle de la chanson précédente (j'ai découvert un pays)

 - waalache ya bladi khelitek ya wayli / layli ya layli ouladek harbou menek

" pourquoi mon pays, je t'ai quitté ainsi / o sombre nuit, tes enfants t'ont fui "

 - layli ya layli waalache ya bladi / layli ya layli ouladek harbou menek / waalache ya bladi khelitek ya wayli

" o sombre nuit, pourquoi mon pays /  o sombre nuit, tes enfants t'ont fui / pourquoi mon pays, je t'ai quitté ainsi "

S'il vous plaît, laissez-moi un commentaire ou deux, qu'on puisse en discuter ensemble... Merci mille fois.


Lundi 22 janvier 2007

Voilà un bon mois de boulot de fait... ouf ! Entre le conseil grandeur nature d'un rayon vin pendant les fêtes, la rédaction des dossiers d'inscription aux différents concours des écoles d'éduc (que j'espère réussir, d'ailleurs!), la réécriture totale des chansons de Samyr (qui a rencontré un orchestre désirant l'accompagner sur scène), et la fête avec la famille et les potes, je peux dire que je n'ai pas chômé.

Cette chanson-ci est de moi, sauf le refrain en kabyle.

(au fait, je n'ai toujours pas trouvé le moyen d'avoir une calligraphie correcte, si quelqu'un pouvait me renseigner, car je n'ai pas vraiment le temps de m'en occuper, ce serait sympa. Merci d'avance.)

((la musique étant enregistrée, artisanalement bien sûr, si quelqu'un veut l'écouter, il lui suffit de laisser un commentaire, avec son courriel, et je la lui enverrai en courrier joint, au format mp3))

repeindre mon visage

- j'ai découvert un pays /en traversant les marais /je me dirigeais vers lui

j'ai accosté dans la nuit /d'un nuage j'amarrais

- c'est une contrée inouïe / tout le mal qui me blessait / dans le sable s'est enfoui

je me suis évanoui / quand le ciel se déchaussait

- dans mon pays c'est la nuit / j'y ai éteint les lumières / pour ne pas gêner autrui

j’ai recueilli l’eau de pluie / dans le souffle de la mer

- waalache ya bladi khelitek ya wayli / layli ya layli ouladek harbou menek

- quand la lune a resplendi / vaste comme épanouie / rousse comme un incendie

sous douze coups de minuit / fleur ouverte dans le noir

- j’ai recommencé à voir / en déposant le mépris / en décrétant l’amnistie /

l’impensable s’est produit / je revenais à la vie

- dans mon pays c’est ainsi / l’insouciance est consumée / les démons sont mes amis

le sommeil est interdit / le soleil ne luit jamais

- waalache ya bladi khelitek ya wayli / layli ya layli ouladek harbou menek

- sont oubliés désormais / l’orgueil et la frénésie / les errances et la folie

et les larmes et les cris / comme moi sont désarmés

- et l’immense poésie / naufragée parmi les morts / comme une terre Adélie

que ne dérange aucun bruit / me délivre son trésor

- il me faudra du courage / pour apaiser la magie / pour apprivoiser l’orage

il me faudra de la rage / pour stopper l'hémorragie

je voudrai tourner la page / et repeindre mon visage / avec des pinceaux d'amour

aux jolies couleurs sauvages / aux jolies couleurs du jour

- layli ya layli waalache ya bladi

layli ya layli ouladek harbou menek

waalache ya bladi khelitek ya wayli

Traduction du refrain à venir...


Lundi 4 décembre 2006

Entre la "rupture tranquille" de Nicolas et la "révolution démocratique" de Ségolène, leurs concurrents ne savent plus où donner de la langue...de bois.

Petite illustration, en chantant. (mais pas en me rasant...)

Un partout

Hier, Nicolas, en Amérique, / causait popote à Deubeul-iou,

Ségolène lui a fait la nique, / prônant la révolte des sioux.

Aujourd'hui, Ségo, au Liban, / ç’a quelque chose de pathétique,

promet l'amour en politique, / le p’tit Nico fait ses choux blancs.

- Et Jean Marie, qui se tapit, / qui veut rejouer France-Algérie.

- Et Olivier, ça va saigner, / des rudes larmes d'ouvriers.

- Et le François, qui se débat, / le claquet d’Arlette, il rabat.

- Et le José, fumant sa pipe, / histoire d’emboucaner Philippe.

Alors, j’en oublie quelques uns, / y’en a tellement qui sont nombreux,

à nous sortir le baratin, / censé nous faire voter pour eux.

Et je m’en remets aux élites, / qui demain iront en province,

pour dire aux gens qu’ils sont des princes, / ou des princesses, satisfecit.

- Et Dominique, quelle excentrique, / elle croit la gauche écologique.

- Et longues vies , mes sucres d’orges, / aux rouges-gorges - à Marie-Georges.

Avec tout ça, on n'a pas dîné...


Dimanche 3 décembre 2006

Je ne sais pas vous, mais wam, quand il fait dimanche, que les copains ne répondent pas au téléphone, et qu'il y a tellement de daubes à la télé qu'on est content de regarder la pub, ben... j'ai envie d'écrire des choses qui sonnent. Ce texte là date un peu. C'est fou ce qu'une déception sentimentale peut faire dire comme conneries!

Conneries qui ont tout de même inspiré mon compositeur de pote, Samyr, qui en a fait un reggae sympa (d'ailleurs, je ne trouve pas le moyen de poser l'enregistrement sur le blog. Est-ce au moins possible?) Allez, j'envoie...

nous aimions


au serment de l’insoumission
aux larmes, aux larmes de la rébellion
la partition des émotions

suivant le chant des troubadours
fuyant la paresse des jours
riant sous les nuages sourds

nous aimions, ô nous aimions, nous aimions, nous nous aimions

voici le temps des incompris
le vent, le vent de la mélancolie
la pluie, la nuit, les insomnies


au pas léger des antilopes
dansant, dansant dans la fumée de clope
comme une brumeuse enveloppe


nous aimions, ô nous aimions, nous aimions, nous nous aimions...

un effet n’est jamais sans cause
si notre amour est une rose
sur nos épaules se repose


tendre et gourmant comme un bon vin
comme un soleil entre tes seins
quand l’aube tremblait sous mes mains
…sous mes mains


nous aimions, ô nous aimions, nous aimions, nous nous aimions

on a couru le long des plages
on s’est ébroué sous l’orage
des chiens d’errance et de passage

on a envoyé des messages
toujours dérivant vers le large
unis par les liens du voyage


nous aimions, ô nous aimions, nous aimions, nous nous aimions

…ils s’aiment

Si quelqu'un pouvait me renseigner - à propos des interlignes que je n'arrive pas à réduire, autrement qu'en tapant wysiwyg puis en effacant les &<DIR< P etc.. qui apparaissent - elle ou il serait bienvenu (e). Je suis vraiment nul en ordinateur. Merci...


Vendredi 1 décembre 2006

Merci à ceux et à celles qui, nonobstant les conseils raisonnables des marchands de soupe et de sommeil, continuent de fouiller au profond de leur être, afin d'en extraire les mots justes, pépites ou diamants rares, dont l'éclat fait pâlir celui des messages publicitaires pathétiques dont on nous abreuve chaque jour, et leurs tentatives tragicomiques de nous faire gober n'importe quoi, du moment qu'il y a un prix sur l'étiquette en bas. Merci, merci, merci, d'aimer la poésie. Rien que du beau monde ici

Voici, une petite chanson en forme d'hommage au grand poète Emile Nelligan, malheureusement méconnu en france

Le beffroi de Nelligan

- ton grand ciel est timide / ce jour de février

ton ciel est presque vide/ on le croirait crever

- se figer sur les toits / comme un oiseau blessé

une flèche cassée / qui se tourne vers toi

- et tes beaux vers ont l’air / d’un désert enneigé

eux qui firent naguère / les anges se signer

- s’allonger dans le froid / tes airs sortis de rien

fragiles chérubins / qui veillent ton beffroi

- et les rues sont lucides / ce jour de février

les avenues livides /on les croirait pleurer

- dégringoler des toits / les neiges éternelles

les mots pris dans la grêle / cristallisés pour toi

- et leurs flocons s’en vont / trembler jusqu’en avril

tandis que tes yeux font / trois petits tours d’asile

- tandis que tes yeux font / trois petits tours d’asile

dispersant sur les toits / quelques refrains de toi

- et l’on entend ta voix / dans les éphémérides

et l’on te voit prier / ce jour de février

- ton virtuose émoi / ta complainte intrépide

que la ville interpelle / toute engourdie de gel

- et ton grand ciel splendide / qui ne peut plus rimer

dans la folie sans ride / finit de s’abîmer

- tandis que tes yeux font / trois petits tours d’asile

tandis que tes yeux font / trois petits tours d’asile

Et bonjour aux écureuils...

Un blogue Littérature/Poésie par Mon Blogue.com

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