|
Lundi 18 janvier 2010
Un petit mot pour publier et saluer une chanson que mon frangin vient d'écrire et que je trouve top - et pour tomber le masque de mon second blogue (et oui, je n'ai pas vraiment l'occasion d'écrire en ce temps de labeur dur). Donc, la face sombre (mais parfois éclairée) du filoup : du givre au bord des livres et la poésie du tit'frérot :
J'trace la route sur des chemins, que le destin juge être miens, habillé le jour en troubadour, je m'joue de l'ame ou redoute des larmes, la nuit je file droit vers la lune, je part en vrille et fume ma brune, et quand je l'hume je tousse la brume.
Quand l'ennui m'guette les matins de fête, je jette des mots sur les salauds, qui nous expliquent avec leurs triques, que défiler c'est la santé, que l'art médit maudit l'armée, l'arme est ton premier bouclier, et que tuer c'est pas si grave, que c'est normal voir même vital.
J'trace la route sur des chemins, que le destin juge être miens, habillé le jour en troubadour, je m'joue de l'ame ou redoute des larmes, la nuit je file droit vers la lune, je part en vrille et fume ma brune, et quand je l'hume je tousse la brume.
Quand l'espoir brille sous les étoiles, je baisse les yeux et souffre un peu, en pensant a nos dirigeants, dans leur bureaux qui font leur temps, qui nous montrent du bleu et du blanc, moi je vois rouge je sert les dents, je souris avec émotion, quand j'pense a la révolution.
J'trace la route sur des chemins, que le destin juge être miens, habillé le jour en troubadour, je m'joue de l'ame ou redoute des larmes, la nuit je file droit vers la lune, je part en vrille et fume ma brune, et quand je l'hume je tousse la brume.
Quand l'ennui m'guette les matins de fête, je jette des mots sur les salauds, qui nous expliquent avec leurs triques, que défiler c'est la santé, que l'art médit maudit l'armée, l'arme est ton premier bouclier, et que tuer c'est pas si grave, que c'est normal voir même vital.
Quand l'espoir brille sous les étoiles, je baisse les yeux et souffre un peu, en pensant a nos dirigeants, dans leur bureaux qui font leur temps, qui nous montrent du bleu et du blanc, moi je vois rouge je sert les dents, je souris avec émotion, quand j'pense a la révolution.
Et quand l'odeur de liberté, que l'homme moderne a oublié, viens flatter le bout de mon nez, je sens qu'la joie viens me bercer, et avançant avec entrain, j'éléve la voie plus ou moins bien, j'éléve la voie je lève le poing, et je peux voir la biche d'arain. --> j'vois la bas leur régne qui prends fin.
J'trace la route sur des chemins, que le destin juge être miens, habillé le jour en troubadour, je m'joue de l'ame ou redoute des larmes, la nuit je file droit vers la lune, je part en vrille et fume ma brune... je part en vrille et fume ma brune, et quand je l'hume je tousse la brume.
Ps : lisez absolument "La conjuration des imbéciles" de John Kennedy Toole. Le genre de littérature que devrait rembourser la sécurité sociale (si j'ai le temps, je vous ferais un résumé, prochainement)
+++ filoup
Samedi 14 novembre 2009
Bonjour, votre serviteur, qui, pressé par le tic-tac de l'urgente horloge de sa vie, est en train d'exhumer quelques vieilleries oubliées, dont celle-ci +++ filou
Banlieue grise
le soleil craque sur l’escalier palier du 22ième étage ici la ville est à nos pieds une vague étendue de nuages
le ciel d’équerre à l’horizon tourne précaire, vire à l’orage on dirait presque un pavillon malgré l’aspect qui décourage
l’asphalte flambant dans l’ozone les reflets frimant sur les chromes l’ennui, toujours, qui tue les mômes le quotidien, les autochtones
entre hall d’entrée et parking le soleil stone, le vice racole la rue s’éveille au son du King d’un autoradio rock’n roll
ici c’est plutôt black métal faut s’habituer au bitume avoir un mental impartial pour saisir la joie dans ces turnes
ici c’est pas Costa Del Sol ni les nuits chaudes à Ibiza c’est Cali, Kingstown, Liverpool quartier de la bérézina
c’est le Far West sans les cactus le désert du Mexique en moins dernier arrêt du dernier bus les bandits tapis dans les coins
ici c’est la désolation culturellement Smith et Weston la Sergio Léone Connexion M.J.C Ennio Morricone
c’est Chicago, c’est la mafia les triades et le Hells Angel personne ne souhaite habiter là personne ne veut du mauvais rôle
tu peux te bourrer de calmants t’arracher au rhum ou au gin quand t’as jamais vu l’océan t’échappes pas à tes origines
ma géographie c’est la zone mon économie : la défonce ma politique est autonome stratégie de l’autodéfense
toujours du shit dans mes Marteens du shit dans mes rêves de gosse du shit pour fumer mon spleen défier les lions dans la fosse
je suis black out, bientôt knock out lascar qui peut sauver sa peau ninja en fraction sur la route entre Beyrouth et Soweto
chacun essaie de s’en sortir j’ai eu mon bac du premier coup j’ai pas eu la chance de partir y’a pas d’embauche pour les voyous
y’a pas d’école pour délinquant tu pourrais sortir d’H.E.C t’as vraiment pas l’air innocent t’as le tampon de ta cité
brodé sur ton curriculum j’ai plus envie de travailler j’ai plus du tout confiance en l’homme je grille les tiges du condamné
je deale du plaisir synthétique je brasse des savons dans les caves ma clientèle est atypique junkies pathétiques et esclaves
triquars et bourgeois apathiques prêts à dénoncer père et mère si ça peut rapporter du fric pour se payer mes somnifères
les extas sont abrutissants le tosh coupé 200% la coke sent même le détergeant mais le business est incessant
j’attends impatiemment mon tour d’abandonner ce trou à rats où tu peux pas crier au secours sans finir au commissariat
ma vie est une capoeira qui tomberai-je au prochain round ? je prends des cours de close combat je sens la rage en moi qui gronde
quand je sors claquer des lovés tilt à ma face de loup garou embrouilles, vigiles, contrôles, papiers pas d’extra ball pour les zoulous
vision paranoïaque schizophrène et sans loi d’un monde en cul de sac où le pitbull est roi
je ne sais pas combien s’entassent d’assassins dans ces corridors ? 890 palaces dans 10 bâtiments - c’est la mort !
22 étages : ça prend de la place ! on dirait pas, mais ça fait de l’ombre une ombre crûe comme une menace un vautour autour de décombres
combien de furieux dans ces cages s’enferment avec leurs carabines ? prêts à risquer la prise d’otages au moindre bruit, même en sourdine
combien de miss monnaient l’hymen ? combien de rapace et de hyènes ? pour un fix, un casse, une peine qui franchira la ligne ?
la mairie construit un terrain aggloméré, rectangulaire une aire de jeu pour les gamins tout en ciment, le reste en fer
les derniers travaux de surface nous font marrer, tu les verrais crois-tu que le béton remplace des jardins, des champs, des forêts ?
le maire, élu depuis 15 ans je l’ai jamais vu en personne je capte vraiment pas ces gens qui vont voter pour un fantôme
quand TF1 tire à la Une le parfait portrait du posse je me demande combien de tunes gagnent sur nos dos ces nazis ?
paraît qu’on est sur assistés qu’on peut oualou pour les cités qu’on va quadriller les quartiers assurer la sécurité
paraît qu’on est pire que sauvages juste bons à tourner des cailles le cauchemar du voisinage qu’on désintègre à la mitraille
la vue d’un schmitt ou d’un corsage ça nous rend barges et criminels le jeune au pays du chômage ça fait longtemps qu’on l’a à l’œil
paraît qu’on a tort de se plaindre on a des allées, des platanes mais y’a pas Matisse pour les peindre dans ma banlieue : y’a pas Cézanne !
faudrait qu’un peintre soit dément triste à chialer plus que tu penses pour venir croquer nos tourments et pour partager nos errances
Mercredi 11 novembre 2009
nonchalamment, elle a forcé sa porte délicatement, il a grillé ses rêves elle a tourné la tête aux liqueurs fortes
âme, homme ou amant, que lui importe hier elle dansait, dansait -olé ! la fièvre et les latins lover au corps accorte
Darling, il est fort, il est dingue, tu flingues Darling, te désire, sur le ring, bang bang
sur la piste, froissé, point de suture qui ne peut plus cacher comme il crève une fleur amochée par l’écriture
elle a laissé sa porte entrouverte à l’aventure, elle a joué ses lèvres un halo de sa peau découverte
Darling, il est mûr, il est dingue, tu flingues Darling, te désire, se déglingue, bang bang
âme, femme ou maligne, féline hier elle dansait, dansait - o les signes ! son déhanché, branché, j’imagine
Darling, il est pur, il est dingue, tu flingues Darling, te désire, le dézingue, bang bang
Bon d'accord, je tourne un peu autour du même thème, mais je l'aime, celle là.
PS : allez sur le myspace de Narine et Léonie (en lien) c’est de la balle +++
Vendredi 6 novembre 2009
J’ai encore perdu mon cœur.
Où j’ai bien pu le mettre ? Oh, dans ton immeuble ! Je l’ai laissé seul !
Tu me jures de garder un secret ?
Mon cœur et moi sommes ninja. Nous avons l’art d’être des chats. Nous ronronnons, langoureusement, durant des heures. Dessous tes draps. Nous t’accordons notre pelage, pour te dire notre joie. Nous baillons de bonheur. De reconnaissance. Passionnés par tes yeux. Tes cils. Te griffant, toujours un peu. Quand la nuit sombre. Nous nous levons pour dîner, à la bougie.
Notre iris s’illumine.
Notre instinct nous rappelle à nos devoirs félins.
Courir les toits ! Battre campagne ! Prendre la vie ! Convier la lune à nos festins ! Notre destin ? Renaître, chaque fois, de nos virés terribles. Nos escapades à perdre haleine. Retrouver le sentier.
Dans nos rires, que tu n’entends pas, des regrets parfois. Pleurer tes doigts.
Épris d’indépendance. Et suppliant ta beauté. Il arrive que nous nous séparions. Lui, demeurant chez toi, silencieux. Tapis sous un meuble. T’observant te dévêtir. A moi. Le goût du sang. Prédateur des étoiles. Ennemi des lumières. Ruant. Croquant. Tuant. Sans bruit. Défiant ton bon sens. D’une ruelle à l’autre, invoquant la mort, dans un brouillard nacré. Auprès d’un cimetière. Respirant ton dernier souffle, aux pâles rayons du crépuscule.
C’est l’aube.
Loin de ta fontaine d’eau de pluie. Et de son réverbère. Tu te réveilles. J’ai perdu ma route. Je te devine t’étirer, te toiletter, partir. Vaquer à ton ennui. Humaine. Je ressens tes doutes.
Où est le chat ? Est-ce que tu le connais ? Me croiras-tu ? Le vin trompe. Miaulant, je parcours les trottoirs. Je veux retrouver ton lit, ton âtre doux. Le bord de ta fenêtre. Malgré mes moustaches, alertes - et mes bonds, agiles, je chancelle.
Et ces bras qu’on me tend. On m’attrape. Je ne me défends pas. Elle est si belle. Paraît fragile. Sur le pas de sa porte, elle veut me pendre au cou de son âme en mal de vivre. J’effleure sa poitrine. Elle sent la rosée. Son sein me caresse. Son geste va et vient, entre mes deux oreilles. Sensibles. Ses ongles se crispent sur mon poil gris.
Un instant, je m’apaise. Sitôt qu’elle a finit, je repars à la chasse.
Car j’ai perdu mon cœur. Sur le chemin de tes sens.
Quand vais-je te revoir ? S'il te plaisait de me garder. Dans ta cage d’oiseau. Pour m’écouter chanter. Je t’imagine m’apprivoiser.
Lui, hérissé de crainte et de désir.
Moi, à mesure que le jour flambe, le soleil me dardant d’épines. Zigzagant entre les gens. Me méfiant des voitures. Égaré, dans la cohue des femmes. Et des ombres.
Je devrais me cacher ! Je voudrais t’appeler ! Je ne sais pas rugir ! Je ne peux pas dormir !
Où as-tu mis mon cœur ?
+++ filou
Dimanche 1 novembre 2009
La poésie traverse la réalité. Elle est mensonge, qui conte une vérité. Pareille à la fièvre, elle m'appelle à vivre. Comme si mourir après... Quelques réécritures:
à la Salamandre samedi matin corset de satin femme au fond de teint
jeune cœur à prendre promesse d’esclandre piments et coriandre
à la Salamandre murs à moitié peints après-midi plein de tout et de rien
de nos assauts tendres jolies peines à pendre baisers sertis d’ambre
à la Salamandre troquet libertin entre le destin comme le soir vient
sans se faire attendre boire et se détendre nos braises répandre
à la Salamandre ta chute de reins tes lèvres tes seins si je comprends bien
émeraudes à vendre plantureux méandres gracieux corps à rendre
à la Salamandre dimanche matin décuve le vin oubli opportun
je dois me méprendre et toi de me fendre le cœur de prétendre
qu’à la Salamandre troquet reptilien c’est pour ça qu’on vient pour ça qu’on revient
de mars à décembre se prendre où se cambrent les culs et les membres
Dimanche 1 novembre 2009
y’a pas de lové sans complice ni sang ni peine sans sacrifice Ulysse s’est cassé sur lui glisse le chant des sirènes de police
y’a pas de lové sans complice Ulysse a tracé in extremis la malle s’est fait, la valise deux balles a laissées dans l’pare brise
le plan a marché jusqu’ici on œuvrait chez de vrais bandits le coffre a flashé, d’agonie un cri a lâché, on s’est enfui
d’odeur de poudre s’est remplie la rue, de foudres assorties pour nous absoudre, les képis viennent en découdre, petit, petit…
ils ont des flingues, des fusils qu’ils ont brandis sans préambule on est des dingues inassouvis comme on dit des têtes de mules
il est nom d’chien pas né celui qui nous f’ra cracher la pilule il est nom d’chien pas né celui qui f’ra un crochet en cellule
y’a pas de lové sans complice pas de coup mauvais sans justice pas de cerveau sans entreprise pas de liberté sans devise
y’a pas de lové sans complice pas de héros sans couardise pas de magot qu’on n’dévalise ni de gâteau sans sa cerise
la courroie hurle, le volant geint la nuit, la pluie, font des émules les keufs reculent, bravo l’engin comme il vrombit, le véhicule
Ulysse me signe le chemin d’instinct je suis chaque virgule nous sommes unis telles les deux mains d’un même destin de funambule
le traître feinte, je reste dupe les flammes encerclent la partie la tension moite, monte, décuple l’infâme a bâclé sa sortie
poker menteur sur fond d’arnaque bluff et patchaque sont de la passe la rue se tord en cul de sac les flics nous piègent dans l’impasse
Ulysse s’expulse de la voiture le rythme tape dans mes tempes il se retourne, et d’une injure vide son gun, puis il décampe !
y’a pas de lové sans complice peu de complices qu’on ne trahisse faudrait toujours douter, Janis avant d’sauter dans le précipice
y’a pas de lové sans complice nulle malice qui ne tarisse ils t’ont coincé, pauvre Janis par surprise s’est cassé Ulysse
le moteur claque et j’ai des crampes mon pactole vole vers d’autres azurs brusque, je braque – et de la trempe ! la bagnole file à folle allure
tremblant sous toutes mes coutures la caisse, comme dans un polar boule d’acier dans les ordures finit sa course dans un bar
-coma-
y’a pas de lové sans complice si un jour vous croisez Ulysse au nom du père, au nom du fils faites-lui la bise au nom du vice
y’a pas de lové sans complice si un jour vous plantez Ulysse faites-lui la nique et que lui pisse le sang par tous les orifices
Dimanche 1 novembre 2009
y’aura toujours décembre / pour succéder novembre / et toujours février / qui survivra janvier
dans un square enneigé / un soir, jolie frimousse / tu viendra abréger / ma repentance douce / tu viendra m’ériger / à six pieds sous les arbres / sous les stèles de marbre/ un abri, pour songer
à ce mois de décembre / qui succède à novembre / qui précède janvier / qui crève en février
peut-être qu’un lundi / en fin d’après midi / dans tes bras de Cassandre /quelqu’un qui sait s’y prendre / quelqu’un qui veut s’étendre / au ciel, par trop tenté / viendra se laisser pendre / à ton décolleté
un vieil ombre flambeur / qui, jadis encensé / par tes lèvres en cœur / reviendrait t’enlacer / un compadre sans peur/ que t’as pas oublié / ce souvenir, ma sœur / d’amour particulier
y’aura toujours décembre / pour dessouder novembre / et toujours février / pour ambiancer janvier
quand fermeront mes yeux / d’une fenêtre grande / ouverte sur ton lit / au jardin interdit / le poème maudit / désignera le feu / ton corps comme une offrande / une orange en décembre
y’aura toujours janvier / pour rappeler décembre / y’aura toujours novembre / pour remuer les cendres
et puis viendra l’été / et puis viendra l’été / et sa légèreté...
au courant du mois d’août / les messes seront dites / les preuves seront cuites / à tes joues de cajou /
et tes amours sans sweat / dont on voit pas le bout / tes cils, sans point de fuite / vacants entre deux moues
reviendront m’effleurer / et tes seins mordorés / et tes fluides salés / ta salive au bon goût / viendront s’évaporer / de mon torse andalou
pour combien de jaloux / surinés sans tabou / me vaudra le bonheur / de te revoir ma sœur ?
Dimanche 25 octobre 2009
Je voulais les poster hier, car ils vont avec le poème précédent (qui devrait être le premier) mais ils ne sont pas passés. Donc, les voilà. Ne me demandez pas pourquoi, écrire urge, en ce moment. D'autres (du même tonneau) à suivre, la semaine prochaine +++ filou
je suis un gentilhomme
j’ai pas volé mon homme
sur le fil du rasoir
du bar je vais m’assoir
je suis un gentilhomme
ne dois rien a personne
mais quand y’a la bagarre
je ne suis pas en retard
je suis un gentilhomme
je parle et je raisonne
mais quand je sens venir
dans un éclat de rire
je suis un gentilhomme
de l’école autonome
j’ai pas peur du trottoir
j’fais mêm’ peur aux anars
je suis un gentilhomme
avec un chapeau noir
et un cœur métronome
et un corps de guitare
je suis un gentilhomme
dans ma ligne de mire
les canons qui résonnent
les beautés qui s’étirent
je suis un gentilhomme
personne de me dire
ce que c’est qu’être un homme
je suis un être à part
je suis un gentilhomme
tristesse de savoir
ce que mon cœur accroire
de ton amour, à boire
Patron
patron, c’est la dernière
j’vais finir à l’envers
patron, c’est la dernière
dans la rue on m’veut plus
patron, c’est la dernière
mon amour, ma misère
patron, c’est la dernière
mon ami, mon frère
patron, c’est la dernière
elle est partie, je l’envie
patron, c’est la dernière
elle s’est enfuie, ma vie
patron, c’est la dernière
je m’en vais, je pleure
patron, c’est la dernière
du mauvais payeur
patron, c’est la dernière
au cimetière, mon père
au cimetière, mon frère
ma sœur, et ma mère
sur ma tombe de gangster
pleurèrent, pleurèrent
(bis)
Samedi 24 octobre 2009
Is a broken heart. Jean Leloup... J'adore cette toune.
j’arrive plus à dormir
j’arrive plus à manger
j’arrive plus à sourire
je ne sais plus pleurer
j’arrive pas à mourir
ni à vivre ou changer
j’ai besoin de te dire
je ne peux plus bouger
je ne veux plus maudire
et ne mendie l’ave
je ne sais plus écrire
que ton nom à crever
je ne veux que désir
ne souhaite que plaisir
à ton cœur assouvir
je veux t’entendre jouir
peut être que tu crois
aux chimères d’un jour
ou peut-être est-ce moi
qui doit passer mon tour ?
peut être que tu veux
juste vivre, après tout
est-ce facile ou mieux
que d’être amoureux fou ?
j’arrive plus à rêver
je suis pas vraiment drôle
je ne peux te prouver
je ne tiens plus mon rôle
je joue pas des épaules
les ailes, je les ai
je connais les étoiles
Lune m’a consolé
toi, tu crois un ailleurs
où le mot serait rire
je pâlis, comme j’ai peur
j’ai ton âme en délire
je ne cherche que d’or
et ne verbe qu’aimer
ne chéris que ton corps
moi, qui n’aime jamais
lors, je sombre à mon encre
comme dans les années folles
je redeviens le cancre
du banc de mon école
je m’abîme à ton ancre
et je nage à l’envers
je redeviens mon autre
je redeviens la guerre
je ne veux que désir
ne souhaite que plaisir
à ton cœur assouvir
je veux t’entendre jouir
je veux t’entendre vivre
je veux te revenir
te tenir comme un livre
ne plus te voir partir
mais peut être que deux
diamants, sur un bijou
c’en est trop pour les yeux
ça ne vaut pas le coup
mais peut être que je
tomberai à genou
ou peut être est-ce mieux
que d’être amoureux fou ?
Dimanche 4 octobre 2009
casser mon cœur
à l’intérieur
je l’ai cassé tout seul
toujours l’amour
qui joue des tours
aux gamins pleins d’orgueil
je n’ai pas vu
lorsque tu m’as élu
chevalier de ta vertu
je n’ai pas vu
lorsque je t’ai déplu
je n’ai rien senti non plus
casser mon cœur
à l’intérieur
étouffer la douleur
toujours l’amour
qui fait la cour
aux oiseaux de malheur
je n’ai pas su
modérer mes remords
et je t’en ai trop voulue
je n’ai pas su
rattraper mes erreurs
je t’avais déjà perdue
casser mon cœur
au mauvais sort
j’ai sauté les pieds nus
toujours l’amour
crie au-secours
jamais de retenue
je n’ai pas pu
quand ton désir s’est tu
j’étais un vrai vampire
je n’ai pas pu
à ton âme j’ai bu
tu ne m’as pas vu venir
casser ton cœur
comme un accord
à ma corde pendu
casser ton cœur
et ton amour
contre mes idées reçues
tu n’as pas ri
quand tu m’as dit salut
j’avais du mal à croire
tu n’as pas ri
o - j’espère que tu
verra le bout du couloir
Dimanche 4 octobre 2009
Al
Alors, comme ça, ça va ?
j't'avais pas oubliée
ça fait longtemps, déjà
j’t’avais un peu pliée
dans un coin d’ma mémoire
qui ressort que le soir
la nuit, quand j’suis dans l’noir
enclin au désespoir.
Alors comme ça, tu r’viens ?
j’t’ai déjà pardonnée
tu vois, ça sert à rien
de remuer la plaie
j’dis ça, sans trop y croire
l’pardon, c’est qu’un moyen
d’éviter les histoires
d’épancher mon chagrin.
Alors comme ça, tu peins ?
t’es devenue artiste
tu vois, moi j’fais du pain
puis j’ai quitté la piste
toi, du soir au matin
tu manie les couleurs
moi, j’chéris mon levain
j’lui trouve un goût de fleurs.
Comme ça tu dis, comme ça !
qu’le bonheur est partout
j’réponds couci-couça
qu’il va me rendre fou
dés fois, dans ma p’tite chambre
un fantôme, dans l’ombre
m’envoie des regards sombres
c’est fou c’qu’il te ressemble.
Il parait qu’tu vas bien !
qu’ta vie c’est du sirop
qu’ton mec est plein d’entrain
j’suis toujours à zéro
les filles devront attendre
que j’renaisse de mes cendres
j’ai vraiment pas d’quoi m’plaindre
encore un an, il m’semble.
Je me souviens, guerrière !
quand je t’ai rencontrée
t’avais pas d’partenaire
tu voulais plus t’montrer
un punk t’avait fait souffrir
j’voulais t’en libérer
tu vois, c’est bien d’le dire
c’est dur à assumer
J’nous r’vois, mélancoliques !
comme si c’était hier
nos défauts et nos tics
nos mauvaises manières
tes qualités magiques
tes paroles engagées
tes caprices exotiques
ne m’ont jamais quitté.
Tu t’rappelles les chemins ?
toutes ces routes qui défilent
ensemble, main dans la main
nos baisers juvéniles
l’innocence d’une idylle
nos rêves de gamins
les stops de ville en ville
du jour au lendemain.
Tu t’rappelles de mon chat ?
qu’aimait trop la campagne
qui vit comme un pacha
la -haut dans la montagne
de notre caravane
où on n’avait pas d’douche
de nos voisins les ânes
et leurs amies les mouches.
Tu t’rappelle des hivers ?
et des printemps superbes
quand on se souciait guère
de nos mines en herbes
je sais : y’a beaucoup de bières
qui m’ont collées aux lèvres
tu sais, j’en suis pas fier
j’en ai encore la fièvre.
Pour sûr, j'ai déconné !
quand tu t’faisais la belle
mais durant ces années
j’te suis resté fidèle
et fidèle à moi-même
même si c’est le contraire
je ne suis pas la crème
de c’qu’on fait d’mieux sur terre.
Allez : t’éternise pas !
les souvenirs font mal
fais-moi la bise et vas
j’veux pas t’briser l’moral
vas t’en rejoindre ton graal
j’espère qu’il t’aime, au moins
si tu te fais la malle
n’hésite pas : j’suis dans l’coin.
C’est vrai qu’on s’est tout dit !
tu f’rais mieux d’repartir
comment va mercredi
samedi va s’repentir
et dimanche a raison
la vérité : je tremble
j’ai vingt-six ans-maison
qu’est-ce qu’on est, fin décembre ?
N’oublie pas ton manteau !
j’voudrais pas qu’t’attrapes froid
dehors c’est plein d’cristaux
de neige, enfin je crois
j’crois qu’il y a ton héros
qui t’attend dans la rue
salue-le comme il faut
désolé moi j’sors plus
Vas t’en, ma terre est p’tite !
mon monde n’ est pas géant
si jamais on est quitte
reviens m’voir en passant
au cas ou ton grand cœur
aurait besoin d’un gîte
cherche pas quatorze heures
n’oublie pas ou j’habite !
C'est clair, j'suis casanier !
je voyage plus souvent
les galères m’ont saigné
les veines aux quatre vents
ici, j’ai du travail
t’es libre de tes pas
avance, vaille que vaille
ne te retourne pas.
Je savais qu’le passé,
c’est pas bon à r’ssasser
j’en à peine assez
que tu dois te casser
écoute, juste un instant
ça fait vraiment plaisir
de causer du bon temps
et de te voir sourire.
allez casse-toi, p’tite sœur !
t’as raison d’être heureuse
de croire en ton bonheur,
moi, j’ai les idées creuses
j’ai l’humeur ténébreuse
la pensée vénéneuse
casse-toi, c’est déjà l’heure
et pense à moi, sister.
Comme ça, on s’sert la main ?
faut pas trop tenter l’diable
j’te souhaite que des câlins
que des choses agréables
moi, je reste dans mon antre
le pain vient de cramer
et puis, j’ai mal au ventre
c’est pas grave, j’m’en r’mettrai.
Comme ça, j’te laisse partir !
j’regarde par la fenêtre
j’aurais tant voulu t’dire
que j’t’aime, plus que peut-être
qu’ça sert à rien d’courir
autour de la planète
quand l’amour te désire
juste au pas de ma porte.
Alors comme ça, ça va ?
j’t’avais pas oubliée
ça fait longtemps, déjà
j’t’avais un peu pliée
dans un coin d’ma mémoire
qui me protège, le soir
du chaos et du noir
aussi, du désespoir.
Dimanche 4 octobre 2009
ma belle je t’écris
pardon si je te blesse
ma belle je t’écris
une lettre que je laisse
ma belle je t’écris
et je pars sans rien dire
ma belle je t’écris
ce que j’aurais dû te dire
plus jamais mon cœur
prisonnier ne sera
non jamais mon cœur
de prisonnier ne fera
nous étions unis
pour le meilleur et le pire
nous étions unis
par les larmes et les rires
nous étions unis
par la force du désir
nous étions unis
pour les tempêtes avenirs
plus jamais mon cœur
prisonnier ne sera
non jamais mon cœur
de prisonnier ne fera
ma femme je t’aimais
chaque jour le prouvait
ma femme je t’aimais
tendrement désirée
ma femme je t’aimais
par ton être attiré
ma femme je t’aimais
t’aurais-je trop rêvé ?
plus jamais mon cœur
prisonnier ne sera
non jamais mon cœur
de prisonnier ne fera
où sont les années
jolie poupée de cire ?
où sont les années
de tes joyeux sourires ?
où sont les années
qui égaillaient ma lyre ?
où sont les années
perdues dans tes soupirs ?
plus jamais mon cœur
prisonnier ne sera
non jamais mon cœur
de prisonnier ne fera
ma reine je t’aimais
comme un précieux trésor
ma reine je t’aimais
je chérissais ton corps
ma reine je t’aimais
mais ton amour est mort
ma reine je t’aimais
je t’aimerai encore
plus jamais mon cœur
prisonnier ne sera
non jamais mon cœur
de prisonnier ne fera
ma fleur je me trompais
par ton cœur ébahi
ma fleur je me trompais
j’étais au paradis
ma fleur je me trompais
souvent femme varie
ma fleur tu me trompais
avec mon ami
plus jamais mon cœur
prisonnier ne sera
non jamais mon cœur
de prisonnier ne fera
ma belle je t’écris
face au soleil levant
ma belle je t’écris
mes cheveux dans le vent
ma belle je t’écris
pleureront tes amants
ma belle je t’écris
que je t’aimais vraiment
plus jamais mon cœur
prisonnier ne sera
non jamais mon cœur
de prisonnier ne fera
Dimanche 1 février 2009
On était vingt cinq mille, jeudi à Perpignan, pas très bruyants mais nombreux (comme une colère sourde) deux millions cinq dans toute la France, onze mille en Guadeloupe. Certes les revendications divergeaient, mais elles se rencontraient quand même en un point : salariés, chercheurs, étudiants, usagers, tous n’en peuvent plus de la politique dirigée par ce président qui n’écoute que lui.
Je suis content de ne pas avoir la télé.
Au fait, je n’ai plus de ligne internet chez moi, et je m’ennuie de ne plus vous écrire souvent. Je débute mon stage long lundi à sept heures (à sept heure vingt / à cette heure vaine / mange mon pain / mange ma peine) en protection de l’enfance. Ce mois d’IRTS m’a de nouveau crevé, j’espère que je retrouverai vite un semblant de forme. En attendant, j’ai commencé à trier mes liens z’amis, dans le but de refaire leur mise en page et d’en ajouter, mais c’est fastidieux et ça prendra du temps…(le tiers du boulot est fait)
Tiens, je crois que c’est le truc le plus triste que j’ai écrit depuis des lunes : je suis incapable de juger si c’est bon mais je l’avais sur le cœur - à vous de dire…
Le secret
le soir est pas sûr
le soleil est trop fort
j’range la voiture
auprès d’un arbre mort
un tas de factures
sur le tableau de bord
je les rature
d’un trait qui vaut de l’or
j’ouvre la porte
pour aérer un peu
les mouches sortent
dans l’odeur de mes pneus
comme une alarme
je fonds en larmes
comme une alerte
brûle tes lettres
pourquoi la vie
n’a plus goût d’interdit ?
pourquoi ma vie
goûte l’ennui ?
tombe la nuit
je rentre à la maison
tombe la pluie
la ligne d’horizon
j’ouvre la porte
les années mortes
l’heure des aveux
le pot au feu
tu as compris
mais tu ne m’as rien dit
tu as prédit
la fin de nos envies
tu m’as dessoulé
tu m’as consolé
je t’ai oubliée
je t’ai oubliée
pourquoi la vie
n’a plus goût d’interdit ?
pourquoi ma vie
goûte l’ennui ?
pourquoi l’usine
a renvoyé ses hommes ?
pourquoi Martine
as-tu viré ton homme ?
est-tu tombée
dans mes bras par dépit ?
est-tu tombée
comme la pluie
pourquoi la vie
n’a plus goût d’interdit ?
pourquoi ma vie
goûte l’ennui ?
minuit résonne
je vais sur le balcon
les cloches sonnent
j’ai fait le con
les gosses ont grandi
ils sont partis
c’est la folie
qui m’a conduit
pourquoi la vie
n’a plus goût d’interdit ?
pourquoi ma vie
goûte l’ennui ?
pourquoi la mort
qui me traine dehors
se joue de mon sort ?
ne frappe pas mon corps ?
vient le matin
je n’ai pas dormi
comme le train
la vie fait du bruit
je prend les factures
je prends la voiture
je m’en vais c’est sûr
jusqu’à ce soir
viendra midi
et son soleil maudit
viendront sept heures
fermer mon cœur
le ciel plombera
le soleil patatras
je brûlerai mon or
comme un trait du sort
et je rentrerai
et je te dirais
je t’aime encore
je t’aime encore
à +++filou
Dimanche 2 novembre 2008
Avant que les étangs ne gisent gelés, je vous poste un truc que j’avais écrit près d’un fleuve tranquille, du côté de Baie Saint Paul, et qui donne une suite au précédent machin intitulé l’île d’Orléans que j’ai publié plus bas (... à ne pas lire au premier degré, quoique...) +++ filou
Le balcon vert
les fleurs ont échoué leurs pétales
démontées de leur piédestal
les polissonnes automnales
sur le pavé sont très banales
les vignes ont perdu leurs sarments
leurs feuilles et tout leur équipage
ont déserté au firmament
du vent délivrant les nuages
les oies sauvages volent en criant
les cormorans vont à la nage
y’a t’il vraiment un océan
au bout des lèvres de la plage ?
les corbeaux ont le souffle court
depuis qu’le champ s’est fait la malle
leurs légions n’ont aucun recours
sauf la basse cour, mon caporal !
sur les flots ronquent les bateaux
ancrés le temps d’une accalmie
ils reprendront la mer tantôt
les marées hautes l’ont promis
les bateliers parlent d’argent
la gloire des quais les fait mentir
les établissements piégeant
leurs derniers sous - ils vont partir
les bars font les portes ouvertes
comme des offertes entrejambes
l’amène bière est toujours prête
à être aimée, pourvu qu’on flambe
la ville engraisse ses agneaux
passant en paix – les pieds dans l’plat
les gouttières emprisonnent l’eau
dans les bras des toits des villas
les maisons ont des briques rondes
cachant à peine leurs formes nues
dans les salons - que du beau monde
autant de charmantes inconnues
les femmes ! les femmes ont le parfum
de l’aventure et la peau fine
des soies de Chine, le sein indien
ces dames ont la larme câline
ces dames ont la larme coquine
le tourbillon qui les étreint
ressemble à la brise saline
qui caressa nos mains
et moi, c’est décidé
j’arrête le L.S.D
j’deviens végétarien
enfin, j’en sais trop rien
Au fait : décidément mes problèmes de sous ne font qu’empirer (et j’ai encore un an et demi à tenir ce rythme) si quelqu’un avait un plan pour taffer au noir, le week-end à Perpignan, et s’il pouvait me le dire ici, ou m’envoyer un courriel, ce serait sympa… filou
Mercredi 22 octobre 2008
dans la grisaille
un poème naît
un grincement de rail
le fruit de mes entrailles
sous la mitraille
une fleur fanée
un pétale émaillé
un oiseau blessé
que tu t’en ailles
je le relirai
ce poème imparfait
que je voulais brûler
fétu de paille
je le jetterai
du haut d’une muraille
pour ne pas le froisser
dans la grisaille
un poème naît
un éclat de métal
le fruit d’une bataille
que tu t’en ailles
et je t’aimerai
comme on aime le mal
et les oiseaux blessés
vaille que vaille
je continuerai
des fois que tu reviennes
me réveiller
viennent que viennent
les joies et les peines
où sombreront les tiennes
je coulerai les miennes
Vendredi 17 octobre 2008
J’ai rajouté quelques liens que j'ai à cœur de partager, il suffit de cliquer sur les liens z’amis de "materrea2lunes" un peu à gauche, voilà, comme ça. .. Sinon j’ai scanné en deux fois un dessin que j’avais fait en début d’été, mais je n’arrive pas bien à faire ressortir les couleurs, dommage -et du coup je m'apperçois que monblogue ne les affiche pas (une prochaine fois...) et j’ai extrait de ma malle un vieux truc, que je poste, parce que ça fait du bien de s’envoyer des fleurs quelquefois (non, sérieux, je n’écris plus comme ça, c’était une période où je me relisais beaucoup trop, j’étais jeune). A tantôt, Filou.
légendes
(je dit que des adultes ont perdu la raison
qu’en voulant la bâtir il ont fait leur prison
je dit que leurs dents dures sont comme leur cœurs, usés
à force de creuser, qu’ils font face à un mur
je dit que les enfants dans les glaces infinies
de leur space opéra tutoient les éléments
je dis que carrément, et c’est très important
de traverser les rêves - au fond les interdits…)
je dis que les chanteurs sont comme les enfants
‘faudrait toujours en chœur, qu’on leur donne le La
je dis que les auteurs sont comme les oiseaux
et qu’ils crèvent de peur quand on s’approche trop
et qu’ils crèvent le sens quand on a plus de mot
qu’on a brûlé l’essence et qu’on a plein le dos
je dis qu’ils coagulent où saigne la beauté
que leurs pavots se frottent aux herbes des sentiers
qu’ils défrichent un terrain qu’on a pulvérisé
dans leurs cerveaux : l’amour, aux genoux cabossés
je dis que les poètes habitent la banquise
des ours affamés, des tigres sibériens
des trophées légendaires qu’on nomme avec estime
impressionnants et rares, aussi, qu’on assassine
qu’ils finissent empaillés dans les bibliothèques
ahurissants captifs de cirques littéraires
je dis que leur désir éternel est mortel
et qu’il va embraser l’horizon suffoquant
les livres consacrés, les lèvres des squelettes
les regards occultés à contempler le gel
je dis que leurs visions s’entrechoquant provoquent
la chute imprévisible de corps errants, célestes
et parfois le vertige, et parfois le déluge
sous des bordées de sable et des cordes de sel
je dis que ces enfants sont comme les comètes
qui font tourner la tête aux mathématiciens
je dis qu’ils ont raison de pleurer leur Eden
peuplé de musiciens, de trapèzes et de clowns
’faudrait qu’on applaudisse à leurs tours de magie
et qu’on les remercie pour leurs invocations
‘faudrait que les adultes aient vent de leur folie
que nos passions se hissent, et que nos vies résonnent
(nous resterons enfants et plus rien ni personne
ne saura nous blâmer d’être comme nous sommes)
Mardi 14 octobre 2008
Je me permets de publier, dans sa forme première, le poème que Tenebrum Draco a sympathiquement mis sur son blogue, car finalement, il date un peu, mais je l’aime bien Et il reflète assez mon état d’esprit de l’époque. Si des chums de Saint Jean passent ici par hasard, qu’ils me laissent un message avec un courriel, j’aimerai vous revoir. Mille fois merci. Bonne nuit. Filou.
L'île d'Orléans
Voiles sur le Saint Laurent Déjà minent de partir Au soleil d'été mourant Les érables vont rougir
Dans les herbes les grillons Qui tantôt vont s'endormir Aux sons d'humbles carillons Semblent vouloir retenir
Quelques gouttes d'élixir Quelques délicieux zéphyrs Et les rayons qui s'étirent Et les vagues de frémir
Sous la brise d'automne Emportées par la houle Aux flots du fleuve donnent Comme la chair de poule
Voiles sur le Saint Laurent Déjà minent de partir Au soleil d'été mourant Les érables vont rougir ...
Avec mes yeux plissés qui continuent de voir Sous le soleil, ce lion, qui domine l'azur Avec l'esprit géant, brûlé de désespoir Qui transcrit en pensées songes et larmes pures
Et vos saines joies blondes, et vos doigts de velours Avec, ma chère, votre amour jusqu'au bout du monde ...
A sept heures, le ciel se penche sur le fleuve Quand l'eau se laisse aller, dans ses bras sans nuage Le ciel, dans son reflet respire, ses effluves Ivres, sensiblement, embrasent le rivage
Le vent, devenu frais, s'étire en effleurant Les rouges amants doux, bientôt pourpres et oranges L'astre, qui tout le jour, comme s'évaporant Parsemait les flots saouls de libellules étranges
Récite maintenant, faiblement, en douceur En s'évanouissant, quelques vers en couleur
Puis, les cloches brûlantes, criantes, alarmées Séparent virulentes, leur étreinte brillante Les romances indolentes et les soupirs charmés Sonnent les insolentes, la lune concurrente
Le soleil, rugissant, s'incline sous l'éther Reprend nonchalamment ses rayons, et la terre
Immense, refroidie, dans les ténèbres noires Tremble d'abandonner son amoureux céleste Plus tard, la nuit experte en matière de loirs L'écoutera dormir, sans demander son reste
Un ferry égaré, aux machines bruyantes Aux cales débordées d'exotiques féeries Imprimera au fleuve une vague effrayante Qui n'indiffèrera que les chauves-souris
En haut la lune luit, boule de feu, bougie Survole éblouie, la côte d'Haïti
Samedi 20 septembre 2008
le temps, le vent portent les feuilles
de mes dix sept ans révolus
l’amour, la joie, le bruit, les filles
Marie Christine, que je salue
mon cœur est noir et volatil
par effraction, le monde est neuf
je veux m’encanailler des villes
avec la nuit, avec la teuf
y’a Greg qui m’invite à clamser
à minuit pile sur sa bécane
si ça marche pas, c’est juré
on ira s’exposer le crâne
qu’est-ce qu’on a fait de nos symboles
quand on ne va plus à l’école
qu’est-ce qu’on a fait de pas sensé
quand on a quitté le lycée
le temps, les plaies portent les croûtes
de mes dix sept ans résolus
je me revois près d’une route
j’aimerai crever dans la rue
les punks ont le droit de cité
chez Mamy, le bistrot s’emplit
de désordre et d’âcre fumée
de nos désirs, de nos envies
on prend des cuites dans les parcs
et on se fout de bien parler
on a des allures de monarques
désenchantés, désopilés
qu’est-ce qu’on a fait de nos amours
quand on ne va plus dans la cour
qu’est-ce qu’on a fait de nos excès
quand on a quitté le lycée
le temps, la vie portent le mal
de mes dix sept ans désœuvrés
de l’allégresse, du métal
des cicatrices pour de vrai
les théorèmes sous les grands chênes
la poésie pour mettre en scène
la débâcle, mon général
le corps et l’âme en diagonale
personne n’a jamais gagné
mais c’est au combat qu’on grandit
qu’est-ce qu’on en fait, de nos cahiers
mon vieil ami, qu’est-ce qu’on en dit
qu’est-ce qu’on a fait de nos idoles
quand on ne va plus à l’école
qu’est-ce qu’on a fait de nos idées
quand on a quitté le lycée
Mardi 24 juin 2008
Ça mérite peut-être une explication de contexte : D’abord, j’arrivais pas à dormir. Ensuite je revenais de la fête de la musique où j’en avais pris plein les oreilles, pour le plus grand bien de mes typans. Puis comme je m’étais attardé au spectacle du rappeur R-Can, dont les z’icos étaient excellents, et qui a réussi une impro de fou sur son dernier morceau, suivi d'un pur régal de funk, je me suis mis en tête de faire rimer des « angues » et des « ingues ». Mais comme j’étais quand même un peu ramasse en rentrant, j’ai laissé mon ordi choisir sa musique, et il est tombé sur Léonard Cohen, puis sur Neil Young. Pour accorder le tout, je me suis attaché à y mêler une sorte de sens sentencieux, qui n’avait rien à voir avec celui du premier jet. Et ça a donné ça :
ce qui est populaire ne se vend pas, se donne
ce qui est populaire n’appartient à personne
c’est le ping et le pong
des pales d’un vieux zinc
un hymne à la déglingue
de Cohen, un folk-song
c’est un disque qui tangue
comme au rythme des jours
comme une vie de zone
au sommet d’une tour
c’est une nuit d’ozone
quartier des amazones
un magasin de fringues
un cow-boy en santiags
- sans Dieu ni Gang
une main sur un flingue
et l’autre dans un string
- c’est une route longue
le continent autour
jouant du métronome
comme un magnétophone
qui crache du Neil Young
refrain ? c’est le big-bang
comme un cri de King Kong
un big-band qui fait bling
c’est le ying et le yang
comme au sortir d’un ring
un frisson qui secoue
qui rend ivres les fous
et délivre les langues
et libère les hommes
et libère les femmes
ce qui est populaire ne se vend pas, se donne
ce qui est populaire n’appartient à personne.
PS: j'ai enfin pris un moment pour foncer l'écriture du blogue, vos yeux m'en seront sûrement reconnaissants, et les miens pèleront moins. A + Filou
Mercredi 18 juin 2008
J’avais du temps devant moi aujourd’hui alors j’en ai profité pour fabriquer ces petits jeux de mots. J’ai aussi glané quelques graffitis dans mes cahiers de cours. Merci à Ténébrum Draco de passer les infos à tes lecteurs, c’est important. Je me pose la question de créer une veille informative, mais je ne sais pas encore auprès de quels sites me renseigner. Je verrai cet été. A tantôt, Filou.
ça a combien de pattes, un psychopathe ? / et ça a combien de tics, un narcoleptique ? / c’est sous quel récif, qu’on devient dépressif ? / boit-on du rosé, quand on est névrosé ? / ça a combien de couches, un français de souche ? / combien de ratures en littérature ? / c’est sous quelle emprise, que tu lâchais prise ? / comment tu manies ta mythomanie ? / ça a combien d’ailes, une ribambelle ? / et ça a combien d’œil, un écureuil ? / est-ce que les rapaces ont des carapaces ? / est-ce que les présidents ont tous des longues dents / il faut combien d’hommes, pour faire un symptôme ? / et combien de volts, pour qu’on se révolte ? / que devient la ouate, quand on met les watts ? / est-ce qu’on a bien rit des mutineries ? / pourquoi tant de zèle, chez les demoiselles ? / et de noms d’oiseaux, chez les damoiseaux ? / il a trop de listes, pour les socialistes . / et il y a trop de kystes, de l’avis des trotskystes . / on est pas adroit, quand on est à droite . / et on n’est pas manche, quand on est à gauche . / est-ce qu’on y était, dans la société ? / comment tu vois le ciel, quand tout est démentiel ? / ça a combien de tics, un psychotique ? / et ça a combien de pattes, un sociopathe ? / y’a combien de sphères dans un contre-transfert ? / combien de versions de la perversion ? / est-ce que ça se coke, un staphylocoque ? / est-ce que Astérix a des idées fixes ? / est-ce que Hölderlin était borderline ? / est-ce que ça se freine, un schizophrène ? / pourquoi ça se perd autant, les repères ? / est-ce que ça s’opère, un coopérant ? / est-ce que ça dialogue, un radiologue ? / est-ce qu’on y sera, quand ça fissurera ? / il n’y a pas de terre dans les ministères . / peuplerons-nous les îles, ou les asiles ? / elles ne sont pas niaises, les bolognaises . / il n’y a pas de voix off, chez les philosophes . / il n’y a pas de barbe, autour des rhubarbes . / ça n’a pas de prix, un trait d’esprit . / ça n’a pas de nez, la fausse monnaie . / combien faut-il d’anneaux, pour être parano ? / ça a combien de pattes, un patibulaire ? / et ça a combien de tics, un romantique ? - / - y'a combien de pattes, chez ceux qui nous épatent ? / et y'a combien de tics, dans nos cœurs en plastique ?
Dimanche 8 juin 2008
Ouaouh !!! J’ai relu le texte que j’ai « commis » l’autre soir d’ivresse, et j’ai bien voulu l’effacer, mais ma pote amie copine Marianne M. m’en a dissuadé. Je crois que j’étais un peu énervé, et même si c’est à peu près exactement ce que je voulais dire, il y a des moyens plus élégants de le faire. M’enfin ! Je demande encore ce qui peut se passer de si grave en France pour que les rues de ma ville soient à ce point quadrillées de forces de l’ordre en tous genres. Depuis 15 jours j’ai dénombré au moins 10 cars différents de CRS, des voitures de police nationale, de municipale, de gendarmerie, de douanes, des officiers à pieds, en civils, qui sillonnent les chemins jour et nuit. Aucune presse locale n’en parle, et j’aimerai savoir comment ça se passe ailleurs ? Je regarde peu la TV mais j’ai vu hier, dans le journal du soir, un spot de quelques secondes qui semblait dire que les CRS ont chargé la foule à Quimper - foule qui manifestait, pour ce que j’ai pu en comprendre (en si peu de temps - et en fin de journal) pour sauver son hôpital public. Ici, tous les pharmaciens mettent en garde contre la privatisation de la santé, en affichant des slogans assez clairs sur leurs vitres, comme « tombez malades aujourd’hui, demain il sera trop tard ». Autre sujet, de presse écrite cette fois, j’ai lu ces dernières semaines, y compris dans l’hebdo Marianne (que j’apprécie d’ailleurs) plusieurs attaques dirigées contre le NPA (nouveau parti anticapitaliste) initié par la LCR. Moi, qui ne suis encarté nulle part, et plusieurs de mes collègues, avons pourtant été invités à des débats et des forums d’information, où nous n’avons absolument pas ressenti le sectarisme ni la volonté de récupération, dont les journalistes semblent accuser la LCR. Les débats ont été riches, didactiques, et notre parole a été écoutée, sinon entendue. De mon côté, il me paraît possible de créer quelque chose de nouveau, avec le NPA, qui dépasse les clivages idéologiques de chacun. Et c’est peut-être urgent. Quand à la mobilisation des travailleurs sociaux en formation de l’IRTS de Perpignan, elle s’est essoufflée face à la contrainte de travail institutionnelle à laquelle nous devons répondre dans le temps imparti (plus personne ne dort, en tous cas pas moi, pour rendre la somme astronomique d’écrits qu’on nous impose de pondre à propos de tout et de rien). Pour ceux qui s’y intéressent, et vu qu’aucune avancée notable n’est en vue dans ce domaine (le directeur de cabinet de Xavier Bertrand nous a encore pris pour des Bisounours), je vais momentanément effacer les liens amis pour ne garder que celui de Perpignan, où ils sont de toute façon répertoriés. La mobilisation reprendra sans doute en septembre, quand une classe entière de collègues devra signer ses conventions de stage, et lorsque, évidemment, faute de sous et d’intérêt porté par nos décisionnaires, cela leur sera refusé. Je les remplacerai, dés que je peux, par des liens de potes (plus artistiques). Pour continuer sur le même sujet que les textes précédents, mais de façon plus légère, voici « le vent en pop » :
elles ont le vent en poupe
mauvaises gens
elles aiment Betty Boop
et Tarzan
elles regardent à la loupe
notre temps
elles ont les yeux soucoupes
détergents
elles ont le vent en pop
mauvaises gens
elles aiment le trip hop
et Rahan
elles se taillent des coupes
de mutants
elles se méfient des scoops
qu’on leur vend
elles mènent large au cap
des vivants
quand elles se sentent cap’
sans argent
elles se fument en clopes
émouvants
gracieuses escalopes
s'enivrant
elles ont le vent en poupe
chaud devant
elles aiment Betty Boop
et Jean Valjean
C’est certes un peu naïf, mais ça me plait. Au fait, je vois que vous êtes nombreux à visiter le blogue, pensez à laisser des comments, qu’on puisse partager quelques bouts d’idées, merci. Filou. Ps : à Ténébrum Draco, je reprendrais contact cet été, à plus, continue le combat.
Samedi 24 mai 2008
Bref, j'suis un peu mal, et j'suis surtout très bourré ce soir. Je suis dégoûté parce ce qu'on a tout fait pour être médiatisés depuis deux mois, et que malgrè qu'on était plus de 3000 à Paname de départements unis et différents, des Pyrénées jusqu'à la Sorbonne (ces cons de CRS nous ont gazés, comme il faut, en réponse à des gens, pas racaille ni travailleurs sociaux en formation, que personne d'entre-nous ne connaît ni d'Eve ni d'Adam - ce qui est inconcevable quand on vient d'écoles où s'qu'on se connaît personnellement tous - qui les ont, soit-disant, "agressé" - ce qui a leur a donné raison de répondre violemment aux pacifistes patentés que nous représentons) aucun média ou presque, n'a voulu parler de nous, ni de notre problème de formation, bientôt lettres mortes, du moins très bientôt caduques : système à la con. C'est un peu comme si les journaleux oubliaient qu'il y a de l'information en France à exprimer aux citoyens. Fascisme? Propagande? Sarkosisma? Beaucoup de questions que je ne me pose plus. C'est mort. Enfin, pour redevenir ou rester humains, si vous avez des airs à partager avec moi, je vous offre ces modestes paroles. Pensez simplement à m'envoyer les morceaux, si vous en faites avec, qu'on s'amuse un peu... S'il vous plaît... merci... D'avance et en retard. Simples révoltes!!! Grands pas sur la Lune!!! Merci encore et encore et encore et encore, de les partager avec moi. On est copains ou quoi ? Du texte d'avant voici la suite, que Julien.M. a commencé de balancer en musique. Envoyez - si vous voulez - vos courriels, vos commentaires - pour écouter l'originale - ou please, encore mieux composez...
- entendez-vous, c'est arrivé / ce coup là nous sommes énervés
ils ont renvoyé les immigrés / ils emprisonnent le progrès
- entendez-vous quand ils mugissent / soldats et féroces CRS
quand ils s'en prennent aux filles, aux fils / à nos anciens - à nos promesses
- allons enfants de la fratrie / à la santé de nos victoires
à la mémoire d'un jour de gloire / allons enfants de la partie
- alors voyons, cet étendard / qui fut sanglant, qui fut un dard
pourquoi maintenant nous sépare / pour une poignée de dollars
- alors voyons, cet étendard / qui fut bleu-blanc-rouge d'espoir
peut-on le rendre un peu plus noir / contre-nous racisme et remparts
- réveille-toi, rebelle-toi Paris / rebellons-nous îles et villes
soyons les indiens, les kabyles / de notre faim soyons le cri
- réveille-toi, rebelle-toi Paris / soyons nos musiques et nos contes
soyons nos liens et nos rencontres / soyons la terre, soyons nos maîtres
N'ayez pas peur, exprimez votre symptôme, dites, compilons, changeons le monde, laissez des commentaires.. D'avance merci. A tantôt. Filou.
Dimanche 11 mai 2008
Coup de gueule !!!
Voilà, encore des jours à ne plus trouver le temps de m'occuper de moi ni de mes proches. Pas plus du blogue d'ailleurs. Retour sur la situation qui me préoccupe : depuis deux lunes, rien n'a véritablement changé. Le gouvernement renvoie la balle aux conseils généraux, les conseils généraux renvoient la balle au gouvernement : l'impasse. Les futurs travailleurs sociaux sont au centre du dilemme, même pas en position d'arbitres. Leurs stages s'évaporent comme neige au soleil, faute de financements, quand on ne leur signifie pas simplement qu'étant gratifiés (par quelques associations "compatissantes") ils interviennent en remplacement de professionnels (des galériens à 398,13 euros le mois, légalement - c'est-y pas bon ça?). Qui ne voit pas le recul de notre société, le retour à l'exploitation éhontée (dire "libérale") des femmes, des hommes et des richesses, qu'on nous impose à tous, branche de travail par branche de travail (accords d'entreprises, éducation nationale, éducation spécialisée, aide sociale à l'enfance, hôpitaux, justice, prisons, retraites, j'en passe et des meilleures...) en catimini, avec des sourires mieileux, des "vous en faites pas, c'est un peu raide à avaler mais ça va passer, comme d'habitude, par derrière..." ? C'est la MERDE !!! Excusez du peu. Ce n'est pas la vision que j'ai de mon avenir ni de celui des usagers (quand on ne se trouve pas dans l'obligation, depuis la loi de prévention de la délinquance, de dénoncer les familles à la "Stasi Sarkoziste" - ce que certains refusent, se mettant justement hors la loi, passibles de peines, d'amendes, et de ne plus pouvoir exercer leur métier). C'est GRAVE. Je ne peux pas personnellement cautionner les dérives d'un état dont les élus ne représentent que leurs comptes en banque. L'idéologie de ces gens est dangereuse. Je n'appelle plus ces façons de faire des "errements de nouveaux riches" venus au pouvoir, mais bel et bien du FASCISME !!! Bref, je laisse les liens des collectifs jusqu'à la fin de la mobilisation et je me rends à Paris, direction La Sorbonne, le 13 Mai, manifester avec les collègues de toute la France qui sont pas contents, mais alors pas du tout. Pour lecture, je publie un poème qui me vient du coeur, que Marianne M. a déjà mis en musique (je vous envoie le mp3 sur votre courriel, si vous laissez un commentaire). Merci à celles et à ceux qui suivent de près ou de loin nos aventures, merci à celles et à ceux qui nous soutiennent, en riant un peu svp (ce qui, j'en conviens, n'est pas mon fort en ce moment). Pour préserver cette façon un peu "passéiste" et solidaire de vivre ensemble, que nous sommes, je crois, nombreux à vouloir partager. N'en déplaise à nos élus, que je ne salue plus, mais alors décidément plus.
Abreuvant nos sillons
Nos bourgs et nos campagnes
l'Alsace et la Bretagne
Lille et le Roussillon
Paris, d'Est en Ouest
Nos fils et nos compagnes
Toutes les gens modestes
A vos pavés, Mariannes !
A bientôt, à Paris, en Province, pour dire que Non, mesdames et messieurs les politiques, vous ne pouvez pas tout le temps faire ce qu'il vous plaît de nous, en vous sucrant perpétuellement sur notre dos. Comme disait l'autre "il faut chercher l'argent où il se trouve, chez les pauvres : d'accord ils n'en n'ont pas beaucoup chacun, mais ils sont très nombreux" A plus.
PS : à voir et écouter absolument Desert Rebel, les rockers oubliés du désert. Une histoire de résistance portée par des musiciens réunissant Tryo, Mano Negra, Gnawa Diffusion et rebelles touaregs. Trop de la balle...
Mercredi 19 mars 2008
je voulais parler d’un sujet un peu léger
écrire un conte, sans acompte, sans projet
chanter je sais pas, le mystère
la liberté, la bagatelle
je ne voulais pas parler d’elle ni me taire
je ne voulais pas parler d’elle, mais je l’ai fait
parce que la belle était rebelle, voire décoiffée
parce que son cœur était en pleur
parce que mon cœur était plusieurs
et qu’à plusieurs on est toujours un peu meilleur
ne voyez dans cette sentence aucune ruse
aucune prouesse de langue, aucune harangue
pas de mélancolie diffuse
pas même un bateau saoul qui tangue
un alexandrin ça vaut bien dix mots d’excuses
je voulais parler d’un sujet un peu léger
sans strapontin, faire un refrain, sans préjuger
mais à vrai dire, le pot au rose
à découvrir le fond des choses
je ne voulais pas parler d’elle mais j’en cause
pardonnez-moi, mais quand ma mie me magnétise
quand elle joue, avec ses moues, qui m’hypnotisent
quand elle maudit ma raison d’être
quand je dois fuir par la fenêtre
en essayant de m’agripper à ma valise
je voudrai lui parler de moi, tout bonnement
sans m’évader, sans la braquer, sans boniment
de mon avenir avec elle
faire une jolie ritournelle
mais elle m’emmêle avec ses maux qui m’ensorcellent
alors désolé si mes mains sont implorantes
si vous trouvez ma prosodie un peu navrante
consentez-moi de la dédier à mon amante
permettez-moi de l’offrir à ma ravissante
les mots d’amour ne charment que ceux qui les chantent
ne voyez dans cette sentence aucune ruse
aucune prouesse de langue, aucune harangue
pas de mélancolie diffuse
pas même un bateau saoul qui tangue
un alexandrin ça vaut bien dix mots d’excuses
Mardi 4 mars 2008
si tu as la connerie
si tu ris quand tu t’endors
bois de la soupe au curry
de la sauce au roquefort
si, idiot, tu restes, encore
(malgré ce régime là)
mets du piment très, très, fort
dans tes crêpes au chocolat
et si tu as la folie
comme un grain de cardamome
mets des fleurs de pissenlit
dans ton yaourt à la pomme
si tu as le rire au bord
des lèvres, et la cochonnerie
fais des folies de ton corps
mets du jambon dans ton lit
mets du vivre dans ta vie
si tu as le métissage
si tu as un peu l’envie
c’est aujourd’hui mon message
Samedi 1 mars 2008
non, maintenant, rien d’impossible
même l’amour qui nous sembla
à tous, un jour, inaccessible,
rien d’impossible dans tes bras
mon pauvre cœur qui, malmené
par tant de revers, et meurtri,
jurait de ne jamais t’aimer,
en sacrilège s’est épris
me voici pendu à tes lèvres
-ta douce, blanche, tendre peau
agite en moi, comme la fièvre
-et n’espérant plus le repos
me voici tendu comme un lièvre
l’oreille à l’affût d’un écho
au moindre sursaut de tes lèvres
me voici pendu à tes mots
non, maintenant, rien d’important
que ta voix douce et tes yeux clairs
assurément, rien que le vent
contre les frimas de ta chair
Jeudi 28 février 2008
quand le génie s’empare
léger comme l’air
de la guitare
laisser couler le blues
dans un verre de gin
quand le tempo s’enivre
la passion délivre
la fièvre de vivre
laisser couler le blues
dans un verre de gin
quand le pianiste joue
des purs bijoux
la corde au cou
laisser couler le blues
dans un verre de gin
quand la voix se déchaîne
les larmes dégainent
le diable sur scène
laisser couler le blues
dans un verre de gin
quand le charme ensorcelle
vos sexes rebelles
déesses cruelles
laisser couler le blues
dans un verre de gin
quand s’impactent les âmes
flambent les gammes
sur le macadam
laisser couler le blues
dans un verre de gin
quand distorsion sublime
de ruse et de crime
le son s’envenime
laisser couler le blues
dans un verre de gin
et quand les revolvers
font leur affaire
dans le désert
laisser couler le blues
dans un verre de gin
Dimanche 10 février 2008
t’as fait ton choix, allez, j’m’en vais
allez j’me gliss’ j’me cass’ j’me tais
hors de ta vue, je trace, je fraie
t’as fait ton choix, c’plus fort que toi
plus fort que tout mon cinéma
plus fort que nous, plus fort que moi
t’as fait ton choix, j’regrette rien
sauf tes grands yeux, ton nez, tes seins
sauf ton respect, j’me sens pas bien
t’as fait ton choix, t’as réfléchi
j’suis trop naïf, j’suis trop gentil
trop pas compris
t’as fait ton choix, t’as p’t’êt’ raison
j’ai pas la trempe d’un vrai héros
j’fais ma valise comme un cabot
pour tout dire, j’suis presqu’un peu d’acc’
presque pressé qu’on soit demain
presque gêné d’être encore là
entre ciel clair et mer opaque
moitié cahan - moitié Caïn
mi figue mi raisin de toi
t’as fait ton choix, allez, j’comprends
prends ton envol et librement
pars camper dans les draps du vent
t’as fait ton choix, allez, salut
salut ma colle, ma farfelue
salut à toi ma « détenue »
t’as fait ton choix - j’suis pas jaloux
j’suis plus menteur, plus rien du tout
j’suis plus d’humeur à être un loup
t’as fait ton choix, tranché dans l’vif
tu t’es même fait’ couper les tifs
tu sors de toi, tu sors tes griffes
t’as fait ton choix, tiré un trait
t’as fait une croix sur mon portrait
tu t’es jurée, promis-craché
t’as fait ton choix, bah, tu bouges pas !
tu restes assise, ainsi, sans voix
qu’est ce que tu vois ?
t’as fait ton choix, qu’est c’qui va pas ?
pourquoi tu pleures ? j’te manque déjà ?
tu restes là… t’as peur de quoi ?
t’as fait ton choix, t’es folle ou quoi ?
c’est moi qui t’mets dans cet état ?
… j’suis pas comm’ ça !
dis donc ? t’en f’rais pas un peu trop ?
t’as peur que j’reste pour l’apéro ?
t’as p’t’êt’ encor’ des sensations ?
t’as fait ton choix, sois pas idiote
‘fais-en pas tant – ça va passer
te force pas à m’embrasser
‘fais pas semblant d’me remplacer
oublie-moi vite, en quelque sorte
y’a pas d’amour sans pots cassés
Mardi 29 janvier 2008
OK mea culpa. Je suis en formation d'éduc spé, et c'est du boulot à plus finir. Je n'ai donc absolument, mais absolument, pas le temps de correspondre. La super bonne nouvelle, c'est que je suis tonton d'une nouvelle née, Maëlle (avec un grand M et un grAnd ELLE) qui a très bientôt un mois, et à qui je souhaite tout ce qu'un tonton attentif peut souhaiter, et apporter. J'ai beaucoup lu le blog de mouette, que j'adore (elle a une conception de la vie et de son ressenti qui, comme on dit "me parle") et que je conseille : S'ti ça fait du bien de lire ce genre de vérités. J'ai bien reçu l'invitation à me rendre sur kaléidoscope, mais le site est compliqué et j'aurai besoin de l'aide de quelqu'un qui sait comment s'y prendre pour communiquer avec (je suis vraiment nul en multimédia, laissez-moi un commentaire, s'il vous plaît, pour m'expliquer). Bref, le temps me manque, car je suis évalué après demain (beaucoup de stress), donc je vous donne à lire un texte un peu ancien, mais que j'aime bien...
les fabuleuses aventures de rideau et verveine
si j’étais Rimbaud, j’aurai des mâts vermeils, tatoués sur la peau
tels des blancs rideaux, des lambeaux du ciel, en boucles d’oreilles
maniant la querelle, très peu le stylo, je rêverai haut
si j’étais Rimbaud, devenu cruel, haïssant pareil
j’irai en enfer, jouer ma légende, et dans les déserts
au toucher, au flair, aux moindres esclandres - je resterai de marbre
dans les corps, chairs macabres, sables tendres - je planterai mon sabre
sans tenir un vers, je saisirai l’ombre, découvrirai l’ambre
je saluerai l’eau, sourcier d’oasis, prince des aurores
je serai plus beau, que soleil qui hisse, son zénith maure
au glorieux drapeau, si j’étais Rimbaud, méprisant mes chaînes
si j’étais Verlaine, chantre de bohême, musicien des mots
si j’étais Verlaine, où mes pieds me mènent, j’irai en traîneau
j’aurai de la peine, un cœur fou qui saigne, et ma coupe pleine
d’insolubles gênes, verserait sa vigne, en bas ma bedaine
ainsi chaque scène, verrai dans mes lignes, l’agonie d’un chêne
amoureux d’un cygne, résolument digne, mauvais comme la teigne
je rirai du destin, moquerai les catins, de cet humour malsain
de petit butin, mon regard lointain, plein de vilains desseins plutôt vains
au rocher bourreau, j’aurai mon supplice, dévalant la mort
je serai Sisyphe, toujours à zéro, mes tripes dehors
je peindrai ma colère sur des tourteaux de cendres
Ah ! J’insulterai la Terre qui ne veut rien comprendre
si j’étais Verlaine j’aurai de la flemme
si j’étais Rimbaud j’aurai de l’écho
si j’étais Verlaine j’en prendrai d’la graine
si j’étais Rimbaud j’aurai du boulot
Je ne promets pas de revenir bientôt à l'écriture de ce blog, qui me tient quand même à cœur, alors à tantôt.
Dimanche 9 décembre 2007
Exercice de conciliation entre un grand sentiment et un vent phénoménal :
l'amour est grand quand il essaime autant de fragments de lui même
que peuvent en disperser les vents par delà les sables mouvants
par delà les immenses crêtes et vers les nouvelles planètes
où convolent les goélands sous leur manteau de givre blanc
l'amour est grand quand il essaime autant de fragments de lui-même
que peuvent en disperser les vents sur la planète en se levant...
Mardi 23 janvier 2007
Traduction du refrain en kabyle de la chanson précédente (j'ai découvert un pays)
- waalache ya bladi khelitek ya wayli / layli ya layli ouladek harbou menek
" pourquoi mon pays, je t'ai quitté ainsi / o sombre nuit, tes enfants t'ont fui "
- layli ya layli waalache ya bladi / layli ya layli ouladek harbou menek / waalache ya bladi khelitek ya wayli
" o sombre nuit, pourquoi mon pays / o sombre nuit, tes enfants t'ont fui / pourquoi mon pays, je t'ai quitté ainsi "
S'il vous plaît, laissez-moi un commentaire ou deux, qu'on puisse en discuter ensemble... Merci mille fois.
Lundi 22 janvier 2007
Voilà un bon mois de boulot de fait... ouf ! Entre le conseil grandeur nature d'un rayon vin pendant les fêtes, la rédaction des dossiers d'inscription aux différents concours des écoles d'éduc (que j'espère réussir, d'ailleurs!), la réécriture totale des chansons de Samyr (qui a rencontré un orchestre désirant l'accompagner sur scène), et la fête avec la famille et les potes, je peux dire que je n'ai pas chômé.
Cette chanson-ci est de moi, sauf le refrain en kabyle.
(au fait, je n'ai toujours pas trouvé le moyen d'avoir une calligraphie correcte, si quelqu'un pouvait me renseigner, car je n'ai pas vraiment le temps de m'en occuper, ce serait sympa. Merci d'avance.)
((la musique étant enregistrée, artisanalement bien sûr, si quelqu'un veut l'écouter, il lui suffit de laisser un commentaire, avec son courriel, et je la lui enverrai en courrier joint, au format mp3))
repeindre mon visage
- j'ai découvert un pays /en traversant les marais /je me dirigeais vers lui
j'ai accosté dans la nuit /d'un nuage j'amarrais
- c'est une contrée inouïe / tout le mal qui me blessait / dans le sable s'est enfoui
je me suis évanoui / quand le ciel se déchaussait
- dans mon pays c'est la nuit / j'y ai éteint les lumières / pour ne pas gêner autrui
j’ai recueilli l’eau de pluie / dans le souffle de la mer
- waalache ya bladi khelitek ya wayli / layli ya layli ouladek harbou menek
- quand la lune a resplendi / vaste comme épanouie / rousse comme un incendie
sous douze coups de minuit / fleur ouverte dans le noir
- j’ai recommencé à voir / en déposant le mépris / en décrétant l’amnistie /
l’impensable s’est produit / je revenais à la vie
- dans mon pays c’est ainsi / l’insouciance est consumée / les démons sont mes amis
le sommeil est interdit / le soleil ne luit jamais
- waalache ya bladi khelitek ya wayli / layli ya layli ouladek harbou menek
- sont oubliés désormais / l’orgueil et la frénésie / les errances et la folie
et les larmes et les cris / comme moi sont désarmés
- et l’immense poésie / naufragée parmi les morts / comme une terre Adélie
que ne dérange aucun bruit / me délivre son trésor
- il me faudra du courage / pour apaiser la magie / pour apprivoiser l’orage
il me faudra de la rage / pour stopper l'hémorragie
je voudrai tourner la page / et repeindre mon visage / avec des pinceaux d'amour
aux jolies couleurs sauvages / aux jolies couleurs du jour
- layli ya layli waalache ya bladi
layli ya layli ouladek harbou menek
waalache ya bladi khelitek ya wayli
Traduction du refrain à venir...
Lundi 4 décembre 2006
Entre la "rupture tranquille" de Nicolas et la "révolution démocratique" de Ségolène, leurs concurrents ne savent plus où donner de la langue...de bois.
Petite illustration, en chantant. (mais pas en me rasant...)
Un partout
Hier, Nicolas, en Amérique, / causait popote à Deubeul-iou,
Ségolène lui a fait la nique, / prônant la révolte des sioux.
Aujourd'hui, Ségo, au Liban, / ç’a quelque chose de pathétique,
promet l'amour en politique, / le p’tit Nico fait ses choux blancs.
- Et Jean Marie, qui se tapit, / qui veut rejouer France-Algérie.
- Et Olivier, ça va saigner, / des rudes larmes d'ouvriers.
- Et le François, qui se débat, / le claquet d’Arlette, il rabat.
- Et le José, fumant sa pipe, / histoire d’emboucaner Philippe.
Alors, j’en oublie quelques uns, / y’en a tellement qui sont nombreux,
à nous sortir le baratin, / censé nous faire voter pour eux.
Et je m’en remets aux élites, / qui demain iront en province,
pour dire aux gens qu’ils sont des princes, / ou des princesses, satisfecit.
- Et Dominique, quelle excentrique, / elle croit la gauche écologique.
- Et longues vies , mes sucres d’orges, / aux rouges-gorges - à Marie-Georges.
Avec tout ça, on n'a pas dîné...
Dimanche 3 décembre 2006
Je ne sais pas vous, mais wam, quand il fait dimanche, que les copains ne répondent pas au téléphone, et qu'il y a tellement de daubes à la télé qu'on est content de regarder la pub, ben... j'ai envie d'écrire des choses qui sonnent. Ce texte là date un peu. C'est fou ce qu'une déception sentimentale peut faire dire comme conneries!
Conneries qui ont tout de même inspiré mon compositeur de pote, Samyr, qui en a fait un reggae sympa (d'ailleurs, je ne trouve pas le moyen de poser l'enregistrement sur le blog. Est-ce au moins possible?) Allez, j'envoie...
nous aimions
au serment de l’insoumission aux larmes, aux larmes de la rébellion la partition des émotions
suivant le chant des troubadours fuyant la paresse des jours riant sous les nuages sourds
nous aimions, ô nous aimions, nous aimions, nous nous aimions
voici le temps des incompris le vent, le vent de la mélancolie la pluie, la nuit, les insomnies
au pas léger des antilopes dansant, dansant dans la fumée de clope comme une brumeuse enveloppe
nous aimions, ô nous aimions, nous aimions, nous nous aimions...
un effet n’est jamais sans cause si notre amour est une rose sur nos épaules se repose
tendre et gourmant comme un bon vin comme un soleil entre tes seins quand l’aube tremblait sous mes mains …sous mes mains
nous aimions, ô nous aimions, nous aimions, nous nous aimions
on a couru le long des plages on s’est ébroué sous l’orage des chiens d’errance et de passage
on a envoyé des messages toujours dérivant vers le large unis par les liens du voyage
nous aimions, ô nous aimions, nous aimions, nous nous aimions
…ils s’aiment
Si quelqu'un pouvait me renseigner - à propos des interlignes que je n'arrive pas à réduire, autrement qu'en tapant wysiwyg puis en effacant les &<DIR< P etc.. qui apparaissent - elle ou il serait bienvenu (e). Je suis vraiment nul en ordinateur. Merci...
Vendredi 1 décembre 2006
Merci à ceux et à celles qui, nonobstant les conseils raisonnables des marchands de soupe et de sommeil, continuent de fouiller au profond de leur être, afin d'en extraire les mots justes, pépites ou diamants rares, dont l'éclat fait pâlir celui des messages publicitaires pathétiques dont on nous abreuve chaque jour, et leurs tentatives tragicomiques de nous faire gober n'importe quoi, du moment qu'il y a un prix sur l'étiquette en bas. Merci, merci, merci, d'aimer la poésie. Rien que du beau monde ici
Voici, une petite chanson en forme d'hommage au grand poète Emile Nelligan, malheureusement méconnu en france
Le beffroi de Nelligan
- ton grand ciel est timide / ce jour de février
ton ciel est presque vide/ on le croirait crever
- se figer sur les toits / comme un oiseau blessé
une flèche cassée / qui se tourne vers toi
- et tes beaux vers ont l’air / d’un désert enneigé
eux qui firent naguère / les anges se signer
- s’allonger dans le froid / tes airs sortis de rien
fragiles chérubins / qui veillent ton beffroi
- et les rues sont lucides / ce jour de février
les avenues livides /on les croirait pleurer
- dégringoler des toits / les neiges éternelles
les mots pris dans la grêle / cristallisés pour toi
- et leurs flocons s’en vont / trembler jusqu’en avril
tandis que tes yeux font / trois petits tours d’asile
- tandis que tes yeux font / trois petits tours d’asile
dispersant sur les toits / quelques refrains de toi
- et l’on entend ta voix / dans les éphémérides
et l’on te voit prier / ce jour de février
- ton virtuose émoi / ta complainte intrépide
que la ville interpelle / toute engourdie de gel
- et ton grand ciel splendide / qui ne peut plus rimer
dans la folie sans ride / finit de s’abîmer
- tandis que tes yeux font / trois petits tours d’asile
tandis que tes yeux font / trois petits tours d’asile
Et bonjour aux écureuils...
|